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MIPS FM | 23/07/2014 | 14h15 Le jour où toute l'Italie retient son souffle

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputée au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Douzième affiche de #UnJourauBrésil : "Dispute à la maison, dispute à coups de coudes." Proverbe camerounais de 1822.

Groupe A
Cameroun 1-4 Brésil
17' et 35' Neymar / 26' Joël Matip / 49' Fred / 84' Fernandinho

Déjà éliminé de la compétition suite à deux défaites en autant de rencontres, la bande à Eto'o se devait de faire bonne figure face au Brésil pour sortir avec les honneurs. Le Cameroun livrera sa meilleure mi-temps de la compétition face à l'équipe hôte du Mondial. Un sursaut d'orgueil leur permettra de faire illusion l'espace de trente minutes. Joël Matip égalisera (26') suite à l'ouverture du score de Neymar (17'). Malgré cette bonne entame, les Lions Indomptables étaient déjà menés au tableau d'affichage peu après la demi-heure de jeu suite au second but de Neymar (35'). Fred (49') puis Fernandinho (84') viendront valider le ticket pour leur Seleção. Et dire définitivement au revoir aux camerounais. Au regard de leur parcours, le Cameroun a déçu par son comportement sur et en dehors du terrain.

Retour sur une campagne 2014 du Cameroun à ne surtout pas oublier. Surtout pas.

Les Lions se feront dompter ailleurs

Un seul match remporté au cours de ses 16 derniers matchs en phase finale de Coupe du Monde. Un but marqué et huit encaissés en trois matchs. Telle est la fiche statistique rendue par le Cameroun au terme de sa participation à l'édition 2014 de la Coupe du monde. Comme un grand écart des Lions Indomptables entre deux Cameroun. Vingt-trois ans plus tôt, elle fut la première nation africaine à atteindre les 1/4 de finale de la compétition avec la bande à Roger Mila en 1990 en Italie. Samuel Eto'o fils et ses vingt-trois lieutenants permettent aujourd'hui au Cameroun version 2014 de se présenter comme la pire équipe du continent. Emmené par un capitaine Eto'o vieillissant, à l'instar de ses ex-camarades espagnols, Xavi en tête, les Lions Indomptables ont comme perdu de leur superbe. Et de leur amour propre.

Après une première sortie encourageante face au Mexique, et une courte défaite (1-0) essuyée dans la dernière demi-heure, le Cameroun a complètement sombré face à une belle équipe de Croatie. Plus qu'une contre-performance, les hommes de Volker Finke ont proposé un spectacle des plus humiliants.

Privé de leur capitaine emblématique, blessé au genou face au Mexique, le Cameroun s'est présenté sur la pelouse du stade amazonien avec une composition d'équipe des plus improbables. Un milieu défensif reconverti en latéral de fortune, un gardien de but déjà irrespectueux de certaines coutumes - Charles Itandje avait ricané au cours d'une minute de silence sous les couleurs de Liverpool - et deux joueurs de Ligue 2 en guise d'armes offensives, Volker Finker avait mis les petits plats dans les grands pour se taper l'affiche aux yeux des téléspectateurs du monde entier.

Côté défense, le sélectionneur de la sélection camerounaise a dû se reconvertir en bricoleur du dimanche. Plusieurs joueurs seront mis à contribution pour occuper un poste inédit. Stéphane M'Bia se présente comme le parfait de l'incompétence chronique de certains joueurs du Cameroun démontrée tout au long de la compétition. La confrontation face aux mexicains mettra en lumière ses limites professionnelles. L'homme qui voyait son passage du côté de l'Olympique de Marseille comme une "étape" dans sa carrière de footballeur a été rapidement renvoyé à ses études par les attaquants d'El Trio. Le vainqueur de la dernière édition de l'Europa League avec le FC Séville sera coupable d'un marquage laxiste sur le premier but croate marqué par Ivica Olic (11'). L'incapacité criante de M'Bia à prendre le couloir s'est vu comme la calvitie de Zizou au milieu de son crâne. Ses tentatives de centres seront également à inscrire aux panthéons des actes manquées. Bref, bien plus qu'un souci de positionnement ou d'incompétence naturelle, Stéphane M'Bia représente à travers ses prestations clownesques l'arrogance si mal placé d'un certain type de joueur Made in Cameroun.

Côté attaque, le duo Aboubakar-Moukandjo montrera ses limites autant techniques que tactiques dès la première mi-temps. Le premier cité se montrera tout de même entreprenant en début de match. L'espace de cinq minutes. Pas plus. Titulaire du côté du FC Lorient, Vincent Aboubakar a essayé de se démener avec ses propres armes. Forcément limités. Une Coupe du monde ne s'improvise pas. Etre au niveau d'une telle compétition non plus. Pis, les Camerounais manqueront de sang-froid et d'amour propre en fin de match.

Le second trublion de l'attaque, un certain Cédric Moukandjo va s'accrocher en fin de match avec un autre joueur présent sur la pelouse ce soir-là. L'homme visé par ses jérémiades ne sera autre qu'un coéquipier de sa sélection. Benoît Assou-Ekotto et l'attaquant de l'AS Nancy-Lorraine vont proposer un spectacle des plus indigents. L'altercation se prolongera dans les vestiaires où bouteilles d'eau et autres chasubles feront office d'armes blanches. Pour Assou-Ekotto, "ce sont des choses qui arrivent dans une équipe qui ne fonctionne pas." Mais pas devant "des millions de personnes qui regardent le match, des gamins." Le mea culpa du défenseur de Tottenham, formulé au lendemain de cette épisode désastreux arrive trop tard. Le mal est fait. Le Cameroun peut passer la main. Leur dernière défaite - la septième consécutive en Coupe du Monde -, face au pays organisateur ne tiendra que de l'anecdote (4-1). Les Lions Indomptables avaient décidément la rage mal placée. Et la volonté de blesser ses premiers supporters et défenseurs.

Le Cameroun et son collectionneur de maillots

La déception de Patrick M'Boma tient en trois mots : "Je suis révolté". Auteur de 33 buts en 57 sélections sous les couleurs de la sélection camerounaise, M'Boma a le pays dans le cœur. Et la rage dans les pieds. Mais à bientôt quarante-quatre ans, l'ancien joueur du Paris Saint-Germain ne peut que constater l'état de délabrement de son Cameroun. Et de citer une autre équipe africaine comme porte-drapeau footballistique de tout un continent. Désormais chroniqueur sur RMC Info, M'Boma a désormais la rage dans la voix et ne se fait pas prier pour la communiquer. "Le Cameroun reste dans l’imaginaire un grand symbole du football africain. Mais pour moi, aujourd’hui, le football africain est porté par la Côte d’Ivoire" avouera l'ancien attaquant de Parme suite à la prestation indigeste de ses compatriotes face au Mexique.

Les prochains jours risquent d'être agités pour les coéquipiers de Samuel Eto'o Fils. Ce dernier avait promis de s'adresser en personne au Président de la République de son pays pour "faire la lumière" sur les pratiques irrégulières de certains membres de la sélection. Suite à la polémique au sujet de l'affaire des primes non versées avant le Mondial, l'attaquant de Chelsea avait adressé une lettre ouverte - publié sur son compte Facebook le 12 juin 2014 - à ses "chers Frères et Sœurs" camerounais. Douze jours plus tard, l'expression "les paroles s'envolent et les écrits restent" n’a jamais aussi bien raisonné. La preuve.

" Même si des différends nous ont divisés par le passé du fait des experts du "diviser pour mieux régner", nous avons compris que nous devons nous souder, nous serrer les coudes et combattre comme une armée, à l'assaut de la citadelle du "Roi Pelé". " Malgré toutes ces -belles - paroles le Cameroun a montré ses limites sur la terre du football. Une dernière phrase peut-être Monsieur Eto'o Fils. "Et même si nous sommes arrivés en retard au Brésil, même si nous avons été déstabilisés psychologiquement de plusieurs manières, à plusieurs reprises, je Vous le promets : avec Votre soutien massif habituel, nous allons nous battre, contre vents et marées, pour porter très haut le flambeau de notre équipe nationale, les Lions Indomptables, "symbole ardent de foi et d'unité", pour la gloire du Cameroun et de l'Afrique." Un flambeau bel et bien enfoui six pieds sous terre par une équipe toute sauf collective.

Malgré ce triste constat, un homme de la sélection sera pourtant heureux de faire partie de la bande des éclopés au terme de ce Mondial raté pour la bande à Eto'o. Son nom ? Alexandre Song. Après avoir asséné un coup de coude ridicule sur un joueur croate et laissé ses coéquipiers lutter à dix pendant plus d'une mi-temps, le joueur du FC Barcelone s'est concentré sur son principal motif de présence au Brésil : collectionner les maillots de - véritables - joueurs de haut niveau. Le dernier glané par le milieu défensif sera celui de Neymar, LA star de ce mondial. Le neveu de Rigobert Song - ancien capitaine des Lions Indomptables et actuel membre du staff technique de la sélection camerounaise - pourra suivre les exploits de son coéquipier Blaugrana depuis son canapé. Le maillot de La Seleção sur les épaules. Ne vous inquiétez pas : il se contentera volontiers de ce lot de consolation.

MIPS F.M.

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Une image gravée dans la roche - Image : jeuneafrique.com

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Tag(s) : #Cameroun, #Lions Indomptables, #Brésil, #Eto'o, #CAMBRE, #UnJourauBrésil, #Mips FM
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