MIPS FM l 22/04/2016 à 18h35 l « Le PS est le seul avec deux autres partis de gauche à présenter autant de candidats hommes et femmes dans des conditions d'égalité de traitement et de réussite ».
Michel Sapin intervenant sur France Info le 8 mars 2012 en pleine campagne présidentielle sur la question de la parité hommes-femmes dans le monde politique. Le site Les Inrockuptibles relayaient ce matin des propos d'une journaliste qui aurait fait l'objet d'un claquage de l'élastique de la culotte lors d'un déplacement officiel. Effectuées sous couvert d'anonymat, ces accusations ont été démenties dans la journée par le ministre du Travail.
C’est un débat à en faire friser la moustache d’un ancien président de la Ligue de Football professionnel (LFP). Frédéric Thiriez, qui vient de se retirer de la tête de l’organe gestionnaire des activités du football professionnel après quatorze années de bons et loyaux services, était proche de sacrifier sa compétition chérie en mai 2015, la « mort dans l’âme ». « Si je n’obtiens pas la majorité (sur la Ligue 1 à 18 clubs), je demanderai la suppression de la Coupe de la Ligue. Il faut absolument alléger le calendrier ». Un an plus tard, le championnat de Ligue 1 a conservé ses vingt pensionnaires en incluant un barrage entre le 3e du classement de Ligue 2 et le 18e de Ligue 1 et a maintenu la Coupe de la Ligue.
Une disparition exigée par les dirigeants de clubs
Né en 1994 et calqué sur le concept de la League Cup, la seconde coupe nationale gonfle toujours le calendrier des équipes jouissant d’un statut professionnel. Et engendre des querelles de cour de récré sur des questions politiques, économiques et sportives entre une majorité des dirigeants de clubs et le représentant de la LFP.
Le point culminant de la dispute est atteint en 2009 lorsque le président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas déclare publiquement son souhait de voir disparaître la Coupe de la Ligue au profit d’un maintien du nombre de clubs présents en Ligue 1. D’autres dirigeants, dont Pape Diouf, le président d’alors de l’Olympique de Marseille, lui emboîte le pas mettant en avant un problème de calendrier : les clubs de première et de deuxième divisions engagés à la fois dans une compétition continentale et en course dans une des deux coupes nationales, participent à une cinquantaine de rencontres par saison. Les deux camps trouvent un terrain d’entente en mai 2009 : les six équipes qualifiées en coupe d’Europe obtiennent une exemption jusqu’aux huitièmes de finale et les quatre premiers de Ligue 1 profitent du statut de têtes de séries pour le tirage des huitièmes et des quarts de finale de la Coupe de la Ligue. Une protection qui sautera quatre ans plus tard avec l’instauration d’un tirage au sort intégral dès les huitièmes de finale.
Souvent décrié pour sa méconnaissance en matière de football, Frédéric Thiriez, avocat de formation, s’est révélé comme un fin négociateur permettant à la Ligue de football professionnel d’obtenir des contrats juteux afin de financer l’organisation de ses compétitions. Outre les revenus issues des droits de diffusion de la Ligue 1 et de la Ligue 2 atteignant les 748,5 millions d’euros par an pour la période 2016/2020 (contre 607 millions entre 2012 et 2016), la LFP a vu ses revenus générés par la vente des droits télévisuels de la Coupe de la Ligue passés de 10 à 24 millions par an pour les quatre prochaines saisons avec une co-diffusion partagée par Canal Plus et France Télévision, le groupe audiovisuel public étant le partenaire historique de la compétition. Un accord qui « a sauvé la Coupe de la Ligue » sans toutefois régler le problème de compétitivité des clubs, selon Bernard Caïazzo, président du Conseil de surveillance et de l’AS Saint-Étienne.
La nomination de Didier Quillot au poste de directeur général de la LFP à la mi-mars est censée redonner un nouveau souffle économique et sportif. L’ancien président d’Orange et du directoire de Lagardère Active envisage de développer les revenus de l’organisme afin d’atténuer sa dépendance aux droits audiovisuels. Le nouveau directeur général exécutif de la LFP, qui a enregistré l'arrivée de nouveaux partenaires à quarante-huit heures de la finale de la Coupe de la Ligue, souhaite faire prendre à cet évènement le virage du sportainment. « Il faut que le stade devienne un lieu de vie avec un spectacle musical avant le match et un spectacle après le match », insiste Didier Quillot. L'artiste Maître Gims sera chargé de faire monter la température en avant-match. La vente de bières à l’intérieur de l'enceinte devait permettre de réchauffer les corps de supporters les moins portés sur la danse. Une activité lucrative préconisée par le rapport de la Grande Conférence sur le sport professionnel français remis en début de semaine au ministre des sports Thierry Braillard. Une volonté freinée par les contraintes liées à l'application de la loi Evin depuis 1991 : la municipalité de Saint-Denis, qui avait répondu favorablement dans un premier à la demande de dérogation déposée par la LFP en accord avec la préfecture de Police de Paris, a fait machine arrière à trois jours de la finale de la Coupe de la Ligue en évoquant une « erreur administrative ». Ce rétropédalage serait la résultante de pressions effectuées sur la mairie par les commerçants, présents à proximité de l'enceinte, en invoquant des pertes économiques. Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Étienne, juge la décision de la collectivité séquanodyonisienne « rétrograde » et injuste au regard de l'alcool servi dans les loges. « Certains supporters boivent des boissons alcoolisées, et pas que de la bière, avant de rentrer dans le stade. Là est le danger », explique l'un des représentants des présidents de club de l'élite au conseil d'administration de la Ligue.
Le lancement d'un appel d’offres pour délocaliser la finale de la Coupe de la Ligue « puisque nous avons désormais de nombreux stades de plus de 40.000 places » permettrait de contourner cette réticence séquanodionysienne. Le nouveau Vélodrome à Marseille, la Matmut Arena à Bordeaux ou le Parc des Princes à Paris font parties des enceintes éligibles. Une nouvelle bataille va débuter dans le bac à sables des écuries professionnels pour obtenir la primeur de l’organisation de la finale d’une compétition plus importante qu’en apparence.
Des lots de consolations
Côté rectangle vert, l’intérêt sportif ressemble à un billard à plusieurs bandes. Les finalistes de l’édition 2016 partagent un point commun : un besoin de se consoler après une saison décevante. À croire que les Parisiens pensaient déjà à un quadruplé sur la scène nationale au sortir de leur mauvaise prestation, synonyme d’élimination, le 12 avril dernier en 1/4 de finale retour de la Ligue des Champions face à Manchester City. « Je n'aime pas le mot "remobiliser", ce qui voudrait dire que les joueurs ne l'étaient pas. Ils vont se mobiliser pour cette finale et celle de la Coupe de France », promet Laurent Blanc en conférence de presse à la veille de ce rendez-vous devenu décisif. Le club parisien, double tenant du titre de la Coupe de la Ligue, se retrouve dans l’obligation d'assurer un doublé en remportant aussi la Coupe de France, un objectif écarté en début de saison, les dirigeants visant le graal européen au détriment d'un sacre dans l'une des deux coupes nationales.
Un temps évoqué, le retrait du ticket offert au vainqueur pour participer au troisième tour de qualification à l’Europa League constitue une belle carotte pour les clubs ne pouvant plus obtenir un accès direct à la « petite » coupe d'Europe par l’intermédiaire du championnat. Ce scénario correspond à Lille. En mal de points et d’inspiration en début de saison, le club nordiste, repris en main en novembre 2015 par Frédéric Antonetti après l’éviction d’Hervé Renard, reste sur cinq victoires consécutives en Ligue 1. Ce regain de forme permet aux joueurs nordistes de participer à « un grand évènement », dixit Sébastien Corchia, latéral droit des Dogues. Et d’être à quatre-vingt-dix minutes d’une accession directe en Europa League. Ou centre quatre-vingt si les Lillois se maintiennent à la sixième place du championnat et que le Paris Saint-Germain remporte, comme en 2015, les deux coupes nationales. Le premier scénario rappellerait de bons souvenirs à Rio Mavuba, le LOSC ayant remporté la Coupe de France en 2011, dont le capitaine emblématique est le seul rescapé - avec Franck Béria -, face… au Paris Saint-Germain. Une victoire obtenue un mois avant le rachat du PSG par les qataris.
D’autres clubs profitent de cette compétition pour mettre fin à une longue période de disette de trophées. L’Olympique de Marseille et l’AS Saint-Étienne, respectivement vainqueurs de l’édition 2010 et 2013 de la Coupe de la Ligue, connaîtront des festivités à la hauteur de la frustration refoulée par leurs fans. Les Phocéens avaient patienté dix-sept ans pour revivre des scènes de liesses comparables à celles vécues en 1993 après le sacre de l’OM en Ligue des Champions et quelques mois plus tard avec un nouveau titre de champion de France. Les Olympiens remporteront trois années d’affilée la coupe « au bol » avant de la léguer aux Stéphanois en 2013. Après 32 ans de disette, les joueurs du Forez n’ont pas descendu les Champs-Élysées comme leurs aînés rentrés bredouilles d’une finale historique en 1976 à Glasgow mais ont tout de même partagé leur victoire avec leurs supporters en paradant à bord d’un bus à impérial dans les rues de Saint-Étienne. La Coupe de la Ligue sert aussi aux enfants de connaître, comme leurs aînés, des moments d’émotion pour leur équipe favorite.
Florent Motey
Derrière les chiffres, ce rapport est avant tout la prise de conscience que le sport professionnel français est à un tournant.


