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MIPS FM | 23h03 | Le soir où la sélection italienne se rend compte qu'elle va jouer son premier match de la Coupe du Monde à domicile... état de la pelouse oblige

 

Retrouvez chaque jour l'analyse d'une rencontre de la Coupe du Monde 2014 disputé au Brésil, tête d'affiche ou pas.

Deuxième affiche de #UnJourauBrésil : l'Espagne et la gifle batave, au plus grand bonheur de Fernando Llorente

 

Espagne 1-5 Pays-Bas
27' Xabi Alonso / 44' et 72' Robin Van Persie / 53' et 80' Arjen Robben / 64' Stefan de Vrij

 

« Si vous voulez réussir, il faut ouvrir de nouvelles voies et éviter les chemins empruntés par les promesses de réussite.» John Rockefeller, célèbre industriel américain, a su faire fructifier son pactole en innovant sans cesse. Issu d'une famille d'entrepreneurs à succès, Rockefeller est considéré comme l'homme le plus riche de tous les temps. Avec une fortune estimée à 200 milliards de dollars, sa réussite est le fruit d'une remise en question sans limite. A la tête de la sélection espagnole depuis 2010, Vicente Del Bosque détient également l'une des plus grandes richesses dans le secteur du sport en général, et du football en particulier. Mais il est sans doute passé à côté de cette charmante anecdote. Porté par une conviction maladive que ses hommes pouvaient encore lui apporter satisfaction, Del Bosque a embarqué la quasi-totalité des vainqueurs de l'Euro 2012 pour le Mondial brésilien. " Cette génération a droit à l'échec " se gargarisait Iker Casillas, quelques jours avant le début de la compétition. Le processus de renouvellement devait patienter, la nouvelle génération de joueurs incluse. Après cette première défaite (1-5) face à une surprenante équipe des Pays-Bas, force est de constater que le changement lui est imposé. Dès maintenant.

Retour en deux temps sur les prémices d'une débâcle à laquelle personne ne voulait croire, Del Bosque en tête.

 

Le culte de la procrastination

Une bonne dose d'austérité ne fait de mal à personne, surtout pas à un pays traversant une période économique plus que difficile. Et à une équipe au sommet de son art. Après avoir traversé quatre années de crise no-limit, le gouvernement espagnol annonçait en avril dernier la reprise de la croissance nationale, preuve que les efforts et les remises en question sont toujours récompensés. Victime de la crise des subprimes en 2008, le pays s'est vu contraint de mettre en place une série de réformes pour retrouver au plus vite la voie de la réussite économique. Dans le même temps, la sélection nationale a connu la période la plus faste de son histoire : deux championnats d'Europe glanés en juillet 2008 et en juillet 2012 puis un titre de Champion du Monde en juillet 2010, excusez du peu. Tel Moïse marchant sur l'eau, les hommes de Vicente Del Bosque - l'ancien prophète du Real Madrid est arrivé à la tête de la Roja en août 2008 - ont multiplié les succès, sans douleur. Au cours de la dernière Coupe du Monde, l'Espagne n'avait encaissé qu'un seul but. La Suisse l'avait emporté (1-0) en match d'ouverture du Mondial sud-africain face aux futurs champions du monde.

Quatre ans plus tard, la défaite concédée contre les Pays-Bas (1-5) ramène les hommes de Del Bosque au commun des mortels : la Roja n'est pas une équipe invincible. Et certains joueurs sont complètement rincés. Iker Casillas, capitaine au long cours de la sélection espagnole était pourtant confiant sur la force de son équipe, sans une pointe d'inquiétude. « L'objectif est d'obtenir une deuxième étoile pour notre pays. Au cours des quatre années qui viennent de s'écouler, nous avons été la meilleure équipe du monde. Tout est entre nos mains. Notre humilité et notre enthousiasme peuvent nous permettre de le refaire et de défendre notre titre. Mais ce ne sera pas facile» Si l'humilité et l'enthousiasme suffisaient pour gagner des matchs de Coupe du Monde, le Trinité et Tobago de Dwight Yorke aurait dû sortir des poules lors de l'édition 2006.

La liste des 23 joueurs est un premier indicateur de cette déroute inattendue. L'imbroglio autour de la présence hypothétique d'un Diego Costa sur une jambe a balayé d'un revers de main un mal plus profond : l'absence de renouvellement au sein de la Roja. Ce besoin s'est fait cruellement ressentir ce soir, sur le plan physique autant que sur le plan mental. A vouloir tout remettre au lendemain, la génération des Xavi, Iniesta et autres Casillas va sans doute mourir avec ses convictions. Et en baissant le caleçon. Vicente Del Bosque avait pourtant tenté un dernier coup de poker pour éviter l'humiliation. La carte n'était autre que brésilienne.

 

"Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette."

Hiver 2013. Après une première partie de saison tonitruante, Diego Costa est prêt à passer un marché avec Vicente Del Bosque : obtenir la promesse de ce dernier que son nom sera bien présent sur la liste officielle des 23 joueurs sélectionnés pour défendre les couleurs de l'Espagne en terre brésilienne. Le sélectionneur espagnol accepte le deal sans broncher. Fin mai 2014, il laissera Jésus Navas et Alvaro Negredo à la maison au profit du goleador de l'Atlético Madrid. Deux semaines plus tard, le sélectionneur doit gratter le peu de cheveux qu'il lui reste au sommet du crâne. Mais pourquoi diable se restreindre à un changement homéopathique alors que la possibilité d'un grand chambardement se présentait après un triplé exceptionnel ?

Le seul changement opéré au sein du groupe de la Roja se transforme, pour le moment, en pugilat. Les tribulations de Diego Simeone, entraîneur en club du beau bébé brésilien - et qui l'avait fait joué blessé deux fois en l'espace d'une semaine - ont compliqué la préparation de l'attaquant d'origine brésilienne. C'est donc un Diego Costa en petite forme qui se présente sur la pelouse du stade Arena Fonte Nova pour affronter le Pays-Bas, finaliste de la compétition en 2010. Vicente Del Bosque pensait en avoir fini avec cette dette. Une nouvelle facture plus que salée va se présenter à lui.

L'Espagne avait pourtant bien débuté la rencontre. Après un premier quart d'heure principalement rythmé par les appels en profondeur de Diego Costa, la Roja domine son sujet. La maîtrise technique du milieu de luxe, animé par Xabi Alonso, Andrés Iniesta, Xavi Hernandez et David Silva constitue le principal atout d'une formation sûre de son fait. Diego Costa aura d'ailleurs un mal de chien à se faire au jeu court prôné par les Quatre Fantastiques. Excédé par le manque d'adaptation du numéro 19 de la Roja, Del Bosque fera rentrer le mythique Fernando Torres en seconde période. La promesse de Del Bosque n'aura tenu qu'une petite heure.

Entre temps, Diego Costa sera à l'origine de l'unique but inscrit par l'Espagne au cours de ce premier match de poule. Bien lancé par le quatuor magique, Diego Costa entre dans la surface de réparation et tente un crochet intérieur sur son vis-à-vis. Malgré une tentative réussie, Costa décide de faire dans le flopping en s'écroulant dans la surface. Il n'oubliera pas d'écraser au passage la jambe du défenseur batave, en guise de remerciement. Xabi Alonso se chargera de transformer le penalty accordé généreusement par Nicola Rizzoli, arbitre de cette rencontre.

 

Vicente Del Bosque misait sur l'apport physique et mental de Diego Costa pour apporter une nouvelle alternative au jeu proposé par l'Espagne. Et un nouveau souffle. Avec cinq sélections au compteur, le natif de Lagarto manque encore d'automatismes avec ses nouveaux coéquipiers. Pendant ce temps, Alvaro Negredo et Fernando Llorente assistent au Mondial depuis leur canapé. Del Bosque connaît par cœur le proverbe de Confucius à présent : « Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette ». Ses hommes de confiance ont deux matchs pour laver un affront sans précédent. Le droit à l'échec est épuisé.

 

MIPS F.M.

 

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Vicente Del Bosque et sa position singulière de la méditation, élégance espagnole oblige - Crédits : LeMonde.fr

Vicente Del Bosque et sa position singulière de la méditation, élégance espagnole oblige - Crédits : LeMonde.fr

Tag(s) : #Espagne, #Pays-Bas, #Del Bosque, #Diego Costa, #Rockefeller, #Coupe du Monde, #Brésil2014, #Mips FM
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