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MIPS FM | 16h41 | Pas de BeInSport, pas de Mondial le dimanche

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputée au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Diième affiche de #UnJourauBrésil : L'Allemagne Champagne aux fines bulles

Groupe E
Allemagne 2-2 Ghana

51' Mario Götze / 54' André Ayew / 63' Asamoah Gyan / 71' Miroslav Klose

A la tête de la sélection allemande depuis 2008, Joachim Löw a ses petits habitudes. Malgré une saison entachée par les blessures, Miroslav Klose a été embarqué par le sélectionneur pour représenter les couleurs de la Mannschaft au Brésil. Kiessling le sait à ses dépends : Löw a ses certitudes. Et il ne compte pas évoluer. Quitte à ne jamais gagner un titre majeur, que ce soit au niveau continental ou mondial.

De la traditionnelle rigidité victorieuse...

Avec Löw au poste de sélectionneur, à la fin, c'est toujours l'Allemagne qui perd. Finaliste de l'Euro 2008 et 2012, troisième du Mondial 2010, la Mannschaft s'habitue petit à petit se contenter des places d'honneurs. Dépourvu de victoires finales, Joachim est le "Löwser" allemand parfait. A l'instar de l'Espagne dans les années 1990, l'Allemagne propose du beau jeu depuis 2004 sans être récompensée par la conquête d'un trophée international. Entre 2008 et 2012, la Roja a trouvé la clé du succès. Deux ans plus tard, les espagnols sont passés de la gloire à la honte avec une élimination dès le premier tour du Mondial brésilien. Une sortie précoce qui n'arrive jamais aux allemands. Même sous l'ère Löw.

Depuis le Mondial victorieux de 1990 en Italie, la Mannschaft a toujours réussi à atteindre les quart-de-finale de la compétition. L'Allemagne se hissera même, à la surprise générale, en finale de l'édition 2002 de la Coupe du Monde disputée en Corée du Sud et au Japon. La tactique allemande était alors basée sur une formation en 3-5-2 avec un milieu de terrain renforcé et deux attaquants de pointe. Jens Jeremies, Dietmar Hamann et Bernd Scheinder composaient le trio de milieux à vocation défensive de la Mannschaft. Les trois hommes étaient plus connus pour leur goût prononcé pour les chevilles que le jeu à une touche de balle. La solidité défensive était privilégiée au détriment du spectacle.

Absente de la liste des favoris pour ce Mondial asiatique, l'Allemagne finira donc sur la deuxième marche du podium. La performance exceptionnelle d'un certain Miroslav Klose y seront pour quelque chose. Auteur de cinq buts - tous inscrits de la tête - pour sa première participation dans une compétition majeure sous les couleurs de la sélection allemande, Klose était associé à Marco Bode. Ce duo illustre l'ancienne méthode allemande : l'association d'un joueur de mouvement - Klose - avec une "tour de contrôle", sorte de ​pivot utilisé dans les airs afin de permettre à un tout un bloc de remonter sur le terrain. Malgré une place de vice-championne du Monde obtenue face à la Selecao, le jeu rigide et sans panache sera jugé soporifique par les commentateurs du monde footbalistique. Le Brésil l'emportera finalement grâce à un doublé de Ronaldo.

...au football champagne qui fait pschiitt

Depuis ce dernier exploit, effectué sous les ordres de Rudi Völler, la sélection allemande prône un retour à un jeu plus spectaculaire. Sous les ordres du duo Klinsmann-Löw, la Mannschaft va s'efforcer de régaler les papilles des amateurs de beau jeu. Pour initier ce changement, Jurgen Klinsmann va injecter du sang neuf. Et confier le travail tactique à son adjoint, Joachim Löw. En 2004, l'arrivée d'une nouvelle génération de joueurs allemands, plus portée vers l'offensive va obliger le sélectionneur allemand à entamer sa nouvelle révolution par un changement de dispositif. Philip Lahm se présente comme la figure de proue de cette nouvelle vague. Exit le 3-5-2 à vocation défensive et bonjour au 4-4-2. Klinsmann va laisser tout le couloir gauche au profit de Lahm. Ce dernier en fera bonne usage dès le premier match de la Coupe du Monde 2006. Le capitaine du Bayern déclenchera une frappe du gauche à l'entrée de la surface qui ne laissera aucune chance au portier costaricain et permettra à la Mannschaft de commencer de la meilleure des façons sa campagne 2006 à domicile. L'Allemagne sortira finalement par la petite porte avec une troisième place sur le podium.

Philip est l'âme des actions offensives, autant en club qu'en équipe nationale. Sa capacité à multiplier les montées dans son couloir et sa technique au-dessus de la moyenne pour un latéral vont attirer le regard des plus grandes formations européennes. A commencer par Josep Guardiola, entraîneur du grand FC Barcelone. Depuis ce Mondial, Lahm est devenu le capitaine emblématique du Bayern Munich et de la sélection allemande. Ironie du sort, c'est un catalan qui débarquera en août 2013 pour l'entraîner sur ses propres terres bavaroises. Son nom ? Guardiola ! L'ancien entraîneur du FC Barcelone imposera dès son arrivée sa philosophie de jeu. Et titulariser Philip Lahm en position de milieu défensif. Un an après, le résultat s'avère mitigé. Un constat qui plaît au loser Löw qui tente de reprendre la recette à son compte au cours des premiers matchs de la Coupe du Monde 2014.

Löw et la maîtrise aléatoire du Ctrl+C-Ctrl+V

Tout au long du Mondial 2006, Klinsmann ne pourra pas s'empêcher de contre-balancer les vélléités offensives de Lahm en titularisant à plusieurs reprises un défenseur central en position de latéral droit. Son disciple Löw en fera de même au cours des deux premiers matchs du Mondial en ajoutant sa petite touche avec une ligne de quatre défenseurs centraux.

La formation de départ est désormais composée en 4-3-3, avec un véritable meneur de jeu en la personne de Tim Kroos. Le milieu-créateur du Bayern Munich est chargé d'orchestrer les offensives allemandes avec trois attaquants totalement libres de leurs mouvements. Face au Portugal, cette tactique s'est avérée payante. Les coéquipiers de Cristiano Ronaldo, friables défensivement ont fait office de sparring partner au cours de ce premier match du Mondial. Pour assurer la couverture défensive, Löw a décidé de titulariser au cours des deux premiers matchs du Mondial pas moins de cinq défenseurs de métiers sur le terrain. Philip Lahm cède sa place de latéral gauche à Hoewedes. Les montées du défenseur central de métier s'avérent tout de suite moins tranchantes. Sur le côté droit, le sélectionneur allemand décide de conserver sa confiance en Jérôme Boateng. Le défenseur central du Bayern Munich est doué dans le jeu de tête. Moins dans la pratique des centres. Cette absence d'apport offensif des latéraux allemands a fait défaut à la Mannschaft face au Ghana.

Philip Lahm est sans doute plus utile dans cette position qu'au milieu du terrain. Associé à Sami Khedira, il s'est souvent contenté de transmettre le ballon à Kroos. Tout au long de la première période, les allemands vont se contenter de conserver le ballon pour effectuer une séance de taureau devant 50 000 spectateurs. En Coupe du Monde. Le manque de mouvement au coeur du jeu s'est fait cruellement sentir. Le duo Lahm-Khedira est tout sauf créatif. Un homme de trop était présent dans cette ligne de trois milieux. La présence d'un milieu relayeur aux côtés de Lahm serait plus profitable au jeu allemand. Löw a voulu copier la stratégie appliquée par Guardiola au Bayern. Sa maîtrise aléatoire du Ctrl+C-Ctrl+Va failli envoyer son équipe dans le mur. Heureusement, le sélectionneur allemand dispose de joueurs de talent.

Klose, la preuve par 15

Après une première période insipide, Mario Götze va se décider à remuer le cocotier ghanéen. Le joueur d'1m71 réussira à marquer de la tête - bien aidé par son genou gauche - entre deux grands gaillards de la défense du Ghana. Götze conclut une action de 80 mètres réalisée en sept passes et vingt secondes.

Trois minutes plus tard, André Ayew mettra une première fois à mal la pseudo-solidité défensive de la Mannschaft en égalisant d'une tête limpide (54'). A l'instar de Götze, le milieu de terrain de l'Olympique de Marseille réussira à prendre le dessus sur Shkrodan Mustafi - un autre défenseur de l'effectif-, fraîchement entré en jeu. Asamoah Gyan confirmera la présence d'une légère fébrilité des quatre centraux à la 63ème minute. Sur l'action, Mario Götze passe du libérateur au rôle de traître. La passe ratée de ce dernier atterrit dans les pieds de Sulley Muntari. Le milieu de terrain de l'Inter de Milan alerte dans la seconde Asamoah Gyan. Le numéro 3 ghanéen profite d'un tacle raté de Howedes, aussi friable offensivement que défensivement - pour abattre le portier allemand (63'). Heureusement, Joachim Löw va être sauvé par le désormais co-meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du Monde avec quinze réalisations. Sur son premier ballon, Miroslav Klose va profiter d'une déviation de Khedira pour ramener son équipe à hauteur d'un Ghana surprenant (71'). Malgré ce match nul (2-2), l'Allemagne conserve la tête du groupe G avec quatre points. La qualification est quasiment acquise pour les coéquipiers de Thomas Müller qui affronteront les Etats-Unis pour le dernier match de poule. Pour l'occasion, Joachim Löw retrouvera un ancien collègue à la tête de la sélection américaine. Un certain Jürgen Klinsmann...

A la tête de la sélection allemande depuis huit ans, Joachim Löw est sans doute en train de griller son dernier joker. Jusqu'au boutiste à l'extrême, il est à la base du nouveau jeu offensif de la Mannschaft. Mais les observateurs allemands en ont assez et réclament le retour de la culture de la gagne. Le temps des résultats doit impérativement arriver.

MIPS F.M.

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Löw, le match nul au goût amer - Image - Fifa.com

Löw, le match nul au goût amer - Image - Fifa.com

Tag(s) : #Löw, #Allemagne, #Ghana, #Lahm, #Gyan, #CDM2014, #ALLGHA, #UnJourauBrésil, #Mips FM
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