Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

MIPS FM | 16h41 | Quelques heures avant le feu d'artifice Allemagne-Ghana : la Fête de la Musique, ce sera pour l’année prochaine

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputée au Brésil, tête d'affiche ou pas.

 

Neuvième affiche de #UnJourauBrésil : Gagner deux matchs de poule n'est pas impossible pour un Français

Groupe E
Suisse 2-5 France

17' Olivier Giroud / 18' Blaise Matuidi / 40' Mathieu Valbuena / 67' Karim Benzema / 73' Moussa Sissoko / 81' Blerim Dzemaili / 87'Granit Xhaka

 

"Je lui dis souvent pour le chambrer : il a une frappe de "0-0" avec son plat du pied." Didier Deschamps fut le premier étonné de voir Blaise Matuidi marquer son deuxième but sous le maillot Bleu en deux semaines. Le premier sera certes inscrit au cours du dernier match de préparation de l'Equipe de France, certes face au faux-frère jamaïquain d'Edel Apoula mais il permettra aux Bleus de s'envoler avec le plein de confiance vers le Brésil. Le second sera inscrit face à un véritable gardien de but professionnel cette fois, qui plus est en Coupe du Monde.

Tout joueur de football digne de ce nom a un pêché mignon. Pour Zidane, c'était la roulette. Ronaldinho en pinçait pour les virgules. Et pour Ronaldo, les passements de jambe ont malheureusement eu raison de ses genoux. Et puis vint le "plat du pied sécurité" de Marcel Desailly. Formé au poste de milieu de terrain défensif du côté de la Jonelière, à Nantes, avec son ami d'enfance Didier Deschamps, le champion du monde 1998 a fait les belles heures de l'Equipe de France entre 1993 et 2004. A côté du fin relanceur "Lolo" Blanc, meneur de jeu en début de carrière du côté de Montpellier, Marcel Desailly assure à chaque fois ses transmissions. Utiliser l'intérieur de sa chaussure droite est un pêché mignon pour The Rock. Une nécessité pour Blaise Matuidi.

Quatorze ans après le dernier sacre européen de Didier Deschamps et ses coéquipiers sous le maillot bleu, le sélectionneur de l'Equipe de France a misé sur un autre adepte du "plat du pied sécurité" pour secouer le cocotier du milieu de terrain. Blaise Matuidi, utilisateur régulier de ce geste sans risque, a pris une nouvelle dimension au sein de la maison Bleue. Son capital d'endurance hors du commun fait du joueur parisien un élément indispensable du onze titulaire tricolore. Ses bonnes prestations en ce début de Coupe du monde 2014 lui assurent un nouveau statut de taulier au sein du groupe tricolore.

Retour sur un profil qui fait grincer les dents des plus intransigeants et force le respect des plus intelligents.

 

Didier avait son Marcel

Marcel Desailly et Blaise Matuidi symbolisent la réussite inattendue de deux joueurs prédestinés à une carrière anonyme. Les deux hommes ont été initialement formés au poste de milieu de terrain. Le premier se révélera dans une position plus basse sur le terrain, en tant que défenseur central. Le second fera les efforts nécessaires pour tenir sa place dans le cœur du jeu. Non sans difficulté. Ces deux aficionados du "plat du pied sécurité" pourront toujours compter sur un ami infaillible.

L'histoire d'amitié entre les DD - Deschamps et Desailly - débute en 1982 au sein du centre de formation du FC Nantes. Marcel est alors âgé de 14 ans et répète ses gammes avec minutie depuis deux ans du côté de la Jonelière. De son côté, Didier arrive tout juste de ses Pyrénées-Atlantiques. La Desch' débarque en terre nantaise afin de parfaire sa formation de jeune footballeur. Un événement tragique va rapprocher les deux jeunes Canaris. Et c'est Marcel Desailly qui en sera la principale victime collatérale.

Le futur The Rock de Chelsea se verra touché en plein cœur par la perte d'un proche. Son demi-frère, Seth Adonkor, évolue également du côté du club de Loire-Atlantique. De sept ans son aîné, il va perdre la vie suite à un malheureux accident de la route. Didier Deschamps se proposera d'annoncer lui-même la nouvelle à son ami. Ce drame rendra leur amitié inextinguible. "C'est plus qu'une histoire d'amitié" avoue Didier Deschamps. Ce dernier débutera en D1 - nom donné auparavant à l’actuel championnat de Ligue1 - dès 1985. Marcel Desailly apparaîtra dans le groupe professionnel l'année suivante. En 1989, Didier Deschamps met entre parenthèses leur destin commun en se dirigeant vers Marseille. Mais le couple DD se reconstituera très vite.

Arrivé sur la pointe des pieds à l'Olympique de Marseille en provenance du FC Nantes en août 1992, le jeune Marcel est alors accueilli comme un pestiféré du côté de la Canebière. "Tu n'arrives même pas à la cheville de Carlos Mozer" lui lancera à la figure l'entraîneur de l'époque, un certain Raymond Goethals. Le défenseur brésilien était alors considéré comme l'un des meilleurs défenseurs du monde. Tout au long de la saison 1992/1993, le natif d'Accra - capitale du Ghana - se battra pour se faire une place au sein du onze de départ concocté par l'entraîneur belge. Puis vint la victoire en Coupe des Clubs Champions en mai 1993. Cette conquête de l'unique titre européen pour l'Olympique de Marseille, effectuée en compagnie de son ami de toujours, Didier Deschamps, les placeront tous les deux au sommet du panthéon du football français. La Desch' restera aux yeux de tous le capitaine emblématique de cette épopée victorieuse. Et il sera aussi le capitaine mythique des Bleus.

Deschamps y est sélectionné pour la première fois en 1989. Marcel Desailly fêtera sa première cape sous le maillot de l'Equipe de France quelques mois après le sacre de 1993. Tous les français connaissent la suite de leur aventure tricolore. Le sacre de 1998 puis le doublé avec la conquête du trophée de l'Euro 2000 feront oublier les débuts manqués de Marcel Desailly en 1993 suite à la déconvenue bulgare. Un mauvais souvenir vite balayé par ce doublé historique effectué une fois de plus en compagnie de Didier Deschamps. Le rendez-vous manqué aux Etats-Unis pour participer au Mondial 1994 avait forgé la cohésion d'un groupe revanchard emmené par l'emblématique Aimé Jacquet. Dix-neuf ans après le coup de poignard asséné par le buteur bulgare Kostadinov, l'Equipe de France version Didier Deschamps est passée à deux doigts d'une nouvelle déconvenue. C'était en novembre 2013. Mais cette fois-ci, deux hommes ont permis aux Bleus de valider leur ticket pour le Mondial brésilien. Et comme la paire Deschamps-Desailly, Blaise Matuidi et Mamadou Sakho vont connaître un parcours commun, autant en club que sous les couleurs tricolores. Didier avait son Marcel, « Mamad’ » a son Blaise.

 

Mamad’ a son Blaise

A l'été 2011, c'est un Blaise Matuidi quasi-inconnu du grand public qui débarque au Parc des Princes. Le milieu de terrain formé du côté de l'ESTAC à Troyes vient pourtant de sortir d’une saison pleine sous les couleurs de l'AS Saint-Etienne. Transféré pour la somme de 10 millions d'euros au Paris-Saint-Germain, le capitaine des Verts était désiré depuis plusieurs mois par Antoine Kombouaré, l'entraîneur du club à l'époque. Mais l'arrivée des qataris à la tête du club va faire entrer le Paris-Saint-Germain dans une nouvelle dimension. Et imposer un nouveau degré d'exigence sur la qualité des joueurs pouvant évoluer en terre parisienne. Effectuer des performances de qualité en L1, à l'instar d'un Stéphane Pédron ou un Charles-Edouard Coridon, ne suffit plus pour se faire une place de titulaire au sein du collectif parisien. Et le "plat du pied sécurité" cher au natif de Toulouse ne rassurait guère les dirigeants qataris à l'époque. Antoine Kombouaré l'avouera même en interview. "Avant son arrivée au Paris Saint-Germain, Blaise Matuidi ne faisait pas l'unanimité." Le Kanak avait dû se battre pour conclure l'affaire. Trois ans plus tard, le président Nasser Al-Khelaïfi pourrait lui envoyer un petit mot de remerciements. Arrivé en même temps qu'un certain Jérémy Ménez, accueilli comme une star dans la Ville Lumière, Matuidi est devenu un élément incontournable du onze parisien. La destinée de Ménez fut tout autre. Mais ce statut de taulier au sein de l'effectif parisien était loin d'être acquis à son arrivée. A l'aise Blaise, mais pas à pas.

Pour faciliter son adaptation, un homme du cru va l'accueillir de la meilleure des façons. Capitaine de l'effectif professionnel dès l'âge de 17 ans, Mamadou Sakho est présenté comme l'emblème de toute une ville, de toute une région. De toute une génération. L'homme à la crête éternelle est un enfant de Paris. Sa rencontre avec Blaise Matuidi va s'avérer importante dans leur début de carrière respesctive. A l'instar des DD, les deux futurs internationaux français vont nouer une forte amitié. Suite au départ de "Sakhominator" du côté de Liverpool à l'été 2013, Blaise Matuidi confiera sa tristesse via son compte Instagram. "Je suis très déçu. C'est un choix de carrière, je lui souhaite beaucoup de bonheur. Il le mérite, c'est un grand joueur. J'espère qu'il va réussir là-bas pour postuler à nouveau à l'Équipe de France. Bien plus qu'un pote c'est un frère" écrit Blaise Matuidi sur son compte de ce réseau social. Cette proximité, les deux compères vont la retrouver quelques mois plus tard sous les couleurs de l'Equipe de France.

Suite à l'expulsion de Laurent Koscielny dans les dernières minutes du premier match de barrage face à l'Ukraine en novembre 2013 - et une défaite (0-2) -, Didier Deschamps décide de faire confiance à Mamadou Sakho pour incorporer la défense tricolore. Et il lui rendra bien. Le désormais défenseur central des Reds de Liverpool va effectuer le match-référence depuis le début de sa carrière pour dégoter les vingt-trois billets permettant aux Bleus d'aller à Rio de Janeiro. " Mamad' " inscrira un doublé au cours de cette rencontre décisive (3-0). Cet exploit lui permettra de valider en premier son ticket pour participer au Mondial 2014. Sept mois plus tard, le sélectionneur français le désignera comme vice-capitaine des Bleus, juste derrière Hugo Lloris. Blaise a retrouvé son Mamad'. Mais aux yeux de certains observateurs, le premier cité n'aurait rien à faire au sein de l'Equipe de France. "Matuidi est un bon joueur de club, mais il n'a pas le talent international. Il est surévalué." Cette diatribe, datée de février 2014 est signée du meilleur buteur français en Coupe du Monde. Just Fontaine ne fait pas dans la demi-mesure pour pointer du doigt les manquements techniques de Blaise Matuidi.

Moins souvent au four qu'au moulin, la pieuvre - surnom qui lui était affublé pendant ses années de formation troyenne pour évoquer sa capacité à récupérer un nombre incalculable de ballons - est connue pour posséder un coffre hors du commun. Mais cette qualité était trop souvent altérée par une palette technique assez limitée. Certains observateurs lui voyaient même une poursuite de carrière en position de latéral gauche. Mais Matuidi ne l'entendait pas de cette oreille. Il va tout faire pour gagner une place de titulaire au sein du onze parisien. Friand de joueurs techniques dans le cœur du jeu, Carlo Ancelotti va, à son arrivée au club en décembre 2011, cataloguer Blaise Matuidi comme un homme peu à l'aise avec ses pieds. Mais la pieuvre ne va pas se laisser démonter et gagnera sa place de titulaire quelques mois plus tard aux côtés de Thiago Motta et Marco Verratti. Le 2 avril 2013, le numéro 14 parisien éblouira par son endurance exceptionnelle l'Europe entière dans un 1/4 de finale aller de Ligue des Champions face au FC Barcelone (2-2). Rien que ça. Le "bad boy" David Beckham, venu finir sa carrière du côté du Parc des Princes avouera même prendre "du plaisir" à évoluer à ses côtés. Quand un joueur fait le sale boulot pour vous, sans discontinuer, cela ne peut être qu'agréable.

L'homme ne semble jamais fatigué. Son endurance lui vaudra même la note de 20 dans le célèbre jeu de management footballistique Football Manager. Cette qualité incontestable de marathonien lui colle souvent à la peau. Ses coéquipiers parisiens iront jusqu'à lui attribuer le surnom de "kényan". Avec une moyenne de quarante-quatre matchs disputés au cours des trois premières saisons sous le maillot du Paris SG, la "Faucheuse" paraît increvable. Cette aptitude physique va lui permettre de s'imposer également en sélection nationale. Didier Deschamps en fera un élément-clé de son onze de départ. Avec tout le respect qu'il témoigne à "Justo" Fontaine.

 

Blaise à l'aise, comme tous les Bleus

Cette tendance à participer à toutes les minutes de l'ensemble des rencontres force l'admiration des plus fervents supporters mais également de ses entraîneurs. A commencer par le sélectionneur des Bleus. Suite à la démonstration de l'Equipe de France face à la Suisse pour le compte du deuxième match de poule de la Coupe du Monde, Didier Deschamps s'est lâché au cours de la conférence de presse. C'était au lendemain de la rencontre. "Il a des aptitudes physiques exceptionnelles. Même moi, des fois, j'ai du mal à le suivre. On le voit dans la surface puis cinq secondes plus tard à la récupération... Waouh !" Son premier entraîneur en pro, Jean-Marc Furlan est aussi dithyrambique au sujet de son poulain. "Il est doué, possède un grand sens et une bonne lecture du jeu. Il sait anticiper et possède un gros volume de récupération de ballon." Et cette dernière caractéristique semble indispensable à la constitution du onze de départ de Didier Deschamps.

Le dispositif concocté par le sélectionneur français se veut réellement offensif pour cette Coupe du Monde. Sur le papier, les joueurs sont placés dans un 4-3-3 avec trois milieux à vocation défensive et deux ailiers de soutien. Dans le jeu, le dispositif prend une toute autre forme.

En phase défensive, le 4-3-3 reste identique. Tous les joueurs participent à la récupération rapide du ballon. De Blaise Matuidi à Karim Benzema en passant par Paul Pogba et Antoine Griezmann. Les trois milieux de terrain s'attèlent à couper les transmissions adverses. Le joueur placé au centre des trois milieux de terrain - habituellement Yohan Cabaye - joue le rôle de meneur en retrait. Et donc de premier relanceur. Blaise Matuidi endosse quant à lui la fonction de déclencheur du pressing. Son physique lui permet d'abattre un nombre de kilomètres indécent. Au cours du premier match, son pendant de droite n'a pas effectué le travail escompté par Didier Deschamps. Plus attiré par le tricotage de ballons en phase offensive, Paul Pogba fut avare de replis défensifs face au Honduras. Et ce type d'attitude ne plaît guère à un sélectionneur adepte du poste. Le milieu de terrain de la Juventus de Turin laissera sa place à Moussa "Pousse-et-va" Sissoko. Ce dernier va se révéler comme l'un des hommes du match de cette confrontation face à l'équipe helvétique. La victoire s'est reposée sur la faculté des hommes à se fondre dans le moule.

Car le point fort de cette équipe est son homogénéité. En phase offensive, les joueurs se trouvent les yeux fermés. Le dispositif passe alors en 4-4-2 avec un meneur de jeu en la personne de Mathieu Valbuena et deux attaquants de pointe. Face à la Suisse, Karim Benzema et Olivier Giroud furent associés en pointe. Une belle réussite. Les trois joueurs disposent d'une liberté créative sans équivalent dans l'histoire récente des Bleus. Et leur complicité, trop souvent décriée, va exploser à la face de tous les observateurs. Auteur d'un premier match plein face au Honduras avec deux buts inscrits, Karim Benzema va se révéler comme un véritable poison pour la défense suisse. Son pouvoir d'accélération, sa capacité à jouer dans le bon tempo et sa science du jeu vont donner un mal de tête des plus atroces à toute la défense helvétique. Et c'est encore Blaise Matuidi qui va en profiter.

Suite à l'ouverture du score d'Olivier Giroud sur corner (17'), les Français vont appliquer avec une exigence exceptionnelle les préceptes du "capitaine" Deschamps. Sur l'engagement, Blaise Matuidi déclenche le pressing sur des suisses encore abasourdis par le premier but inscrit par le Gunner d'Arsenal. Valon Behrami, milieu de terrain suisse va lâcher le ballon de peur de subir les foudres de "La Faucheuse". Sa passe est récupérée par "Rim-K". Le numéro 10 français prend de la vitesse aux trente mètres, fixe Djourou puis sert "le kényan". Entré dans la surface de réparation, Blaise Matuidi est dans l'obligation de ressortir son arme secrète : "le plat du pied sécurité". Matuidi profite ici de la liberté donnée par son sélectionneur. "Dans ce système, je me sens vraiment bien. J'ai la liberté de me projeter vers l'avant."

Marqué grâce à une frappe "0-0", comme l'aime à le dire Didier Deschamps, c'est possible ! Matuidi y arrive. Seul face aux cages, le "box-to-box" Made in France inscrit son second but en deux semaines sous le maillot bleu (18'), son premier en Coupe du monde. Rien ne peut plus arriver à cette Equipe de France. Blaise est plus qu'à l'aise que jamais en Bleu. Après dix-huit minutes de jeu, les coéquipiers de Mathieu Debuchy mènent deux buts à rien face à la formation helvétique. Le troisième but inscrit à la quarantième minute viendra récompenser l'analyse tactique effectuée par Didier Deschamps.

"On savait que Lichsteiner (arrière droit de l’équipe de Suisse) avait tendance à monter dans son couloir." avouera le sélectionneur quelques heures après la démonstration française. Suite à un corner suisse, les Français vont se mettre en ordre de bataille pour appliquer les conseils du boss. Et tripler la mise en l'espace de douze secondes. Olivier Giroud sera à la base de cette action. De la récupération du ballon jusqu'à sa finition. En phase de repli sur corner, Giroud se positionne dans la surface de but. Sa grande taille lui permet d'intercepter tous les ballons. Ce corner ne déroge pas à la règle.

Karim Benzema, positionné en dehors de la surface récupère la tête défensive de son compère d'attaque. "Rim-K" transmet le ballon à son coéquipier en club Raphaël Varane. Olivier Giroud est déjà dans l'attente d'une passe au niveau de la ligne médiane. Le merengue répond à l'appel de balle du numéro 9 français avec une passe du gauche millimétré. Un autre modèle - plus évolué - d'utilisation du plat du pied. Giroud s'empare donc du ballon et débute son sprint final. Sa vitesse de croisière sera évaluée à 24 km/h. Six de moins qu'un certain Arjen Robben sous les couleurs du Pays-Bas face à l'Espagne au cours du premier match des deux nations dans cette Coupe du Monde (5-1). Qu'importe. Robben fait dans l'égocentrisme. Et Giroud est un homme altruiste.

Généreux dans l'effort, il le sera également avec ses partenaires. Et ce n'est pas Mathieu Valbuena qui s'en plaindra. Après une course de près de quatre-vingt mètres, Giroud déboule comme une furie dans la surface de réparation helvétique. Il lève deux fois la tête, histoire de trouver un coéquipier mieux placé que lui pour terminer le travail. La taille minimaliste de Valbuena n'y est pour rien. Giroud veut faire les choses dans les règles. Le milieu de terrain de l'Olympique de Marseille bénéficie donc d'une offrande parfaite pour sceller le sort de "petits suisses". 40 minutes et 3-0 au tableau d'affichage. " Mamad' " peut se permettre de sacrifier sa tête face à une des seuls frappes suisses du match. Elle sera l'œuvre de Granit Xhaka juste avant la mi-temps (44'). La France peut commencer à voir venir. Et regarder la défense suisse sombrer.

 

Un petit Suisse au goût amer

La paire défensive Djourou-Senderos avait fait des merveilles en 2006. Le duo 100% Suisse formait la défense centrale d'une équipe d'Arsenal finaliste de la Ligue des Champions face au FC Barcelone cette année-là. Un défenseur adversaire d'origine brésilienne, Juliano Belleti, avait scellé leur espoir de soulever la "Coupe aux grandes oreilles". Huit ans plus tard, leur rêve de sacre européen est plus fantasmagorique que jamais. Ils vont nager en plein cauchemar face à l'armada offensive des Bleus. Sur les propres terres de Belleti. Philippe Senderos évolue toujours en Premier League - championnat anglais - du côté d'Aston Villa. Johan Djourou s'en est allé continuer sa carrière en l'Allemagne dans le club du Hambourg SV. Et visiblement, leur longue séparation a eu raison de certains automatismes. Si tant est qu'il y en ait eu. Suite à cette contre-performance, Djourou avouera que son équipe "a rendu la vie très facile" aux Français au cours de ce match. Il surenchérira. "A ce niveau-là, on a fait beaucoup trop d'erreurs. Et à ce niveau, les erreurs, ça ne pardonne pas." Illustration sur le quatrième but français.

Rentré tout juste en jeu, Paul Pogba va profiter des errances de la défense suisse. Et se souvenir sans doute des conseils de Didier Deschamps. L'homme à la crête jaunie profite d'une passe adressée par Moussa Sissoko pour s'emparer du cuir. En deux touches de balles, il décide de distiller, dans le dos de la défense hagarde, un amour de passe lobée à Karim Benzema. Ce dernier se faufile entre les deux piliers immobiles qui forment la défense adversaire, profite d'une tentative de volée ratée de Senderos pour reprendre sans contrôle le cadeau de Pogba (67'). Le cinquième but mettra à contribution Matuidi et Benzema pour servir Sissoko. Le premier servira le second. Face aux cages suisses, l'attaquant du Real Madrid préfère offrir une passe décisive à Moussa Sissoko (73'). Une évidence pour Matuidi. " (On a) des attaquants très adroits pour faire des passes décisives." affirmera le milieu de terrain en conférence de presse. Moussa Sissoko conclura donc la marque pour offrir à l'Equipe de France la première place de son groupe E à un match du terme de la phase de poule. Deux buts suisses en fin de match (81' et 87') consoleront des supporters helvétiques au bord du gouffre. Qui l'eût cru !

 

L'Equipe de France vient d'inscrire cinq buts dans un match de Coupe du Monde. Un tel événement n'était plus arrivé depuis le Mondial 1958 et une victoire 7-3 face au Paraguay. Un certain Just Fontaine était sur la pelouse. En espérant que cette démonstration aura eu le mérite de lui procurer du plaisir. Avec un joueur de classe mondiale dans ses rangs : Blaise Matuidi et son "plat du pied sécurité" éternel. N'en déplaise à Fontaine.

 

MIPS F.M.

 

Publicité
Hop, alerte "plat du pied sécurité" ! - Image : BeInSport

Hop, alerte "plat du pied sécurité" ! - Image : BeInSport

Tag(s) : #Matuidi, #Deschamps, #Desailly, #Sakho, #Plat du pied, #La pieuvre, #UnJourauBrésil, #Mips FM
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :