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MIPS FM | 22/06/2014 à 20h19 | Le lendemain des 80 ans de l'Armée de l'Air française

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputée au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Onzième affiche de #UnJourauBrésil : Lukaku vient tout juste de terminer la rédaction du Tome I de son prochain roman. En 180 minutes, montre en main

Groupe H
Belgique 1-0 Russie
88' Divock Origi

Un poème extrait du livre "La possibilité d'une île" écrit par Michel Houellebecq : « Mon premier amour infirmé, / Il a fallu que tu reviennes....Entré en dépendance entière, / Je sais le tremblement de l’être / L’hésitation à disparaître, / Le soleil qui frappe en lisière / Et l’amour, où tout est facile, / Où tout est donné dans l’instant ; / Il existe au milieu du temps / La possibilité d’une île. »

Sans même l'emploi d'un nègre, voilà comment Romelu Lukaku pourrait qualifier son début d'aventure avec la sélection belge dans cette Coupe du Monde 2014. L'attaquant de Chelsea sort d'une saison pleine sous les couleurs d'Everton où il fut prêté sous les ordres de Mourinho. Mais la vérité d'hier est rarement celle d'aujourd'hui, et encore moins de demain. Et Lukaku est en train de l'apprendre à ses dépens. Auteur à dix-sept reprises d'un but en Premier League cette saison, l'international belge connaît un mois de juin en mode disette. Lukaku pensait être épaulé des Hazard, Mertens et autres De Bruyne dans sa conquête du but adversaire. Face à une sélection russe dépourvue de génie technique, les trois camarades de la sélection préfèrent au jeu collectif l'excitation procurée par les grandes chevauchées individuelles Pour Lukaku, il ne reste qu'au milieu des offensives la possibilité d'une île.

On ne change pas une équipe (de fin) qui gagne

Conforté par une fin de match de qualité face à l'Algérie - victoire 1-0 - au cours de son premier match de Coupe du monde en tant qu'entraîneur, Marc Wilmots n'hésite pas à reconduire les mêmes onze joueurs pour affronter la Russie. Enfin, les individus qui ont bel et bien permis aux Diables Rouges d'empocher les trois points. Les titulaires Moussa Dembélé et Kévin Mirallas laissent respectivement leurs places à Marouane Fellaini et Mertens. Les deux hommes avaient réussi à donner la victoire aux Diables Rouges dans les dernières minutes de la rencontre. Leur bonne prestation a donc convaincu Marc Wilmots de les incorporer dans le onze de départ pour se frotter au bloc soviétique. La décision est somme toute logique pour le sélectionneur belge.

La Belgique se présente donc face aux russes dans un 4-3-3 à vocation offensive avec milieu de terrain en triangle. Marouane Fellaini et Axel Witsel forment la base de ce milieu. Kévin De Bruyne se voit confier les clés du jeu des Diables Rouges. Sur les ailes, on retrouve Mertens à droite et l'irremplaçable Eden Hazard à droite. Tous les rôles étaient clairement donnés par Wilmots. Il ne restait plus aux joueurs qu'à appliquer les directives du metteur en scène. A défaut de posséder un fond de jeu solide, les partenaires du capitaine Kompany se sont reposés sur les exploits de leurs deux flèches d'argents.

Mertens se montra le premier - et seul - joueur belge entreprenant au cours de cette rencontre. Tout seul, comme un grand. Dès la quatrième minute de jeu, l'ailier de Napoli va se mettre en évidence avec une première frappe contrée. Ce premier revers le poussera quelques minutes plus tard à privilégier la passe décisive à cinq petits mètres des cages russes (14'). Cette action inachevée, entreprise par Kévin de Bruyne va symboliser le jeu soporifique des Diables Rouges. Les joueurs se reposent tour à tour sur les accélérations de leur meneur de jeu pour perforer le milieu adverse puis les deux ailiers - Mertens ou Hazard - pour dynamiser le jeu de l'équipe. Cette dépendance aux exploits individuels va rendre la prestation de la Belgique insipide et lisible de tous. Et les interventions des défenseurs belges des plus faciles. Seul Dmitri Kombarov va se faire avoir à plusieurs reprises par le seul joueur digne de ce nom au cours de ce match.

Le latéral gauche de la sélection russe va se prendre de pleine face les différentes vagues offensives belges. Dépendante du jeu de jambes et de la vitesse de Mertens, la Belgique va insister sur ce côté. Son jeu va peu à peu tomber dans un style des plus caricaturales. La récupération du ballon est l'affaire du duo Witsel-Fellaini. Le premier cité s'occupant des premières relances. Le ballon est ensuite confié à De Bruyne qui fait en sorte d'attirer tout le bloc russe vers la droite. Une fois la tâche effectuée, Eden Hazard ajoute la touche finale d'une action chronophage belge avec un changement d'aile au profit de Mertens. Ce dernier a alors le champ libre pour entamer son sprint final. Ce schéma de jeu sera utilisé de manière systématique, voire pathétique par la formation belge. Les russes, dépourvus de joueurs talentueux de la trempe d'Eden Hazard se contenteront de jouer les effets miroirs. Chargé de la finalisation des actions, le jeune Mertens manquera à la fois de justesse face au portier russe (20'), de physique suite à une charge de Kanunnikov (25'). Puis plus rien. Eden Hazard essayera de prendre tant bien que mal le relais au cours d'une seconde période toute aussi indigeste.

La mise en place tactique prônée par le sélectionneur belge n'a pas été remise en question dans les faits par les onze acteurs belges. A l'instar d'un Benoît Poelvoorde présent dans une purge cinématographique, Hazard et Mertens sont systématiquement chargés de relever le niveau global des protagonistes présents sur le terrain. Cette volonté affichée - et sans doute assumée - de laisser une part belle à l'improvisation a ses limites. Et les belges ont bien faillis s'en mordre les doigts. Au milieu de ce marasme, un homme a été totalement sevré de ballons. Pis, il ne servait à rien.

Lukaku, seul au monde

Sa première prestation en Coupe du monde avait fait grincer des dents. A en faire regretter Emile Mpenza... Le joueur avait rendu une copie catastrophique face à l'Algérie. Trop souvent à contretemps, Romelu Lukaku fut bien muselé tout au long du match par la défense adverse. Ses coéquipiers ne le trouvaient qu'en position reculée, à trente voire quarante mètres des buts algériens, dos au jeu. Cinq jours plus tard, le constat est le même : Lukaku reste totalement introuvable. Seul au monde. Comme porté disparu.

Prolifique au cours de la saison 2013-2014 avec dix-sept buts au compteur sous les couleurs d'Everton, Romelu Lukaku a décidé de délaisser ses tresses pour une tignasse toute frisée. Ses récentes prestations, jugées décevantes sont sans doute en lien avec cette révolution capillaire. Mais plus qu'un simple changement au-dessus du crâne, Lukaku est visiblement habité par le doute. Rien ne semble fonctionner pour le buteur belge, autant dans son jeu que dans sa tête.

Le volontarisme du prince de Goodison Park n'est pourtant pas remis en question. Seul en pointe, Lukaku se démène comme un lion pour récupérer les simulacres de passes délivrées par ses partenaires. Les défenseurs belges sont les premières personnes à incriminer. Vincent Kompany et Daniel Van Buyten vont alterner pour envoyer des chandelles à l'attention de leur attaquant de pointe. Leurs tentatives de transmission du cuir seront récupérées avec une facilité déconcertante par les défenseurs russes. Mertens sera bien le seul à alerter d'une manière plus correcte le géant belge peu avant la mi-temps (36'). Suite à un énième déboulé sur le côté droit de l'attaque belge, Mertens adresse un centre à destination de Lukaku. Mais sa transmission se révélera finalement toute aussi approximative que les précédentes. Quand un schéma stéréotypé, où Mertens est le principal fer de lance, en chasse un autre, ça donne une prestation insupportable et indigne d’un outsider d'une Coupe du monde.

Quasiment condamné à jouer leur qualification sur le dernier match de poule face à la Corée du Sud, la Belgique va de nouveau se voir sauver la mise par un joueur provenant du banc de touche. Rien à voir avec un coaching payant.

Origi a gagné sa place de titulaire

Quand un joueur formé à l'Ecole lilloise en rencontre un autre, ça produit souvent de beaux feux d'artifices. Rentré en jeu peu avant l'heure de jeu à la place du pestiféré Lukaku, Divock Origi va tenter, dans un premier temps, de donner de la profondeur au jeu belge. Sans succès. Ses efforts répétés, faits d'appels de balles en pagaille seront boycottés pendant une vingtaine de minutes. Jusqu'au réveil de l'étoile de Chelsea.

Peu en vue au cours du premier match des Diables Rouges dans ce Mondial, Eden Hazard avait su se reprendre en seconde période pour aider ses coéquipiers à remporter la mise. Bis repetita pour le numéro 10 de la sélection belge face aux russes. Visiblement fan des scénarios à suspense, Eden Hazard se réveillera à deux minutes de la fin du temps réglementaire pour mettre Origi en orbite. Après un une-deux bien senti dans la surface de réparation, Hazard va adresser une passe en retrait au jeune buteur lillois. Origi marquera d'un plat du pied sécurité à en faire pâlir Blaise Matuidi. Abasourdi par cette fin de match équipe, la Russie ne trouvera les armes nécessaires pour réagir. Un comble...

Grâce à cette deuxième victoire en autant de matchs, les Diables Rouges sont officiellement qualifiés pour les 1/8ème de finale de la Coupe du Monde. Avoir des joueurs de grande qualité au sein de son effectif, c'est bien. Faire en sorte de les faire jouer à l'unisson, c'est mieux. Si ce n'est pas pour vous Monsieur Wilmots, faites-le au moins pour vos supporters. Au Diable les excuses blafardes ! Lukaku n'en a que faire de la possibilité d'une île.

MIPS F.M.

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"Je suis seul au monde. J'peux plus taire : je suis seul au monde. Y'a rien à faire : je suis seul au monde. Je me sens seul au monde." Corneille (le chanteur) - Image : lalibre.be

"Je suis seul au monde. J'peux plus taire : je suis seul au monde. Y'a rien à faire : je suis seul au monde. Je me sens seul au monde." Corneille (le chanteur) - Image : lalibre.be

Tag(s) : #Lukaku, #Belgique, #Russie, #Diables Rouges, #Hazard, #Mertens, #La possibilité d'une île, #CDM2014, #UnJourauBrésil, #Mips FM
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