MIPS FM | 16h43 | Le jour où la mascarade du pouvoir ukrainien prit fin... et Sochi avec
La logique des chiffres est implacable. Pour les équipes du championnat de France en tout cas. Toujours en lice dans une compétition européenne - la Ligue des Champions, excusez du peu - le Paris Saint-Germain déroge à la règle de l'absence de victoire après un match de coupe d'Europe. Face à des toulousains entreprenants et galvanisés suite à leur victoire le week-end précédent sur la pelouse du FC Lorient, les hommes de Laurent Blanc, positionnés en 4-4-2 en losange se sont heurtés à une tactique originale en Ligue 1 : le 3-5-2 offensif. Malgré deux beaux buts toulousains marqués par Wissam Ben Yedder, le Paris Saint-Germain a réussi à déjouer le piège tendu par Alain Casanova et son armée rose. Retour sur un spectacle singulier sur les pelouses de Ligue 1 et qui réservé de belles étincelles, prise de risques tactiques oblige.
Casanova, ou la tactique à la sauce Football Manager
Leader du championnat de France avec deux points d'avance sur l'AS Monaco, quasiment qualifié - dès le match aller - pour le tour suivant de la Ligue des Champions suite à une victoire éclatante sur la pelouse du Bayer Leverkusen (0-4, le 18 février), le Paris Saint-Germain se présente en terre toulousaine avec un paquet de certitudes. Plus fidèle aux principes de jeu hexagonaux qu'à la maîtrise de la langue de Molière, Laurent Blanc reprend les mêmes acteurs de cette réussite pour maximiser ses chances. L'ancien sélectionneur de l'équipe de France se repose donc sur un 4-4-2 en losange avec une liberté offensive laissée au trio de luxe - Ibrahimovic, Lavezzi et Lucas, accompagné de Blaise Matuidi. Baignant dans une arrogante confiance, le club de la Ville Lumière va se heurter à une armée toulousaine aux velléités offensives et la tactique tout aussi bien huilée.
Pour mener à bien son plan, Alain Casanova se repose sur son immuable 3-5-2 mise en place dès le début de la saison. Tout droit sorti d'un conseil tactique à la sauce Football Manager, le dispositif repose sur une bonne assise défensive avec trois joueurs rapprochés, - Uros Spajic, Dusan Veskovac et Steeve Yago ce jour-là - un chien de garde au milieu de terrain en la personne de Abel Aguilar, trois joueurs créatifs dont Etienne Didot et Wissam Ben Yedder et deux coureurs de fond aux origines kényanes. Vif et entreprenant sur son côté gauche, Jean-Daniel Akpa-Akpro sera bien bloqué par Grégory Van der Wiel. Mais l'attraction de l'après-midi est à retrouver sur le flanc droit.
Aurier, le soldat rose aux gros poumons
Nommé capitaine d'un jour par Alain Casanova - qui a choisi de placer Jonathan Zebina sur le banc de touche - Serge Aurier redoublera de bravoure et de professionnalisme pour sonner la charge au cours de cette rencontre, d'une manière plus douce que les charges de l'armée ukrainienne. Récompensé par son entraîneur du port du brassard suite à d'excellentes prestations, l'ancien joueur du RC Lens prendra son rôle à cœur - voire un peu trop au goût de l’arbitre Nicolas Rainville qui lui adressera un avertissement suite à de vives protestations. Il profitera même des espaces crées par les montées combinées de Maxwell et Blaise Matuidi pour prendre l'aile et semer le trouble dans une défense parisienne en dilettante.
Peu avare d'efforts, le soldat rose aux gros poumons sera à l'origine du premier but toulousain avec une récupération de balle pleine de rage dans les pieds de Blaise Matuidi à vingt mètres des cages parisiennes. Etienne Didot profitera du travail de sape de son capitaine pour déborder et distiller un amour de centre à Wissam Ben Yedder, esseulé au deuxième poteau. L'ancien joueur de futsal achèvera l'action d'une demi-volée imparable pour égaliser juste avant la mi-temps (44'). Suite à un bon travail de Martin Braithwaite, l'international espoir inscrira même un doublé (72'). Un but qui sera refusé dans un premier temps par le corps arbitral - pour une position de hors-jeu de Ben Yedder - puis validé, Thiago Motta ayant dévié le ballon de Braithwaite.
Seulement voilà, malgré un raté de Thiago Silva (43') et un Verratti peu à son aise, l'équipe adverse est dotée dans ses rangs de talents individuels qui lui permettent de déjouer tous les pièges, même les plus innovants. Et une perle rare: Zlatan Ibrahimovic.
Quand Ibrahimovic carbure au diesel, le Paris Saint-Germain prend son temps
Quand le collectif est en panne d'inspiration, le commandant en chef Ibrahimovic vole au secours des âmes en peine. Après une première demi-heure où ses coéquipiers ont abusé de longs ballons tièdes, l'international suédois se chargera de montrer le chemin à la 31e minute sur penalty. Après cette ouverture du score, l'ancien joueur de l'Ajax Amsterdam prendra en charge le commandement des actions offensives en qualité de meneur de jeu. Ezequiel Lavezzi campera le rôle de l’attaquant de pointe et Blaise Matuidi celui d'ailier gauche. Cinq minutes avant la mi-temps, ce dernier tentera de rendre la monnaie de sa pièce à Serge Aurier mais sa frappe sera détournée sur le poteau par le gardien Zacharie Boucher.
Thiago Motta se contentera de temps en temps de découper l'aile, non sans être repris à l'ordre par M.Rainville. Malin comme Scapin, l’international italien s’en sortira sans le moindre avertissement.
Attiré par le cuir et maître du jeu parisien, le positionnement de la grosse cuisse suédoise gênera considérablement les défenseurs toulousains, Dusan Veskovac le premier. Le serbe sera en retard sur le deuxième but parisien marqué par Ezequiel Lavezzi (56') et sur le doublé de Zlatan Ibrahimovic, suite à un coup-franc de Yohan Cabaye (68'), entré en jeu deux minutes auparavant.
Suite à une occasion gâchée par Ben Yedder, le chasseur suédois punira ses adversaires avec la transformation d'un nouveau penalty, cette fois en deux temps, la tentative de panenka ayant été stoppée par le gardien toulousain. Second triplé pour Ibrahimovic en 2014 après celui infligé en janvier au Stade brestois en 32ème de finale de Coupe de France. Le spectacle se terminera sur la rentrée d'Adrien Rabiot, un ancien pensionnaire de la Ville Rose.
Grâce aux 23, 24 et 25ème buts du numéro 10 parisien en championnat cette saison, le Paris Saint-Germain s'impose 4 à 2 sur la pelouse du Stadium et prend cinq points d'avance sur son dauphin, l'AS Monaco, victorieuse du Stade de Reims dans les ultimes secondes du match disputé vendredi soir.
Auteur d'une prestation convaincante, la bande à Aurier peut voir plus haut malgré ses 33 unités au compteur. Faisant preuve trop souvent de naïveté, les hommes d'Alain Casanova peuvent miser sur l'accumulation des matchs et le plein d'expériences pour progresser. Et rêver plus grand.
MIPS F.M
« On a été efficace, on ne s’est pas procuré énormément d’occasions, on a marque quatre buts dont deux penalties et un sur coup de pied arrêté, ce qui est une de nos forces je pense. Marquer des buts est la chose la plus difficile. On en marque huit en deux matchs, l’entraîneur est plutôt content sur le plan offensif. »
Laurent Blanc, réaction suite à la victoire du Paris Saint-Germain sur la pelouse du Toulouse Football Club (23 février 2014)