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La Chambre régionale des comptes livre un rapport pointant la rémunération du septuple champion du monde de judo.
Le budget du sport de la ville de Levallois-Perret se montrerait généreuse avec ses champions. La Chambre régionale des comptes (CRC), dans un rapport rendu publique le lundi 22 juin prochain, se questionne sur le traitement avantageux dont bénéficie le champion de judo selon des informations rapportées par France Bleu et Le Parisien. La CRC justifie sa position par l'absence de Teddy Riner au Levallois Sporting Club (LSC). Le sportif ne s'y entraîne pas et participe très peu aux compétitions d'un club "essentiellement financé par la ville".
Teddy Riner a été récompensé de ses nombreuses victoires au niveau mondial. Licencié au LSC depuis 2009, le judoka français a vu son salaire "plus que doubler depuis lors pour atteindre des niveaux jamais vus dans ce sport", affirme France Bleu. Les juges estiment que la présence de "M.Y" (nom de code de Teddy Riner dans le rapport), "censée accroître le rayonnement national et international du club et de la ville", n'a pas d'impact significatif sur les "recettes issues des sponsors privés, mais a lourdement pesé sur la masse salariale du club".
24 000 euros, une voiture et un appartement
Le LSC verse un salaire de 24 000 euros de salaire net par mois, met à disposition une voiture et un appartement et prend en charge le paiement de la taxe d'habitation de Teddy Riner. Un salaire jugé "indécent et insupportable" pour un ancien président du club sportif de Levallois interrogé par France Bleu. Sous couvert d'anonymat, l'ex-dirigeant précise que Teddy Riner est surtout "présent sur les feuilles de paie" du LSC, l'athlète s'entraînant, comme tous les autres judokas de l'équipe de France, à l'INSEP situé dans les bois de Vincennes (Val-de-Marne).
Les juges de la CRC s'étonne aussi d'autres problèmes dans le fonctionnement du club francilien. Le magazine Challenges relève la "participation active" sans "fondement" du maire et "président d'honneur" Patrick Balkany au conseil d'administration du LSC, l'organisation de manifestations sportives commerciales dans des locaux municipaux mis à disposition "à titre gracieux" ou 'la situation de dépendance financière (du club) vis-à-vis de la ville". Le club connaît "régulièrement des problèmes de fins de mois", indique la CRC relevant la "charge significative" qu'impose "le recrutement d'un judoka professionnel de tout premier rang mondial" au sein du club de sport. Le LSC a dû accepter "plusieurs fois ces dernières années" l'aide de la ville.
La municipalité de Levallois-Perret contribue aux recettes de fonctionnement à hauteur de 50%, contre 25% pour les cotisations. La subvention municipale accordée au LSC avait atteint la somme exceptionnelle de 6,1 millions d'euros en 2014.
