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MIPS FM | 23h51 | Le lendemain de la pire prestation de la sélection camerounaise en Coupe du Monde

 

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputé au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Troisième affiche de #UnJourauBrésil : l'Uruguay ou la force (presque) tranquille... perd la face contre le Costa Rica

 

Groupe D
Uruguay 1-3 Costa Rica
24' Edinson Cavani / 54' Joël Campbell / 58' Oscar Duarte / 84' Marcos Ureña

 

A quelques minutes de l'entrée en lice de l'Uruguay dans ce Mondial brésilien, une question squattait toutes les lèvres : Luis Suárez allait-il pointer le bout de son nez au cours de la rencontre ? Les supporters uruguayens auront l'agréable surprise de voir le meilleur but de Premier League sur la pelouse de l'Estádio Castelão. Suárez apparaîtra bien l'espace de cinq minutes, mais du mauvais côté de la ligne blanche. Survêtement et chasuble sur le dos. Orphelin de son joyau brut, la Celeste va s'effondrer face à un Costa Rica en mode diesel. La convalescence prolongée de Suarez hante sans doute les esprits des joueurs de l'Uruguay ce soir à Fortaleza. Leur prestation collective aussi. Après avoir mené pendant près d'une heure les débats, les hommes de José Pekerman vont sombrer, comme un Titanic un soir de printemps 1912. Une centaine d'année plus tard, les icebergs ne sont plus canadiens mais costariciens.

Retour sur le naufrage uruguayen, la faute à l'absence du capitaine de navire. Un certain Luiz Suárez...

 

Cavani, un intérimaire 2 étoiles

0,94 but par match. Ce ratio appartient à un uruguayen. Son nom ? Luis Suárez. Absent des cinq premiers matchs de la saison 2013/2014 de Premier League, le numéro 7 des Reds a réussi à marquer 31 buts en 33 matchs. Le croqueur d'homme finira meilleur buteur de la compétition. Cette performance exceptionnelle ne lui permettra de rapporter à la maison un titre de champion espéré par le peuple de Liverpool depuis vingt-quatre ans. Le bonhomme de la petite ville de Salto était frais et dispo pour participer à son deuxième mondial avec l'Uruguay. Seulement voilà, les pelouses de Premier League ne sont pas réservées aux seuls enfants de cœur, El Pistolero est bien placé pour le savoir. Paul Dummett se dévouera pour offrir à l'attaquant le plus douloureux des mémos au cours de l'ultime journée du championnat anglais. Un tacle appuyé plus tard, le défenseur de Newcastle a réussi son pari : Suarez sort avec un genou en moins du rectangle vert. Une IRM confirmera la présence d'une arthroscopie du genou quelques jours plus tard. L'hypothèse d'un forfait de l'enfant du pays conduira certains fans de la Celeste à envoyer à leurs tours de petits présents à Dummett... en forme de menaces de mort.

L'Uruguay était en train de perdre son meilleur attaquant, et avec ses chances de rééditer un exploit à la mesure de celle effectuée en 2010. Et pour cause. Cette année-là, les coéquipiers de Diego Forlán avaient atteints les demi-finales de la compétition. Quatre ans plus tard, l'homme aux cheveux blonds a troqué le maillot de l'Atlético Madrid et la scène européenne contre celui du Cerezo Osaka et ses contrées asiatiques. Oui, Osaka, au Japon. Pour pallier à ces deux contretemps, le sélectionneur uruguayen n'avait d'autre choix que de faire confiance à un certain Edinson Cavani pour effectuer le boulot, en match d'ouverture s'il vous plaît. L'attaquant du Paris Saint-Germain se révélera être le Canada Dry du Suárez, délicieux au premier abord. A vomir dans la foulée.

Le début de la rencontre se déroule de la meilleure des façons pour les coéquipiers de Diego Lugano. Après une seule frappe effectuée en l'espace de vingt minutes - Cavani déchirera sa demi-volée - l'Uruguay obtient un penalty. Le capitaine Diego Lugano s'essaye au saut de l'ange, bien aidé par un défenseur costaricien. En l'absence du patron Suárez, qui d'autre pour botter ce genre de coup de pied arrêté qu'El Matador. Auteur de seize buts en trente rencontres de Ligue 1 cette saison, Edinson Cavani ne se fait pas prier pour conclure l'affaire. Suite à cette tâche parfaitement effectuée, El Matador se fera discret. Trop discret. Le joueur du Paris Saint-Germain se présentait comme une belle alternative à un Luis Suárez convalescent. Il s'avèrera être un intérimaire deux étoiles.

La Celeste mène au score au bout de 24 minutes de jeu. Et elle se contentera de gérer le match jusqu'à la mi-temps, partageant la possession du ballon avec son adversaire du soir. Les supporters de la Celeste en avaient même oubliés la présence d'un adversaire: le Costa Rica. Les calculs d'épicier auront raison d'elle au cours de la seconde période.

 

Campbell, le modèle Diesel made in Costa Rica

Le scénario de ce match ressemble curieusement à un mauvais match de cour de récré. La meilleure équipe du terrain ouvre rapidement le score pour mieux attendre ses adversaires en contre. Le but final est simple : procéder en contre et compter sur la "carotte" pour enfoncer le clou. Mais quand le légume Forlán est fané, il est facile de se raconter des salades. L'arrière-goût n'est que plus amer. Après avoir mis tout sa force dans une frappe à quelques minutes de la mi-temps, l'ancien attaquant de Manchester United n'avait plus rien dans la chaussette. Il sortira fort logiquement au bout d'une petite heure de jeu. La doublette intérimaire Cavani-Forlán s'est montrée très décevante au cours de ce premier match. La défense aura toutes les peines à rattraper le coup. Pire, elle sombrera face à un joueur qui sort d'une belle saison en Grèce. Oui-oui, la Superleague Greece.

Joël Campbell est un pur produit de la formation costaricienne. Agé de 22 ans, il est recruté en 2011 par Arsenal. Toujours sous contrat avec le club londonien, le jeune homme n'a toujours pas revêtu la tunique des Gunners. Campbell se fait une raison et accepte les différentes demandes de prêts déposées sur le bureau d'Arsène Wenger. Il retournera ces rejets temporaires en sa faveur. Campbell n'avait jamais mis les pieds en Europe. Du FC Lorient à l'Olympiakos Le Pirée en passant par le Betis Séville, l'attaquant de formation se fera un plaisir de découvrir les rives de la Méditerranée. Après deux premières saisons décevantes au niveau du compteur but - seulement six buts marqués sous les couleurs des Merlus puis du club sévillan - Joël Campbell marque la bagatelle de onze buts du côté de la Grèce. Cette belle saison lui permettra de faire partie des vingt-trois joueurs emmenés par le sélectionneur costaricien, Jorge Luis Pinto pour participer au Mondial brésilien. Le colombien a eu du nez : Campbell sonnera la révolte de son équipe de la plus belle des façons.

A l'instar de son coéquipier et capitaine Bryan Ruiz, Campbell fonctionne comme un moteur Diesel. En deux temps. Le premier consiste en un tour de chauffe des gants du gardien adverse. Il se traduira par deux frappes des trente mètres qui n'ont d'enroulé que le nom. Ses frappes se révélèrent si puissantes que Fernando Muslera, portier de la Celeste n'a pas osé tendre une seule fois une main en opposition. Frappes hors-cadres ou pas. Le second temps se traduira par une accélération des opérations, sans pitié. La troisième frappe du Gunner terminera sa course au fond des filets à la 54ème minute. Le Costa-Rica a trouvé son nouveau Paulo Wanchope. Le début de la fin pour les coéquipiers de Lugano, fautif sur l'égalisation costaricaine. Quatre minutes plus tard, le défenseur du Costa Rica, un certain Oscar Duarte donnera l'avantage aux siens d'une tête décroisée de toute beauté. Cette prise de pouvoir des costariciens dans la cour de récré du Castelão coïncidera avec le départ à l'échauffement de Luis Suarez. Le numéro 7 de Liverpool reposera ses fesses sur le banc dix minutes plus tard. Juste à temps pour prendre ses aises et assister en direct à l'assassinat des siens à six minutes de la fin. La faute à Marcos Uruena. A peine entré en jeu, il se fera un malin plaisir de refroidir les dernières velléités uruguayennes en marquant le troisième but de son équipe sur son premier ballon. Un jeu d'enfant pour cet ailier de poche officiant du côté du championnat russe.

 

La vie sans Suarez est tout sauf un long fleuve tranquille. Qu'importe le nom des remplaçants du génie uruguayen, pourvu qu'il soit à la hauteur de l'événement. La Colombie a trouvé son générique au Falcao en la personne de Teófilo Gutiérrez, buteur face à la Grèce - la Colombie l'a emporté sur le score de 3-1 face à la Grèce pour son premier match du Mondial. L'Uruguay doit prier pour voir Luis Suarez fouler la pelouse d'un stade de la Coupe du Monde du bon côté de la ligne blanche. Paul Dummett tient tout de même à sa vie.

 

MIPS F.M.

 

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C'est pas le Costa Rica, là-bas en arrière-plan ? - Image : FIFA

C'est pas le Costa Rica, là-bas en arrière-plan ? - Image : FIFA

Tag(s) : #Uruguay, #Costa Rica, #URUCRC, #Suarez, #Luis Suárez, #Forlan, #Cavani, #Coupe du Monde, #Mips FM
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