MIPS FM | 23h50 | Au lendemain du crépuscule d'un athlète Mormeck...
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Plongée en ce mois de décembre dans la folie d'un supporter parisien exilé, varois d'adoption, exilé dans le grand froid de Lille. À l'occasion de la rencontre entre Lille et le Paris Saint-Germain, Maximilien, 23 ans, nous compte son expérience au milieu de la communauté Ch'ti. Engueulades et passions garanties !
Aux premiers jours de la période hivernale, le changement ne se retrouve pas dans la chute du thermomètre. Il se reflète davantage au niveau de la distance entre ses objectifs et ses amours éternels. Et quel amour que celui du ballon rond chouchouté par ses joueurs préférés. Par son équipe pour l'éternité. Par sa Ville Lumière !
Je suis Maximilien. J'ai 23 ans et je suis un supporter viscéralement attaché à ma seule formation de coeur : le Paris Saint-Germain. Voici mon témoignage suite à la rencontre entre Lille et Paris au stade Pierre Mauroy le mercredi 3 décembre 2014.
Le LOSC au stade, ça ne vaut mieux qu'à la télé
Putain, trois mois ! Déjà trois mois que je suis arrivé dans cette région, celle des Ch'tis afin de poursuivre mes études de marketing dans une grande école de commerce. Moi le sudiste d'adoption, j'ai eu (un peu) de mal à me faire à ses températures nordistes.
Et je n'ai pas tardé à me pointer au stade Pierre Mauroy pour assister un match. J'ai d'ores et déjà eu l'occasion de tâter le stade Pierre Mauroy lors d'un petit Lille - Everton de derrière les fagôts. Un 0-0 flamboyant. Bon le Losc en direct, ça vaut pas mieux qu'à la télé. Seul la présence de Sylvain Distin, ancien pensionnaire du club parisien, a eu raison de ma résistance jusqu'au coup de sifflet final. Ma patience a tout de même des limites: je trépignais d'impatience de voir enfin un match de football. Un vrai.
Et vint le 3 décembre 2014 ! Enfin. J'avais coché cette date dès mon arrivée sur Lille : mon équipe, le PSG, arrive en terre lilloise, histoire de récupérer la première place à nos homologues "A jamais les premiers" marseillais. Je suis arrivé au stade à 19h, histoire de me mettre dans l'ambiance et de me réchauffer, encore ! La température ressentie fut de -2° ce soir-là ! Vive le nord.
Pintes et burger goulûment avalés, pronostics du match donnés. On entend des "0-1", "0-2", "0-3". Personne de mon entourage ne voyait Lille marquer ne serait-ce qu'un but. "David Luiz- Thiago Silva c'est 5 matchs, 0 but encaissés" s'enflamme un ami. Ça nargue du supporteur Lillois. "Vous êtes quand même 14ème les gars. René Girard, il vous fait mal" ajoute un autre. Bon esprit, les supporters lillois rigolent clairement avec nous. C'est quand même sympa les gens du nord.
À 20h30 pétantes, ma petite équipe - et moi-même ! - nous dirigeons vers la porte D. Nous sommes huit. Les trois filles de la bande se demandent encore ce qu'elles font là. Trois indécis sont dans le lot. Et deux parigos durs de durs avec maillot et écharpe autour du coup se dirigent vers leurs place le torse fièrement bombé. Le match, autant sur le stade que dans les tribunes peut débuter.
"Du Var et pour le PSG ? T'es un footix donc."
Et puis vint la jouissance extrême, la "queue" :, ça chante, ça chante, à coup de Qatar Saint Germain et de "Lensois enculés" (décidément, ces supporters des deux villes nordites présentes en Ligue 1 ne s'aiment pas beaucoup). Je me prends le bec avec deux supporteurs lillois bien éméchés. Ils me demandent: "d'où tu viens ?". Je leur rétorque "Je suis du Var". Cette réponse a l'effet d'un choc dans l'esprit de ce supporter lillois."Ah donc t'es un footix, si t'es du Var pourquoi n'es-tu pas pour Marseille" se questionna-t-il avec un fort accent Ch'ti.
J'essaie de lui expliquer gentiment que Marseille fait partie de la région PACA mais ne se situe pas dans le département du Var. Aucun effet. Je tente alors une transposition du cas à l'exemple du Nord-Pas-de-Calais. "Regarde, tu es du Nord-Pas-de-Calais: si je reprends ton affirmation sur Marseille, tu devrais donc supporter le Racing Club de Lens. Nord-Pas-de-Calais, même combat, non." Là, silence. Ça se ferme vite, un clapet de Ch'ti. Enfin, c'es le coup d'envoi qui vient fermer la bouche de tout le monde.
Puis vint le match
20 secondes de jeu et déjà debout. Origi pousse le ballon pour Martin: arrêt de Sirigu. Le ballon revient dans les pieds de Florent Balmont qui frappe: transversale ! Ce n'est pas passé loin. La température est rapidement remontée: on a eu chaud. Lille attaque fort, d'entrée. Autour de nous ça crie, ça crie.
À la 21ème minute, Maxwell se lance sur son côté gauche. Il transmet la balle vers Cavani seul au point de penalty. On y croit : le ballon part au-dessus. Alala, Cavani nooooon ! Et ses coéquipiers sont au diapason de cette mauvaise entame de match: ça vendange sur des coups de pied arrêtés. Ce n'est pas comme l'an dernier. Paris prend le "lead" (domine le match, ndlr). Ça enchaîne les passes, ça s'amuse.
Lucas donne le tournis à la défense Lilloise, lance Lavezzi, qui sert Cavani. Petit piqué involontaire et .. BUUUUUUUUUUUT (Edinson Cavani, 29') ! On est deux à se lever et à crier au milieu d'une tribune acquise à la cause des Dogues qui nous regarde tels des pestiférés.
Le Kop Lillois demande à ses supporteurs de lever la voix, d'encourager ses troupes. Lille obtient un corner : but. Je n'y crois pas. La rangée derrière nous nous nargue. Je n'aime pas ça du tout. Je n'ai même pas vu qui a marqué. Le speaker annonce Rozenhal. David Rozenhal ?! Mais non... La malédiction des anciens parisiens qui marquent revient au galop (le but sera finalement attribué à Salvatore Sirigu contre son camp, ndlr).
Une mi-temps, belle petite pause pipi et ça repart pour un tour. Il fait froid, qu'est-ce qu'il fait froid. Mais Lucas est là pour nous réchauffer: il passe 4 joueurs, se décale, frappe : nouvelle transversale ! Oh ! La deuxième mi-temps s'avère plus calme. Laurent Blanc, le coach du PSG sort l'attaquant Ezequiel Lavezzi dès l'heure de jeu pour faire rentrer le milieu Marco Verratti ? Bizarre.
Je gueule de toutes mes forces à chaque intervention limite effectuée du côté lilloise. Je me moque avec plaisir de Marvin Martin, toujours orphelin de but depuis son arrivée à Lille... en septembre 2013 ! Et d'Origi, bien nul ce soir là. 15 millions d'euros, really ?! (DIvock Origi est prêté cette saison à Lille par le club anglais de Liverpool. Il a été acheté au LOSC l'été dernier pour 15 millions d'euros. Ndlr). David Luiz exploite mal deux coup francs et Enyeama nous sort trois parades réflexes. Avec mon pote, on réclame Jean-Chistophe Bahebeck, le minot va nous sortir de la mouise. Il ne rentre qu'à 10 minutes du terme de la rencontre. Trop tard ..
Moi qui pensais narguer mes potes marseillais, il va falloir attendre encore un peu pour pavoiser et reprendre la première place. Soirée sympa malgré le froid. Et allez Paris !
Merci à Maximilien pour son témoignage tapoté de ses doigts gelés quelques minutes après le coup de sifflet final de cette rencontre entre Lille et Paris pour le compte de la 16ème journée de Ligue 1.
