MIPS FM | 22h45 | Le soir où Berbatov choisit la France comme terre d'exil (et Marange le rapatriement...)
Paris Saint-Germain 2-0 Football Club des Girondins de Bordeaux
58' Ibrahimovic / 88' Alex
Les hommes de Laurent Blanc ont mis près d'une heure à concrétiser leur domination sans partage au cours de cette opposition face aux Girondins de Bordeaux ce soir. Gênés par le dispositif ultra-défensif mis en place par Francis Gillot, le club parisien a tâtonné et a remis son destin entre les mains des stars. Lucas et Matuidi ont volé - avec un retard certain - à son secours. Retour sur un saut de verrou en quatre étapes pour le Paris Saint-Germain.
CAmBAYE et autres gadgets insipides
A chaque journée de championnat son lot de dispositifs spéciaux et autres faits surprenants. En la matière, la chaîne du foot, j'ai nommé Canal Plus n'est pas à son premier coup d'essai. Pour marquer l'arrivée au Paris Saint-Germain - et le retour en France - de Yohan Cabaye, la chaîne cryptée a décidé de faire dans le réchauffé. Après la Beck'Cam, dispositif exceptionnel sorti de derrière les fagots pour marquer l'arrivée en fanfares du Spice Boy, Canal Plus a mis au point la CAmBAYE. Une fois relevé l'écorchement du nom du nouveau venu du côté du Camp des Loges, le téléspectateur peut se délecter des images proposées par les caméras présentes au quatre coins du rectangle vert parisien. Et du jeu proposé par le Paris Saint-Germain. Au cours de la première demi-heure, les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic s'attachent à effacer la piètre prestation de la semaine dernière à Guingamp. En témoigne le nombre de passes réussies par l'équipe parisienne: quatre fois plus que leur adversaire du soir. Mais 200 passes réussies en 25 minutes ne garantissent pas une avance au tableau d'affichage. Malgré la bonne volonté d'un Lucas virevoltant et entreprenant ce soir-là, et un Matuidi incisif, le Paris Saint-Germain se heurte à un bloc défensif discipliné.
Blaise Matuidi fut bien le seul à surnager - excepté Thiago Motta - dans un milieu de terrain se contentant du minimum syndical au cours d'une première période sérieuse mais sans folie. En phase avec ses principes de jeu, le "kényan" de Paname imposa son physique, fit preuve d'abnégation et couvrit les pertes de balles de son alter-ego d'un soir, un certain Javier Pastore. Face à la pâle copie discount girondine Landry N'Guémo, l'international français, dont le bail le liant au Paris Saint-Germain expire en juin prochain fut l'auteur d'un match plein et sérieux. Un signe de plus envers les dirigeants parisiens, histoire de recevoir une nouvelle proposition de contrat à la hauteur de son rendement.
Un rendement loin d'être satisfaisant au niveau offensif: Ibrahimovic manque de puissance et de vitesse - un comble pour un joueur qui a marqué 45 buts en deux fois moins de temps qu'un certain Pedro Miguel Pauleta, Lucas et Pastore font saliver les papilles des convives de leurs dribbles alléchants et leurs coups d'éclat - en témoigne la superbe talonnade de l'argentin tentée en pleine surface de réparation en faveur de son coéquipier Maxwell - mais ne sert pas tous les plats à table. Un manque de régularité et de justesse qui se retrouve également du côté des centreurs.
Le rendement des arrières d'ailes n'arrange rien à l'affaire: trois malheureux centres au total ont été effectué par la paire Maxwell-Van der Wiel. Une misère. Sur le banc, Yohan Cabaye et Lucas Digne se rappellent au bon souvenir du stadium Nord de Villeneuve d'Ascq en toute décontraction et franche rigolade. Côté terrain, la prestation parisienne est brouillonne, les joueurs font grise mine. Pour couronner le tout, au renvoi des vingt-deux acteurs au vestiaire par Monsieur Chapron, le Parc des Princes n'hésite pas à siffler sa pluie de stars. Une première cette saison. Du coup, les bordelais croient en leur chance, Julien Faubert en porte-parole: "On a toutes nos chances."
Ibrahimovic et la bipolarité aiguë
Les débats reprennent sur les mêmes bases au retour des vestiaires. Agacée par le manque d'efficacité de son onze de départ, la paire Blanc-Gasset demande à Jérémy Ménez, Ezequiel Lavezzi et le nouveau Yohan Cabaye. Cette triple sortie du banc va réveiller l'armada offensive de la ville lumière. Et Lucas se présente comme le meneur de ce sursaut. Après deux tentatives de passes - un centre et un corner - totalement manquées, l'international brésilien, bien décalé par Mister Mizuno, fait enfin preuve de justesse dans la dernière place. Grondé trente secondes auparavant par un Zlatan Ibrahimovic mécontent du manque d'application de son comparse d'attaque, l'ailier parisien prend son temps pour servir proprement le numéro 10 suédois. Libre de tout marquage, le meilleur buteur du championnat ne se fait pas prier pour catapulter le ballon au fond des filets d'un Cédric Carrasso laissé à l'abandon par sa défense. Auteur de son dix-huitième but cette saison, le géant suédois retrouve dans la seconde son sourire et le Parc se remet à chanter. Son équipe mène au score. Soulagé mais loin d'être libéré, les supporters vont voir Pastore et Lucas s'empaler tour à tour sur une défense bordelaise placée très bas sur le terrain tout au long du match. Les hommes de Laurent Blanc se heurteront à un nouveau problème de taille avec la blessure d'Edinson Cavani à la 65ème minute. L'attaquant uruguayen souffrirait d'une élongation de la cuisse dans le meilleur des cas, d'une déchirure pour les plus pessimistes. Quoiqu'il en soit, le numéro 9 parisien est d'ores et déjà forfait pour le déplacement du Paris Saint-Germain à Monaco le 9 février prochain.
Mariage pluvieux, mariage heureux
Après une bonne heure de jeu à découvrir le banc des remplaçants laissé à disposition des visiteurs, Guillaume Hoarau est appelé par son entraîneur Francis Gillot à faire son retour sur la pelouse du Parc des Princes. Le public scandait son nom à la 9ème minute - en référence au numéro 9 qu'il portait sous les couleurs parisiennes - et l'applaudira à son entrée. Un beau moment pour le Réunionnais. "Ca fait plaisir. C'est émouvant C'est tout simplement l'un des meilleurs publics de France. J'ai passé de beaux moments ici." Cette pause nostalgie fût vite éclipsée par la rentrée de la star du soir. Laurent Blanc, lasse du manque de justesse des milieux parisiens décide d'effectuer un second changement. Exit Javier Pastore et bonsoir Yohan Cabaye. Le nouveau venu, sobre comme à son habitude, reçoit poliment les encouragements d'El Flaco, - "Bon match - du public et se met tout de suite au travail. Passes précises, placement parfait, disponibilité illimitée... l'ancien meneur de jeu de Newcastle se met au diapason d'un effectif au jeu léché et bien rodé. Le summum de sa présentation d'une vingtaine de minutes intervient à la 85ème minute. Présent dans la surface de réparation, Cabaye profite d'un centre venant de la droite bien travaillé pour placer sa tête. Le poteau retardera son offrande tant espérée par le Parc des Princes. Un "ancien" de la maison parisienne se chargera de terminer le travail.
Le sauveur Alex remet ça
Alex remet ça. Sur un nouveau corner frappé par l'homme du match, le "bulldozer" brésilien coupe la trajectoire du ballon au premier poteau du premier droit. Grâce à ce deuxième but inscrit en deux semaines par l'enfant de Niteroi, le Paris Saint-Germain se met définitivement à l'abri à deux minutes de la fin du temps réglementaire. Lucas bouclera la sortie parisienne du soir par à un dernier raide solitaire à la finalisation brouillonne, justifiant les 35 ballons perdues en 65 ballons joués au cours des quatre-vingt premières minutes de jeu.
Le club de la capitale n'aura pas été brillant mais de nouveau sérieux et efficace. Laurent Blanc s'en contentera.
MIPS F.M
