MIPS FM | 00h15 | Le jour où les Jeux Olympiques comblent le service public
Association Sportive Monaco 1-1 Paris Saint-Germain
7' J.Pastore / 74' Thiago Silva (csc)
Toujours avide de sensations fortes, Claudio Ranieri a trouvé le moyen de faire tourner la tête à son homologue parisien. A l'instar d'un Mamoru Samugarochi taquin, l'entraîneur de l'AS Monaco a imposé deux partitions aux notes très différentes. En excès de confiance ou dépassé par la nouvelle composition du stratège italien, Laurent Blanc a cru à une nouvelle imposture et s'est distingué par des changements tardifs inefficaces. Retour sur les tribulations d'un mélomane en mal de titres sur la scène nationale et européenne.
Ranieri et la stratégie de la pression passive
Pour montrer la voie aux jeunes attaquants monégasques, George Weah se présente sur la pelouse du stade Louis II. "Mister George" éclabousse de son charisme une enceinte pleine à craquer. Privé de Radamel Falcao depuis la mi-janvier, Claudio Ranieri a revu sa tactique. Exit le milieu en losange et retour à un milieu à plat avec une paire défensive composé de Jérémy Toulalan et Joao Moutinho. Adoubé depuis le début de l'année civile par Claudio Ranieri, Geoffrey Kondogbia fait les frais de ce changement de mélodie.
La tactique du stratège italien est simple: maintenir un positionnement haut sur le terrain et exercer un pressing passif. Pour ce faire, Claudio Ranieri exige aux deux attaquants de pointe accompagnés des deux hommes de couloirs de créer un véritable étau pour presser les relanceurs adverses tout en refusant un contact physique. Marco Verratti y perdra quelques plumes - coupable d'un nouveau grigri - et permettra à Emmanuel Rivière de vendanger une belle occasion de but au quart d'heure de jeu.
Malgré un bloc équipe compact et discipliné, la partition imaginée par le coach monégasque n'est pas tout à fait maîtrisée par la défense au cours de la première mi-temps. Malgré une ligne de récupération positionnée à 56 mètres, la ligne défensive de l'AS Monaco se montre friable. De retour de blessure, Ricardo Carvalho est déclaré très rapidement inapte à la pratique de la défense à plat. Son partenaire de charnière centrale Éric Abidal - qui se permettra de créer un dribble à cinq mètres de ses propres cages - éprouvera également toutes les peines du monde à maîtriser la nouvelle partition imposée par Ranieri. La sanction tombe sur la première occasion parisienne de la rencontre.
Suite à une interception - involontairement de la main - de Valère Germain dans la surface de réparation monégasque, le Paris Saint-Germain bénéficie d'un corner. Thiago Motta se charge de le frapper directement - les autres seront effectués à la rémoise. Alex profite du marquage laxiste de Ricardo Carvalho pour prolonger le ballon vers le second poteau. Étrangement seul à deux mètres des cages, Javier Pastore transforme l'essai de la tête. Le dixième but des parisiens sur corner cette saison. Un record. Le premier but pour l'international argentin depuis avril 2013. Un accouchement orgasmique.
Ranieri et le revirement tactique
Après dix premières minutes de sieste, les coéquipiers de Joao Moutinho se décident à durcir le pressing et à prendre le jeu à leur compte. L'espace de quinze minutes.
Bien servi par Emmanuel Rivière, l'international portugais sonne la révolte avec une frappe à l'entrée de la surface de réparation parisienne. Gregory Van der Wiel déviera la trajectoire. Trois minutes plus tard, Rivière bénéficiera d'un double face-à-face avec le portier parisien. Raté.
Passée la vague monégasque, les parisiens redeviennent maître du ballon. Zlatan Ibrahimovic se chargera de faire chauffer les gants du gardien de Monaco sur deux coups franc (22' et 38'). Titulaire pour la dixième fois cette saison, Javier Pastore - positionné sur l'aile gauche - a respecté à la lettre les consignes données par l'entraîneur du Paris Saint-Germain. Son alter-ego du côté gauche, Lucas, aidera un Gregory Van der Wiel à la peine. A défaut d'être efficaces sur le plan offensif, les efforts de repli des deux ailiers permettront au Paris Saint-Germain de conserver un avantage précieux jusqu'à la mi-temps. Conscient de l'inefficacité de ce brouillon de partition, Claudio Ranieri profitera de l’entracte pour utiliser une nouvelle clé de sol. Geoffrey Kondogbia sera sa première note.
Le changement de cap intervient donc à la mi-temps. Las de voir son milieu de terrain subir les vagues du triangle des Bermudes adversaire – Thiago Motta, Marco Verratti et Blaise Matuidi, l’entraîneur monégasque choisit la carte du rééquilibrage. Claudio Ranieri effectuera une greffe de Kondogbia au duo Joao Moutinho-Jérémy Toulalan. Le trio parisien se fera un malin plaisir de baptiser l’international français d’un taureau inédit dans le championnat français. Accompagné de Lucas, les trois milieux parisiens élimineront quatre joueurs et gagneront quinze mètres grâce à quatre jeux en triangle en vingt secondes. De l’art. Geoffrey Kondogbia se vengera à l’heure de jeu avec une frappe contrée qui trompera la vigilance de Salvatore Sirigu. Le portier parisien se rattrapera dans la seconde pour éviter un but casquette. L’heure choisie par l’entraîneur monégasque pour lancer le final de sa symphonie.
Ranieri et la culture du faux-rythme
Malin comme un vieux romain, Claudio Ranieri imposera un air de faux rythme aux parisiens pour la dernière demi-heure. Son homologue parisien maniera la baguette avec moins de dextérité. La sortie de Marco Verratti pour un Yohan Cabaye encore inhabitué aux joutes tactiques du Paris Saint-Germain a dénaturé le jeu du milieu de terrain parisien. Le choix de faire rentrer Jérémy Ménez à quinze de minutes de la fin illustrera ce rapport de force déséquilibré. L’ex-meneur de jeu de l’AS Monaco ne se mettra jamais au niveau de son prédécesseur Javier Pastore. Pis ! Ménez sera à la base de l’égalisation monégasque.
Après un bon échange entre Joao Moutinho et James Rodriguez à une trentaine de mètres des cages adverses, Fabinho est lancé dans le dos de la défense parisienne. Jérémy Ménez se contente de suivre du regard l’arrière droit monégasque. Cet "acte de présence" sera fatal à son équipe. Pour son futur au sein du club aussi. Le centre du brésilien est dévié dans ses propres cages par son compatriote Thiago Silva. Après avoir contré trois frappes en l’espace de cinq minutes en fin de première période et au début de la seconde, le capitaine de la Ville Lumière s’incline à une vingtaine de minutes du terme de la rencontre.
La rentrée de Dimitri Berbatov (63e) et une frappe à bout portant de Ibrahimovic sur Subasic (90e) seront les deux autres tentatives de coups de théâtre d’une deuxième mi-temps pauvre en qualité et en actions franches.
Maître de son sujet dans un premier temps puis en panne d'inspiration, le Paris Saint-Germain perd l’occasion de distancer son adversaire du soir. Claudio Ranieri, qui avait qualifié cette rencontre de « match amical » a dû apprécier la prestation de ses joueurs. L’AS Monaco maintient un écart de cinq points avec l’ogre parisien. Les quelques fausses notes entendues ce soir ne sont que l’illustration du début d’apprentissage du plus haut niveau d’une équipe qui était encore en Ligue 2 il y a neuf mois. Un temps pris par les supporters parisiens pour attendre un nouveau but de Pastore. Un art de la patience en cours d’apprentissage du côté du Rocher. Le vieux briscard en dicte la mélodie.
MIPS F.M
