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Résumé de la rencontre OGC Nice - Angers SCO pour le compte de la 21ème journée de Ligue 1 - Crédits : YouTube/L'Équipe

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MIPS FM l 16/01/2016 à 12h35 l « Le succès, c'est comme une game de poker; il faut garder sa "poker face" lors des négociations », citation de Feu René "fish" Angélil, mari et impresario de Céline Dion, décédé le 14 janvier 2016 à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer de la gorge

Mieux que les recettes de grand-mère, les remèdes de coach tentent d’égayer les papilles les plus exigeantes en décortiquant les méthodes tactiques, techniques et de management élaborés par les techniciens, confirmés ou en devenir, du tableau noir. 

Premier entraîneur de l'année convoqué au poste de MIPS FM, Stéphane Moulin. La recette concoctée par le coach du SCO d'Angers a surpris la formation de l'OGC Nice l'espace d'une mi-temps. Une fois cernée par Claude Puel, le plan a été balayé d'un revers de main en seconde pèriode par des niçois plus fringants et plus combatifs qu'à l'accoutumée.

 

La philosophie

Qui aurait parié à l'entame du championnat de France de Ligue 1 sur une position de dauphin du promu angevin après vingt-deux journées derrière l'intouchable Paris Saint-Germain ? À première vue, le succès d'Angers réside dans son aptitude à répéter les efforts grâce à un bloc très compact. Et profiter des occasions sur coups de pied arrêtés pour réaliser ce que certains appelleraient le « hold-up » parfait. À première vue, seulement. Stéphane Moulin évoque un « travail d'équipe » pour justifier les résultats positifs enregistrés depuis leurs débuts en Ligue 1 en août 2015. « C'est un travail d'équipe. Pour que ça fonctionne, il faut que tout le monde pense la même chose », déclarait l'entraîneur du SCO d'Angers en septembre 2015 après avoir déjoué les pronostics sur la pelouse de l'Olympique de Marseille (1-2).

Dès sa nomination en juillet 2011, Stéphane Moulin a fait preuve d'intelligence et d'humilité en faisant appel à un entraîneur confirmé, Serge le Dizet, pour l’épauler au quotidien. «Les rôles sont clairs. C'est lui le patron, lui qui décide, même si on échange beaucoup. Je suis là pour l'aider », confirme l'ex-entraîneur du FC Nantes entre juillet 2005 et septembre 2006. La présence de Serge le Dizet au sein de l'encadrement technique d'Angers permet au technicien d'origine parisienne d'officier en tant que numéro 1 sans jouir du Brevet d'Entraîneur Formateur de Football (ex-DEPF), sésame indispensable détenu par son entraîneur adjoint. « Il peut m'arriver en semaine de m'occuper de certaines séances, ce qui permet à Stéphane d'observer. Moi, c'est plus le travail technique - il y a aussi de la vidéo - quand lui s'occupe de la tactique », indique l'ancien adjoint de Laurent Guyot à Boulogne-sur-Mer.

Quelques mois avant son arrivée à la tête de l'équipe première du club, Stéphane Moulin, alors en charge de la réserve, avait fait appel à un préparateur mental en la personne de Pascal Grosbois. À contrario d'un Gérard Baglin, médiateur et conseiller en management des hommes appelé au secours par le Stade Malherbe de Caen en position de lanterne rouge il y a un plus d'un an, l'ancien joueur professionnel ajoute une plus-value technique en accompagnant les joueurs préposés à la réalisation des coups de pieds arrêtés, comme Thomas Mangani ou Billy Ketkeophomphone . Et le succès ne s’est pas fait attendre. À l'issue de la première partie du championnat, le Sco d'Angers enregistre un taux de concrétisation en buts dans cet exercice de l'ordre de 70%, juste derrière... le Paris Saint-Germain.

Cette précision d’orfèvre dans l’élaboration des tactiques sur coups de pieds arrêtés se mêle à une dalle angevine devenue le symbole du club. Ce volontarisme sied  aux coéquipiers d'Olivier Auriac - inventeur en 2013 de l'expression tant usitée pour caractériser le jeu pratiqué par son équipe. Le numéro 7 du club issu d'un département - le Maine-et-Loire - dont les habitants sont dépourvus de noms, souhaitait mettre en lumière les fins de rencontres rythmées par des retournements de situation à l'avantage de son équipe. L'appellation d'origine certifiée a fini par trouver sa place dans le couloir menant à la pelouse du stade Jean Bouin. Cette envie de vaincre ne suffit pas à expliquer une répétition de bonnes performances au plus haut niveau. Les dirigeants du club n'ont pas de pétrole mais détiennent quelques bonnes idées en matière de recrutement. Les arrivées de Cheikh N'Doye, nommé capitaine quelques semaines après son arrivée, et de Romain Saïss, couplés à l'éclosion de Billy Ketkeophomphone ou le retour au premier plan du gardien Ludovic Butelle - transféré début janvier au FC Bruges - sont autant d'exemple d'un travail effectué en amont sur la complémentarité des profils. « Quand on est cohérents en coulisses, on a plus de chances d'être cohérents sur le terrain », insiste Stéphane Moulin. 

 

L'application en match

OGC Nice 2-1 SCO Angers 
21ème journée de Ligue 1 
24' Pierrick Capelle / 80' Hatem Ben Arfa (SP) / 84' Hatem Ben Arfa (SP)

L'opposition de style était évidente hier soir contre une équipe de l'OGC Nice habituée à pratiquer un jeu au sol rythmé par des redoublements de passes, un minimum de touches de balle par joueur à l'exception d'Hatem Ben Arfa, électron libre sur le front de l’attaque niçoise. 

Mieux rentrés dans la partie que leurs adversaires, les angevins se sont créés la première occasion de la rencontre sur un coup de tête de Pierrick Capelle, détourné parfaitement par Yoan Cardinale (13'). Titularisé une nouvelle fois dans les cages en l'absence de Simon Pouplin, le portier ciotaden, auteur d’une bonne prestation, ne pourra rien sur la deuxième tentative de l'attaquant du SCO d'Angers. Pierrick Capelle, bien servi par le milieu relayeur Romain Saïss, auteur d'un match plein, profite de la maladresse de Romain Genevois combiné à l’absence de Jérémy Pied pour s'emparer du cuir et remporter son duel face au portier niçois (0-1, 24'). Profitant du départ d'Abdoul Razzagui Camara en Angleterre, Pierrick Capelle inscrit son deuxième but sur les deux derniers matchs, soit autant que le nouvel attaquant de Derby County (3e de Championship) en dix-neuf rencontres disputés dans le Maine-et-Loire. 

Les hommes de Stéphane Moulin, disposés en 4-3-3, s'évertuent à court-circuiter les transmissions de balle effectuées par le trio Seri-Koziello-Mendy et contenir les assauts du soliste Ben Arfa. Romain Saïss est préposé à cette tâche ingrate. Le milieu défensif d'Angers réussit à cantonner les prises de balle de l'international français près du rond central au cours des vingt-cinq premières minutes. Le Franco-marocain ne pourra rien sur le premier slalom plein de classe du numéro 9 niçois (28'), mais il se rattrapera sept minutes plus tard en stoppant irrégulièrement le joueur formé l'INF Clairefontaine. « Ils ont des joueurs de qualité qui peuvent faire la différence. Ils ont un système de jeu qui n'est pas commun et qui est bien huilée », concède Romain Saïss. Après une première partie de saison réussie, l'ancien havrais attise les convoitises de plusieurs écuries de l'élite dont l'AS Saint-Étienne. 

Au retour des vestiaires, les angevins vont pour la première fois de la saison flancher sur le plan physique et mental. Les niçois, sans doute remotivés par Claude Puel, mettent le bleu de chauffe pour revenir dans la partie. Souvent pointés du doigt pour leur manque d’agressivité et leur carence athlétique, les trois joueurs formant le milieu de terrain du Gym s'emploient pour faire sauter les verrous angevins. Les transmissions de balle s’effectuent plus rapidement afin de contourner au maximum le bloc défensif adverse. Hormis les chevauchées extraordinaires réalisées par Ben Arfa, parfois à mauvais escient, les montées incessantes des deux latéraux - Niklas Hult et Jérémy Pied - permettent d'épuiser les joueurs adverses. Et de leur faire perdre en lucidité. 

Jean-Mickaël Seri, une des nombreuses révélations du onze niçois depuis le début du championnat, profitera une première fois de la perte de concentration de la défense d'Angers (79'). Lancé sur le côté gauche, Seri est fauché dans la surface de réparation par le défenseur Traoré. Ben Arfa, muet depuis fin octobre, se charge de conclure l'affaire sur penalty (1-1, 80'). Rebelote quatre minutes plus tard. Absent de son couloir lors de la contre-attaque initiée par Jean-Mickaël Seri, le latéral droit Vincent Manceau se rend coupable d'une main dans la zone de vérité permettant à HBA d'enregistrer un doublé sur coup de pied arrêté. Sans l'aide d'un coach mental. « Ils allaient craquer à un moment donné car ils ont couru derrière le ballon et jouer en contre pendant tout le match. C'est leur philosophie, c'est le maintien, mais c'est dommage de jouer au football comme ça », affirme le meilleur espoir du championnat de Ligue 1 lors de la saison 2007/2008. Hatem Ben Arfa a bien grandi depuis : en réalisant la meilleure saison de sa carrière sur le plan comptable avec dix buts marqués et deux passes décisives, HBA respecte désormais ses adversaires. Peu de dirigeants auraient parié sur une telle métamorphose de l’enfant jusqu’ici immature du foot français.

Florent Motey

Hatem Ben Arfa et ses partenaires niçois ont dû attendre le dernier quart d'heure pour trouver la faille
Hatem Ben Arfa et ses partenaires niçois ont dû attendre le dernier quart d'heure pour trouver la faille
Hatem Ben Arfa et ses partenaires niçois ont dû attendre le dernier quart d'heure pour trouver la faille

Hatem Ben Arfa et ses partenaires niçois ont dû attendre le dernier quart d'heure pour trouver la faille

Tag(s) : #Football, #Ligue 1, #Angers, #SCO, #OGC Nice, #Ben Arfa, #Moulin, #La dalle angevine, #RemèdedeCoach
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