MIPS FM | 23h00 | Le lendemain de la perte d'autorité du gouvernement Ayrault
Football Club Nantes Atlantique 1-2 Paris Saint-Germain
5' Ibrahimovic / 80' Veigneau / 90' Ibrahimovic
Sur une pelouse attaquée par une vague d'averses, le Paris Saint-Germain a réussi à plonger définitivement le FC Nantes dans les oubliettes de l'édition 2013-2014 de la Coupe de la Ligue.
Face à une équipe nantaise revancharde, les hommes de Laurent Blanc, dominateurs dans le jeu ont su faire preuve de patience et conclure l'affaire dans la dernière minute du temps réglementaire. Grâce à cette victoire in-extremis, le Paris Saint-Germain peut se gargariser d'atteindre la finale d'une coupe nationale - le 19 avril prochain au Stade France - pour la première fois depuis 2011. Une éternité pour un club qui rêve plus grand. Retour sur une rencontre rythmée par les vents contraires.
Une campagne de prévention tous azimuts
Quinze jours après une défaite salée concédée face au Paris Saint-Germain sur le score de 5 à 0, les hommes de Michel Der Zakarian avaient l'occasion de prendre leur revanche sur leur propre pelouse. Pour éviter tout nouvel excès de zèle, le coach nantais avait briefé ses joueurs sur les qualités de leur adversaire du soir. "Ils ont l'expérience. Ils ont le talent. Ils ont le vice." Claires et concis, les propos de l'entraîneur ligérien breton se présentaient comme une nouvelle occasion de prévenir ses joueurs sur la singularité des qualités, au-dessus de la moyenne nationale et européenne présentes au sein de l'effectif parisien.
La prestation catastrophique livrée deux semaines plus tôt sur la pelouse du Paris Saint-Germain justifiait cette piqûre de rappel. La première campagne de vaccination avait joui d'une fascinante inefficacité. Visitant pour la toute première fois un Parc des Princes chargé d'histoire et ébloui par la pluie de stars présente sur la pelouse ce soir-là, plusieurs membres de l'effectif nantais s'étaient contentés d'une belle série de photos souvenir pour orner leurs albums de promu de Ligue 2. Suite à cette visite touristique, leur guide en chef, Filip Djordjevic avait fait part aux journalistes du goût avisé de ses partenaires pour l'art contemporain. Las de la polémique qui avait suivi cette sortie médiatique, l'international serbe avait joué la carte de la confiance juste avant ce match revanche. "On sait que le PSG est plus fort. A nous de saisir notre chance ce soir."
Jouissant d'un carnet de vaccination à jour, les canaris possédaient toutes les cartes en main pour parer à tout risque de perturbations inopinées. Malgré toutes ces précautions, les joueurs nantais vont se faire cueillir à froid par une tornade absente de leurs radars.
Une tornade non identifiée par Météo France
Du haut des gradins, Michel Der Zakarian - suspendu pour ce match - s'était retourné vers les prévisions climatiques pour repérer tout vent menaçant la Côte Atlantique. La préparation méthodique du coach nantais vola en éclats au bout de cinq minutes à cause d'une tornade non identifiée. Son nom: le Zlatan. Après un pressing initié par Maxwell, Papy Djilobodji sert Rémi Riou en retrait. Au moment de dégager le ballon, le gardien nantais, pris d'une perte d'équilibre, glisse sur la pelouse. Le ballon atterrit dans les pieds de Zlatan Ibrahimovic. Le Special Tout Court renvoie la balle à l'envoyeur d'une demi-volée puissante. Le ballon finira aux fonds des filets d'un portier nantais encore déchaussé. Zlatan atteint alors la barre des trente buts marqués cette saison.
Déboussolé par ce début de rencontre tempétueux, les canaris se feront avoir sept minutes plus tard. Bien décalé par Blaise Matuidi, Lucas - enfin touché par la grâce de la constance - réussit à obtenir une faute suite à un crochet sur Olivier Veigneau. Suite au rejet du coup franc par la défense nantaise, Thiago Silva récupère le ballon du côté droit de la surface de réparation. Bien que situé dans un angle fermé, le capitaine de Paname tente l'impossible avec une frappe appuyée. Le gardien nantais, vigilant cette fois-ci effleurera le ballon pour le dévier de sa trajectoire.
Totalement dépassé par les événements, les joueurs de Michel Der Zakarian se retrouvent à la merci d'un Paris Saint-Germain à la tactique bien rodée. Matuidi en meneur de meute - dépourvu de génie - pour une récupération haute du ballon, Verratti pour la remontée du terrain et la conservation du ballon et Thiago Motta en maître d'ouvrage, les hommes de Laurent Blanc composent un début de récital sans fausse note. Le FC Nantes mettra une vingtaine de minutes à s'extirper des griffes parisiennes. Trois joueurs nantais se sacrifieront pour répondre aux kamehamehas francliennes.
Petra ou la vraie-fausse alerte orange "vagues-submersion"
Vincent Bessat est le premier à se lancer dans l'arène. Sa frappe limpide est contrée par un Alex alerte. En échec, l'ancien milieu de terrain de Louhans-Cuiseaux laisse rapidement la place vacante. Papy Djilobodji s'auto-désigne pour reprendre le flambeau. Sur un corner venu de la gauche, le défenseur sénégalais profite de la sortie ratée de Nicolas Douchez - titulaire exclusivement en coupe nationale - pour frapper le ballon de la tête vers la cage délaissée. Marco Verratti sauvera sur sa ligne son gardien d'une nouvelle déconvenue de la main ou du pectoral. Au choix. Deux minutes plus tôt, une bourrasque de vent avait déséquilibré Filip Djordjevic dans la surface de réparation parisienne. Ou une charge de Thiago Silva. Au choix aussi. Le Paris Saint-Germain confisquera le ballon dans le dernier quart d'heure pour imposer une période d'accalmie de courte durée.
Au retour des vestiaires, le FC Nantes rajoute aux trompettes un soupçon de provocation. Après avoir fait remonter son bloc équipe d'une dizaine de mètres, permettant aux défenseurs de souffler un peu, Michel Der Zakarian passe à l'étape du coup de pression. Pour mener la fronde, le troisième homme à se présenter sur le ring n'est autre qu'Issa Cissokho. Le frère de l'arrière gauche le plus surestimé de ses dix dernières années tente l'intimidation avec l'abbé Maxwell après l'avoir fait tomber au sol. Le brésilien, qui en a vu d'autres répond d'une malicieuse caresse du coude. M. Duhamel goûte moyennement aux réactions contrôlées. Le carton jaune est sorti. L'arbitre siffle l'ouverture du bal des mauvais gestes. Collé-serré au milieu de la piste, le couple Veigneau-Thiago Silva constituera l'attraction de ce quart d'heure du "n'importe quoi". Les bons mots de Verratti swingèrent avec les intimidations exacerbées de Vincent Bessat. Zlatan Ibrahimovic mettra fin aux enfantillages de boom adolescente en grondant un Djilobodji venu faire la police dans le camp du suédois. Reculant de dix mètres en l'espace de cinq secondes, le Victor Willis de l'Ouest remettra sa tentative conquête de l'est à une prochaine rencontre. Son entraîneur dégainera une dernière cartouche pour faire plier une équipe parisienne sûre de son expérience. Sûre de son talent. Sûre de son vice. Peut-être trop sûre d'elle.
A un quart d'heure de la fin du match, Michel Der Zakarian lance dans le grand bain Georges-Kévin N'Koudou M'Bida. Formé à la Jonelière, l'attaquant âgé de 18 ans et 356 jours apporte toute sa fougue à un collectif en panne d'idées footballistiques avant son entrée. Véritable agitateur de la ligne offensive jaune et verte, l'attaquant nantais, buteur contre le SC Bastia en début de saison mettra une petite dizaine de minutes à se mettre en évidence de la plus belle des manières. Positionné sur le côté gauche, N'Koudou provoque Maxwell. Rien que ça. Passé l'heure des présentations, le natif de Versailles s'échappe dans son jardin préféré, la surface de réparation, - visiblement dépourvu de gardes - pour servir Veigneau au second poteau. L'arrière gauche sous-côté - et pour cause - du centre de formation du Paris Saint-Germain se fait un malin plaisir d'égaliser face à un club qui n'a jamais voulu de ses deux pieds gauches. Entre-temps, la rentrée de Yohan Cabaye - rentré à dix minutes de la fin - sera rythmée par deux occasions subtilement vendangées. Le néo-parisien use des séances d'entraînement hexagonales pour être fin prêt dans deux semaines pour le huitième de finale de la Ligue des Champions. Son coéquipier qui ne le connaissait pas se chargera de renverser les vents contraires juste avant l'hypothétique période des prolongations.
Ibrahimovic et la parade anti-bourrasque
Le bon joueur profite de la bonne dynamique de son équipe pour se révéler aux yeux de tous. Le joueur d'exception se réveille pour retourner une situation défavorable au mépris de chacun. Zlatan Ibrahimovic fait parti de cette dernière race de joueurs. Invisible tout au long de la seconde période, le géant suédois sort du carré VIP en compagnie de Lucas pour offrir à ses supporters la plus belle des chorégraphies. Lucas Moura profite d'une contre-attaque pour glisser - pour une fois - le long de la ligne de touche. Lassé de bouffer la craie, l'international brésilien lève la tête des trente mètres pour dégainer un amour de passe décisive au propriétaire de la Grey Goose. Zlatan Ibrahimovic lit parfaitement la trajectoire du centre, se place entre Djilobodji et Cissokho pour réceptionner l'offrande. Sa tête plongeante se passe de commentaires. Le second but de Ibrahimovic - le trente et unième de la saison - scellera définitivement le sort des canaris.
Souvent touché, jamais coulé, le Paris Saint-Germain sort une fois de plus vainqueur de la bataille navale. Malgré un Lavezzi au rendement toujours aussi insuffisant et à un Lucas intermittent du spectacle ce soir, l'objectif d'un doublé coupe-championnat fixé par le président du club Nasser Al-Khelaïfi est toujours d'actualité pour Laurent Blanc et ses Harlem Globetrotters. Après une première partie de saison dédiée aux séances d'échauffements, cette victoire siffle la fin de la récréation pour les parisiens et symbolise le point de départ du sprint vers les titres nationaux, voire continentaux.
Sous le vent, Vincent Bessat était persuadé que ce n'était pas fini avant la fin du temps réglementaire. Malheureusement pour lui, le suédois lui a donné raison dans la minute. Dans le vent, les canaris voient la campagne 2013-2014 de la Coupe de La Ligue bel et bien fini. Eliminés à une marche de la finale, les hommes de Michel Der Zakarian vont devoir se concentrer sur le championnat pour assurer rapidement leur maintien dans l'élite, histoire d'éviter une nouvelle tornade à la conséquence meurtrière.
MIPS F.M
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"On joue contre une équipe qui est vicieuse, qui a de la malice. Ce sont des tricheurs. Quand je vois le nombre de fautes de Thiago Motta, deux ou trois fois il laisse traîner le pied et il ne prend pas un carton... Après, c'est Paris." Michel Der Zakarian, trouvant une explication rationnelle - ou pas - à l'élimination du FC Nantes de la Coupe de la Ligue par le Paris Saint-Germain sur la pelouse de La Beaujoire mardi soir.
