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MIPS FM | 17/06/2014 à 21h19 | " One, two, three : je me jette dans le Manneken Pis ! "

 

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputée au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Sixième affiche de #UnJourauBrésil : LA Coupe du monde est du côté belge, capillairemment parlant...

 

Groupe H
Belgique 2-1 Algérie
25' Sofiane Feghouli / 70' Marouane Fellaini / 80' Dries Mertens

 

Le mot diable revête plusieurs significations. Il suffit de faire un choix parmi les diverses propositions livrées par le dictionnaire pour trouver son bonheur. Pour le Larousse, un diable est un "Nom commun à de nombreux animaux tenus pour effrayants ou nuisibles". Marouane Fellaini fait partie de ces "monstres" à deux têtes, dotés d'un physique imposant, qu'on ne voit que dans les Walt Disney. Effrayant de fébrilité et d'incompétence tout au long de sa première saison du côté de Manchester United, il fait partie des éléments nuisibles écartés du onze de départ des Red Devils. Natif d’Etterbeek en Belgique, Marouane Fellaini jouit d'une belle réputation au sein de la sélection nationale. Aux antipodes de ses prestations livrées en club, "Big Mo", comme on le surnomme sur les bords de la Mersey, jouit d'un capital confiance de la part de son sélectionneur des Diables Rouges, Marc Wilmots. Et Marouane le lui rend bien.

Retour sur les tribulations scoliotiques de "Big Mo" chez les Diables Rouges, selon le maillot porté.

 

Pâle en club

Août 2013. Après plusieurs semaines de palabres intensives, Marouane Fellaini débarque dans les entrailles du stade Old Trafford pour parapher un contrat de quatre ans avec Manchester United. Son arrivée fit l'objet de vives interrogations. Le montant du transfert aussi. Sa venue coûtera 32,5 millions d'euros aux dirigeants mancuniens. Cet effort financier est consenti pour satisfaire le désir du nouvel homme fort des Red Devils. Adoubé par le maître des lieux, Sir Alex Ferguson, David Moyes souhaitait à tout prix rapatrier sa pépite des Toffees. La suite des événements lui fera payer son excès d'enthousiasme mêlé de certitudes. N'est pas successeur d'un Sir qui veut.

Dix mois plus tard, son transfert est à placer au rang des plus grands flops de la Premier League. D'anciens pensionnaires du Liverpool FC, l'ennemi juré de Man U n'iront pas de main morte sur le cas Fellaini. Harry Redknapp qualifiera la venue du géant belge du "plus grand gaspillage" financier effectué par un club du championnat anglais cette saison. Avec une ligne vierge au niveau des buts marqués et une seule passe décisive délivrée pour seize rencontres disputées, la facture se révèle bien indigeste pour la Famille Glazer, propriétaire de l'ex club le plus riche au monde. Moyes n'était plus là pour décrypter le bilan désastreux de son protégé. Le manager incompétent fut démis de ses fonctions dès le mois d'avril et remplacé par Ryan Giggs, entraîneur- joueur 100% pur Devils. Avec l'assentiment du taulier ad vitam aeternam de la maison mancunienne, un certain Alex Ferguson.

Mis au placard dans la foulée de ce départ, Marouane Fellaini a payé au prix fort sa filiation avec le galeux des bords de la Mersey. Son jeu prévisible et son manque de justesse dans la dernière passe, voire dans l'avant-dernière n'a pas, non plus, joué en sa faveur. Ses nombreuses blessures et son inaptitude à évoluer dans un système en 4-5-1 avec deux numéros 6 l'ont définitivement écarté du onze de départ. Surnommé "Big Mo", sobriquet accolé à sa personne suite à une première année colorée au niveau des cartons du côté d'Everton - le milieu de terrain dégustera treize biscottes au cours de la saison 2008-2009 - et marqué par son gros volume de jeu, le "box-to-box" belge n'arrivera pas à s'imposer tout au long d'une saison décevante pour les mancuniens. Ni à faire de mal à une mouche. C'est donc du banc de touche que le sujet d'Albert II assistera à l'accident industriel de son équipe. Pour la première fois depuis 1990, Manchester United ne participera à aucune compétition officielle au cours de la saison 2014/2015. Le retour aux sources se présente alors comme une nécessite pour lui, et la Coupe du Monde comme un moyen de se refaire la cerise à la teinte rouge vive.

 

Vif en sélection

Juin 2014. Le statut du pestiféré d'Old Trafford est tout autre sur le territoire du Roi Babouin. Titulaire à sept reprises sur les dix matchs au cours de la phase éliminatoire de la zone Europe, Marouane Fellaini participera grandement à la qualification des siens pour le Mondial brésilien. A des années lumières du marasme mancunien, l'international belge âgé de 27 ans se sent bien au sein de la sélection groupe. Et il ne s'en cache pas "Cela fait huit ans que je suis chez les Diables Rouges. Je n’ai rien à prouver, à personne." Marc Wilmots n'en pense pas moins. A ses yeux, la présence de l'homme à la coupe afro dans la liste des vingt-trois ne souffre d'aucune contestation. Pour l'homme fort des Diables Rouges Made in Belgium, le jeu de Fellaini fut mal apprivoisé du côté de Manchester. "Je ne comprends pas pourquoi Manchester l’a acheté si c'est pour le faire jouer dans un système avec deux numéros 6. La Coupe du monde représente une bonne occasion pour lui de prendre sa revanche." Plus qu'une confiance, Marc Wilmots initie à travers ces mots un véritable passage de témoin, non sans pincettes. Le crédit porté envers son milieu de terrain va porter ses fruits plus rapidement qu'il ne le pensait.

Le début de l'après-midi avait pourtant commencé de la plus mauvaise des façons pour les coéquipiers de Daniel Van Buyten. Pour Marouane Fellaini, elle débutera du banc de touche. Pour les titulaires, elle s'amorcera par une première mi-temps totalement raté. Eden Hazard ne réussit aucun dribble et rate quelques passes. On pourrait soupçonner l'ancien lillois de s'échauffer en duo avec le rejeté du jour... Bien installé dans sa position préférée - depuis quelques mois -, Marouane Fellaini assiste effaré à l'ouverture du score algérienne. Après avoir été fauché dans la surface par Jan Vertonghen, défenseur central en club et arrière gauche en sélection, Sofiane Feghouli se charge de se faire justice lui-même en bottant le penalty. A la surprise générale, l'Algérie mène au tableau d'affichage (24'). Pour Marc Wilmots, le mal est à chercher du côté de la tactique. Sa composition en 4-5-1, avec Nacer Chadli positionné en ailier droit ne fonctionne pas. Pour remédier à ce pari manqué, il fera rentrer Dries Mertens. Le feu follet de Naples le remerciera de la meilleure des façons en donnant la victoire aux Diables Rouges (80'). Car oui, les Belges ont réussi à remonter à la surface au cours de la seconde période. Entre temps, Marouane Fellaini avait fait son apparition sur la pelouse peu après l'heure de jeu.

Excité comme une puce, dans son style de jeu habituel, il ne tardera pas à se mettre en évidence. Sur sa première occasion, "Big Mo" se montre décisif. Servi de la meilleure des manières par Kévin de Bruyne, le numéro 8 belge mettra à contribution sa volumineuse tignasse pour catapulter une belle tête sous la barre du portier algérien (70'). Cette égalisation survient comme un événement pour la Belgique : Marouane "Bob" Fellaini marque le premier but des Diables Rouges depuis la Coupe du Monde 2002. Marc Wilmots, actuel sélectionneur de la sélection avait marqué le dernier but face à la Russie pour arracher une victoire précieuse au cours du dernier match de poule. Les belges se feront sortir en huitième-de-finale par... le Brésil. Douze ans plus tard, le bourreau de la rencontre, un certain Rivaldo se pointera à l'hôtel de la sélection belge pour demander une chambre. Une provocation malsaine ? Juste un doux clin d'œil du destin pour Marc Wilmots. "Bien sûr que je ne suis pas revanchard envers le Brésil pour ce qui s’est passé en 2002. Rivaldo m’a demandé s’il pouvait loger dans notre hôtel. J’ai dit que oui. J’étais même content. Ce n’est que du football. Le respect est grand. Mais je suis fier d’avoir joué dans une équipe qui a osé attaquer contre le champion du monde. À ce Mondial, nous n’allons pas bétonner non plus." Les prochains adversaires des Diables Rouges sont prévenus : les belges sont là pour gagner, et régaler les papilles des connaisseurs du ballon rond. Avec un Fellaini en mode rouge vif.

 

Emmené entre autres par un Big Mo en confiance, la Belgique peut croire à une belle épopée au cours de ce Mondial brésilien. Et avec le plus grand des Hazard, les supporters belges ont tous les droits de rêver.

 

MIPS F.M.

 

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Tout est dit - Image : Cap 48 / RTBF.be

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Tag(s) : #Fellaini, #Hazard, #Scoliotique, #Wilmots, #Diables Rouges, #Red Devils, #BELALG, #Belgique, #UnJourauBrésil, #Mips FM
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