MIPS FM | 23h15 | La veille d'un début de semaine...
Association Sportive Monégasque 2-0 Olympique de Marseille
41' V.Germain / 57' E.Rivière
La pelouse était belle, fraîchement coupée. Le spectre des années 2000 et du parking souterrain justifiant de la médiocrité du rectangle vert monégasque appartient aujourd'hui à la légende. L'AS Monaco accueillait l'Olympique de Marseille dans un stade Louis II comble. Les vingt-deux acteurs réunis sur la pelouse détenaient toutes les cartes en main pour produire un spectacle digne de ce nom. C'était sans compter sur le niveau intrinsèque des joueurs. Retour sur un match qui sent bon le retour de boîte de nuit sans femme.
Le fantôme Falcao
La réplique était trop belle pour être vraie. Un premier signe de cette pâle imitation artistique réside dans l'absence d'un élément indispensable à la beauté d'un tableau: une muse. Leonard de Vinci avait sa Joconde. Claudio Ranieri possède le Falcao. Malheureusement, son diamant brut subit mercredi dernier la maltraitance d'un amateur de beaux-arts rhônalpin. Résultat: rupture des ligaments croisés et six mois d'arrêt. Joueur au talent inestimable, l'attaquant colombien comptait neuf buts au compteur cette saison. De France en Colombie, en passant par l'Espagne, l'annonce de la blessure d'El Tigre se propagea comme une onde de choc. L'homme, qui ne sera pas opérationnel pour la Coupe du Monde en juin prochain est déjà regretté par ses compatriotes colombiens. Le stade Louis II lui rend un bel hommage en début de rencontre avec t-shirt et banderoles à son effigie. Visiblement tétanisé par ce trop plein d'émotions, les joueurs du Rocher mettent une vingtaine de minutes avant de se montrer dangereux. Une éternité.
Privé de Nicolas N'Koulou, les joueurs du nouvel entraîneur intérimaire de l'Olympique de Marseille, un certain José Anigo ont eu toutes les peines du monde à préserver leur cage inviolée au cours du premier acte. Malgré deux bonnes interventions de la part de Lucas Mendes - seul membre de la défense phocéenne à surnager au cours de cette rencontre - dans les vingt premières minutes, le collectif marseillais prend petit à petit à l'eau. Le vétéran Souleymane Diawara, aidé de son élève du soir Kazim Abdallah, vont oeuvrer de concert pour livrer à leurs coéquipiers un naufrage à la Titanic. La scène se déroule à l'approche de la mi-temps. Suite à une énième perte de balle du triangle magique composé de Romao, Imbula et Lemina, Moutinho s'empare du ballon aux vingt-cinq mètres et lance Valère Germain. Le lutin, aux 251 minutes de jeu en Ligue 1 depuis le début de sa carrière s'empare du cuir, élimine Diawara - lancé telle une femme sur un haut un premier jour de soldes - d'un petit ballon piqué puis crochète son petit frère Abdallah pour se recadrer face aux buts de Steve Mandanda. Le reste n'est qu'une formalité avec une frappe enroulée du pied droit. Une finition parfaite du petit prince monégasque qui permet à l'ASM de prendre l'avantage juste avant la mi-temps. Et à Anigo de chercher les poux qui traîneraient encore sur son crâne dégarni.
Le fantôme Diawara
Au retour des vestiaires, le coach Anigo choisit de mépriser le style Hollande du changement en prônant l'inébranlable stratégie de l'immobilisme. Pour se faire, le couple Diawara-Abdallah garde ses positions et ses principes singuliers. L'effet est proche du néant et la sanction immédiate. Suite à un bon échange entre Kondogbia - livrant une prestation de bonne facture - et Moutinho, l'international français récupère le cuir. La défense lui laisse tout le temps nécessaire pour trouver Rivière. Délaissé par les deux stars du soir de la défense marseillaise, l'attaquant ne se fait pas prier et envoie le ballon au fond des filets d'un capitaine Mandanda abandonné. L'action indolore de José Anigo se confirme alors au tableau d'affichage. La politique mise en place par les dirigeants marseillais en début de saison montre une fois de plus ses limites.
Chéri(e), tu peux zapper, je vais me coucher
Visiblement marquées par la prestation livrée la veille par leurs collègues parisiens et guingampais sur la pelouse du Roudourou, les deux formations du soir décident de s'en inspirer. Avec un art du mimétisme d'une qualité rare, les vingt-deux acteurs reproduisent à la perfection les gestes de leurs homologues effectués la veille. Passes ratées dont Abdallah a le secret, gestes techniques non-maîtrisés avec une mention spéciale pour l'aile de pigeon tentée - et tristement manquée - aux six mètres par Mathieu Valbuena... et la liste serait longue à présenter. Un remake dont les 2.000 supporters olympiens présents au Louis II se seraient bien passés. Le score n'évoluera pas et les marseillais rentrent bredouilles de leur escapade azuréenne. Gignac restera quelques minutes seul, en boule sur la pelouse. La mine des mauvais soirs pour le buteur phocéen. Le Roi Falcao, seul sur son lit d'hôpital a apprécié la victoire monégasque mais a dû s'embêter comme jamais. Et le téléspectateur aussi. Il est temps de penser à un éventuel remaniement du côté de l'Olympique de Marseille, histoire d'anticiper un éventuel - bien qu'hypothétique - soulèvement du peuple bleu et blanc. Le cache-misère ne fait illusion qu'un temps. #RendeznousleFalcao !
MIPS F.M
