MIPS FM | 10h30 | Le lendemain du tour de manège accordé par Barack Obama à son ami François
Cinq buts encaissés dans un derby à double confrontation, Copa del Rey oblige. La valise est lourde du côté du club "populaire" du sud de la capitale espagnole. Intraitable en championnat avec une position de leader après vingt-quatre journées, efficace au cours de la phase de poules de la Ligue des Champions avec six victoires en autant de rencontres, l'Atlético Madrid est frappé d'une léthargie maladive face à l'autre club de la ville, le Real Madrid. Simple complexe d'infériorité ou gestion assumée d'un calendrier démentiel, toujours est-il que l'Atlético a perdu deux matchs en sept jours face à son ennemi juré. Tentative de diagnostic des maux ressentis par le futur champion de la Liga espagnole.
Sept jours et une "manita" plus tard
21h50, le 28 septembre 2013 au stade Santiago Bernabéu. L'Atlético Madrid met fin à près de quinze ans de disette face au Real Madrid en Liga. Plus qu'une victoire, la confirmation que les rojiblancos font partis des favoris du championnat après leur triomphe en Copa del Rey trois mois plus tôt face... au Real Madrid.
Cinq mois plus tard et une qualification en 1/8e de finale de la Ligue des Champions dans la poche, le constat face au voisin madrilène est contrasté. La confrontation des deux équipes en demi-finale de la Copa del Rey a mis en lumière le complexe d'infériorité des Colcheneros. El Cholo s'est incliné face à la rigueur tactique Made in Italie de l'entraîneur du Real Madrid. Carlo Ancelotti, a mis en sommeil, deux fois en une semaine, les tentatives de nuisance de son adversaire.
Pour le match aller, le coach des rojiblancos s'était reposé sur son atout n°1: l'agressivité. Le coach italien avait répondu du tac au tac avec la titularisation d'un manieur de ballon en position de milieu relayeur. Accompagné dans l'entrejeu par un Luka Modric étincelant et Xabi Alonso pirlesque, Angél Di Maria a sû tenir le ballon... et mettre le pied. Etouffé par le pressing du trident de la Casa Blanca, Diego Simeone mettra de côté cette compétition dès la pause: Diego, l'ex-nouveau meneur de jeu des Colchoneros est reconduit vers le banc de touche. Mené d'un but, l'Atletico Madrid rentrera du côté des quartiers sud avec trois buts dans la musette. Premier aveu d'infériorité.
Le sort de l'Atletico était certes scellé depuis une semaine mais cet écart, quasi insurmontable, ne justifiait en rien l'état apathique des Colchoneros au cours du second acte de cette demi-finale de la Copa del Rey. Les deux buts du match retour déboucheront sur une "manita" au goût insipide.
Muet au cours du match aller sur la pelouse du Santiago Bernabéu, Cristiano Ronaldo s'est fait un malin plaisir de rattraper cette accro. En inscrivant un doublé en un quart d'heure (7e et 16e sur penalty), l'international portugais éteindra les timides espoirs de "remontada" espérée par les supporters de l'Atlético. Les joueurs rojiblancos mettront le reste du match à profit pour effectuer un décrassage nocturne. Une gifle pour les fans. Un soulagement pour Diego Simeone.
"Je préfère gagner la Liga que la Copa"
Troisième du classement avec le même nombre de points (57) que les deux locomotives, le FC Barcelone et le Real Madrid, l'autre club de la capitale se met à rêver plus grand. Et gère ses compétitions.
Pour comprendre la prestation des Colchoneros au cours de cette demi-finale de la Coupe du Roi, il faut tendre l'oreille vers le président de l'Atletico Madrid à quelques minutes du second acte. "Entre la Copa del Rey et la Liga, je préfère gagner la Liga". Enrique Cerezo justifie le choix de son entraîneur: la gestion du calendrier et de l'effectif.
Le match retour n'existait plus dans les têtes des dirigeants. De l'entraîneur. Et forcément des joueurs. Diego Simeone constatera les dégâts en fin de match. "Mes joueurs ont tenté de ne pas perdre la face en seconde période". Pari perdu.
Le dernier titre de champion d'Espagne pour l'Atlético date de 1996. Une éternité à combler qui justifierait ce troc avec son ennemi juré: je te laisse la Copa, tu me donnes la Liga. Alors que les madridistas pensent exclusivement à la conquête de la « décima » en Ligue des Champions, cet accord risque d’être mis à mal par le troisième larron, j’ai nommé le FC Barcelone. Un échange de bons procédés qui s'avère plus complexe qu’une simple transmission de "maletas".
Une gestion du calendrier démentiel et d'un effectif qui court
Avec dix matchs prévus en un mois - dont une confrontation contre le Milan AC en 1/8e de Ligue des Champions le 19 février, l'entraîneur de l'Atlético Madrid était dans l'obligation d'imposer une rotation au sein de son effectif. Exit donc Diego Costa, son buteur providentiel pour le match retour de la Copa del Rey. Le turque Arda Turan était aussi préservé pour les prochaines échéances. Les deux hommes ne rentreront pas sur la pelouse du Vicente Calderón ce soir-là. Plus qu'un turnover, Diego Simeone pense à la gestion d'un temps qui court... et qui épuise les organismes.
Basé sur des efforts physiques violents et répétitifs, le jeu prôné par le coach argentin a fini par convaincre Joshua Guilavogui à rentrer au bercail. L'international français acheté à prix d'or - 10 millions d'euros - à l'été 2013 est reparti six mois plus tard du côté de Saint-Etienne sous la forme d'un prêt.
Ce problème résolu, les dirigeants rojiblancos s'affaireraient aujourd'hui au transfert définitif du gardien de but Thibault Courtois. Prêté depuis trois saisons par la formation anglaise de Chelsea, l'international belge de 21 ans se verrait bien prolonger son bail du côté du fleuve Manzanares. Les tractations seraient en cours entre les deux clubs. Le retour - toujours sous forme d'un prêt - de Diego sonne comme un besoin soudain pour le coach d'ajouter de la technique à un milieu de terrain qualifié souvent de "boucher" par les observateurs espagnols.
Présents sur deux tableaux, l'Atlético Madrid peut rêver en cette année de Coupe du Monde au Brésil de gloire et de succès. Rester concentré et solidaire au cours de la deuxième partie de la saison seront les conditions sine qua non à la conquête d'un nouveau titre pour les rojiblancos. Cette course vers le titre de champion d'Espagne passera par une nouvelle confrontation face au Real Madrid le 2 mars prochain. Ce serait une première depuis 1996.
MIPS F.M
