MIPS FM avec AFP | 14h45 | Le jour où le cessez-le-feu a volé en éclat en Ukraine
Les autorités locales ont confirmé l'arrestation de deux ressortissants britanniques le 31août dernier à Doha. Ils sont accusés d'avoir "enfreint" des textes de lois du Qatar en effectuant des enquêtes sur les dessous de la préparation du Mondial 2022. Suite aux promesses de réformes effectuées par le Qatar, les deux hommes enquêtaient sur l'amélioration des conditions de travail des ouvriers issus de l'immigration.
Le droit de se taire
Doha a confirmé ce dimanche 7 septembre l'arrestation de deux hommes britanniques suite à leur enquête sur les conditions de travail des ouvriers officiant sur les chantiers du Mondial 2022 pour avoir "enfreint" la loi en vigueur.
Les deux hommes, jugés comme récalcitrants par les autorités qataris ne sont autre que deux chercheurs de l'ONG Global Network for Right and Development (GNRD).
Krishna Upadhyaya et Ghimire Gundev, issus de cette ONG basée en Norvège ont été emprisonnés le 31 août 2014. Doha leur reproche d'avoir entamé des enquêtes sur l'application des promesses effectuées par les autorités locales pour améliorer les conditions de travail des ouvriers immigrés. Les individus étaient pourtant autorisés à venir au Qatar. Mais ils avaient également le droit de se taire.
Traitement des ouvriers immigrés : des critiques répétées
Entre les soupçons de corruption sur l'attribution de l'organisation du Mondial 2022 et les critiques répétées sur les conditions de travail des étrangers sur les sites des futurs stades qui accueilleront l'événement, le Qatar semble dans l'œil du cyclone des organisations internationales pour la plupart non gouvernementales.
Des organisations des Droits de l'Homme aux pays défaits au terme de la campagne d'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde en passant par les structures syndicales, tous sont d'accord pour critiquer et mettre un coup de projecteur sur les agissements abusifs des autorités locales ainsi que les conditions de travail difficiles des ouvriers immigrés sur les différents chantiers.
Les ouvriers sont principalement issus des pays de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud. Suite à l’officialisation de l’organisation du Mondial 2022 par le Qatar, plusieurs milliers de personnes se sont pressées pour répondre aux offres d’emploi.
Pour le Qatar, ces individus, prêts à tous pour fuir leur misère quotidienne, se présentent comme une véritable aubaine économique. Selon Le Parisien, certains ouvriers sont rémunérés 57 centimes de l’heure pour participer à la construction d'un stade.
La plupart de ces individus se sont vus priver de leur passeport à leur arrivée sur le sol qatari. Un moyen permissif qui permet aux autorités locales de maintenir leur pourvoir de persuasion sur une main d’œuvre bon marché. En étant dépourvus de passeport, les ouvriers étrangers n’ont qu’une seule alternative : travailler pour s’en sortir et fuir de manière clandestine.
"Un problème de papier"
Selon le ministère qatari des affaires étrangères, les deux chercheurs britanniques sont "interrogés pour avoir enfreint des dispositions de la loi" du Qatar. Le communiqué, transmis par les autorités locales, souligne que "toutes les actions prises à l'encontre des deux Britanniques le sont en accord avec les principes des droits de l'Homme inscrits dans la Constitution".
Alerté par un des deux chercheurs via un message relayé sur le site internet de l'ONG norvégienne d'une situation "compliquée", le GNRD avait très rapidement tiré la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur cette disparition. M.Upadhayaya avait affirmé à travers ce message qu'il avait été arrêté pour "des problèmes de papier". Il avait tenu à rassurer ses proches en affirmant qu'il serait "bientôt à la maison".
Spécialisé dans la défense des droits de l'Homme, l'ONG Amnesty International avait même jugée cette situation "d'extrêmement préoccupante". Amnesty International s'était distingué en publiant dès l’automne 2013 un rapport pointant du doigt les méthodes « d’esclavagisme » moderne appliquées par les autorités qataries sur place.
Reste à savoir si cette double arrestation a un lien direct avec la gestion opaque de la préparation de la Coupe du Monde par l'état du Qatar.
MIPS F.M.
