MIPS FM | 23h00 | Le jour où Libération assume son leitmotiv
Liverpool Football Club 5-1 Arsenal Football Club
1' M.Skrtel / 10' M.Skrtel / 16' Raheem Sterling / 20' Daniel Sturridge / 52' Raheem Sterling / 69' Mikel Arteta
8 février 2014. 20 minutes. 4-0 pour Liverpool face à Arsenal. Même le professeur M'Baye, premier marabout de France ne s'était pas risqué à une telle prédiction. En visite sur la pelouse d'Anfield en position de leader, Arsenal s'est lourdement inclinée face à une équipe de Liverpool intraitable. À la rue du début à la fin, les gunners avaient visiblement laissé leur arsenal de jeu à la maison. Vingt ridicules minutes où Arsenal s'est rendu coupable d'un naufrage collectif et psychologique devant les caméras de la Premier League... diffusé dans une centaine de pays - sans compter les streaming players. Retour sur une rencontre qui restera dans l'histoire de Liverpool, de la Premier League... et d'Arsenal aussi.
8 février 2014: la première fois où Skrtel marqua deux buts dans les bonnes cages
59 secondes. Les cinquante-neuf premières secondes de la rencontre sont mises à profit par les joueurs de Brendan Rodgers pour faire sauter les verrous de la défense adversaire. Son homologue Arsène Wenger s'était contenté de ramener dans ses bagages quatre verrous en papier bulle. À trente mètres de ses cages, le premier des quatre verrous justifie sa note de 11 sur 20 en accélération sur FIFA 2014. Suite à une vulgaire touche effectuée par le lanceur de poids Aly Cissokho à 80 mètres des cages d'Arsenal, Per Mertesacker retient par l'épaule un Suarez virevoltant sur le côté gauche. Steven Gerrard saisit l'aubaine pour mettre la pagaille dans la surface de réparation. Son coup-franc - excellemment frappé - trompe la vigilance du deuxième verrou Arteta qui ne peut qu'effleurer le ballon. Lancé à pleine vitesse, Martin Skrtel, laissé libre de ses mouvements dans la surface de but par le troisième verrou Laurent Koscielny, catapulte le ballon dans les filets des gunners. Le denier verrou Wojciech Szczesny ne peut que constater les dégâts. L'international slovaque, déjà buteur au match aller ouvre le score à la plus grande joie de ses supporters.
Neuf minutes plus tard, le duo des braqueurs Gerrard-Skrtel remet le couvert. Le premier est toujours à la confection du plat. Sa recette est scolaire: un corner frappé avec application en direction du point de penalty. Le second se contente d'assurer le service avec une nouvelle tête smashée. Abandonné sur le bord de la route par une défense proche du coma éthylique, Wojciech Szczesny sent que son après-midi ressemblera à un long chemin de croix. Invaincu depuis 2007 face à Liverpool, - et un triplé de Peter Crouch - les canonniers vont rapidement dépasser le mur du son... et de la honte.
8 février 2014: un match pour l'histoire de la Premier League… sans un seul but de Luis Suarez
5 minutes. Voilà le temps consenti - selon les organisateurs et la police - par les joueurs de Brendan Rodgers pour plier l'affaire. Après deux buts encaissés dans le premier quart d'heure, les gunners vont consentir à prolonger cette formidable journée Portes ouvertes. Rasheem Sterling va saisir l'opportunité à la 16ème minute. Après une perte de balle - la première d'une longue série - de Mezut Ozil dans le rond central, Henderson lance Suarez sur le côté droit. Le serial buteur, passé par l'Ajax Amsterdam, trouve Sterling dans la surface de réparation. Libre de tout marquage en compagnie de son pote Sturridge, le jeune international anglais choisit le plat du pied pour tromper Szczesny. 3-0.
Toujours selon les organisateurs, les Reds enterreront leurs adversaires deux minutes plus tard. Daniel Sturridge profite d'une offrande de Henderson. Après avoir grillé la politesse à Laurent Koscielny, l'international anglais se présente face à Szczesny. Un lob suffira à tromper le gardien des gunners. 20 minutes. 4-0. Shame on Arsenal.
Privé depuis plusieurs semaines de Lucas Leiva, le récupérateur attitré de l'équipe de Liverpool, Brendan Rodgers s'est tourné vers le capitaine Steven Gerrard pour accomplir cette tâche ingrate. Mal à l'aise face à West Bromwich Albion, l'international anglais a mis une petite semaine à se faire à ce poste de milieu défensif. Doté d'une patte de velours et d'une vision du jeu hors pair, le numéro 8 anglais s'est muté pour l'occasion en un numéro 6 "couteau suisse". Tacles rageurs et efficaces aux abords de sa surface de réparation, relances millimétrées de grande classe ou percussions qui feraient rougir un Patrick Vieira roi du Box-to-box, Steeven Gerrard a sorti l'artillerie lourde face à des canonniers désarmés. L'enfant du pays s'est saisi des clés du camion pour livrer une prestation digne de ses plus belles années - en compagnie de Xavi Alonso, Javier Masherano et autre Vladimir Smicer - sous le maillot des Reds. Ses complices du milieu de terrain Philippe Coutinho et Jordan Henderson profiteront de ce rayon de ce soleil pour livrer une prestation cinq étoiles. Sous le feu des critiques la saison dernière, l'international aux sept capes en sélection anglaise a justifié sa titularisation par Brendan Rodgers en se sublimant à côté du mythe d'un club. Steeven Gerrard n'a surement pas manqué de les féliciter au cours de la mi-temps.
6 minutes. Six minutes après le retour des vestiaires et une première période riche en émotions, les Reds vont replonger leurs adversaires dans le cauchemar. Rasheem "Livres" Sterling endosse à nouveau le rôle de bourreau. Servi par un Kolo Touré au niveau ce jour-là, Sterling déboule sur le côté gauche. L'attaquant prend son temps – bien aidé par un Per Mertesacker parti cueillir des fraises - et trompe une seconde fois le portier polonais. 51 minutes. 5-0. Une première pour Liverpool face à Arsenal depuis 1964.
Peu avant l’heure de jeu, l’attaquant de poche passera tout près d'un hat trick sur une nouvelle offrande de Steven Gerrard sur coup franc. Une tentative avortée par le gardien international de la sélection polonaise. Il retentera sa chance cinq minutes plus tard, et essuiera un nouvel échec suite à une énième chevauchée fantastique. Son coéquipier, Luis Suarez permettra à Wojciech Szczesny de briller pour une fois dans ce match. Le meilleur buteur du championnat – muet au cours de cette rencontre – avait tenté à la 63ème minute de placer un coup franc des trente-cinq mètres dans la lucarne gauche du gardien polonais. Mécontent d’avoir fait ce cadeau, Luis Suarez n’aura pas marqué dans ce match de légende et en boudera lors sa sortie à dix minutes de la fin de son terme. Pour redonner un semblant de sourire à Szczesny, ses coéquipiers vont se réveiller pour saborder les rêves de clean sheet du gardien adverse.
8 février 2014: un match pour (définitivement) comprendre pourquoi Carlo a dégagé Mezut de la maison merengue
Une vingtaine de minutes après un 5-0 humiliant immortalisé par le tableau d’affichage du stade d'Anfield, les trois milieux de terrain d'Arsenal, emmené par Alex Oxlade-Chamberlain, obtiendront un moyen de se racheter. Gerrard fait tomber AOC dans la surface de réparation. Mikel Arteta concrétise un quart d’heure de possession de balle à l’avantage de son équipe en sauvant donc l'honneur sur penalty. 68 minutes. 5-1. Une triste consolation.
Quinze minutes plus tôt, Arsène Wenger avait effectué un triple changement. Le geste paraît symbolique mais il est d'une toute autre nature. Le manager d’Arsenal pense aux prochaines échéances : trois matchs en dix jours - Manchester United le 12 février, le Bayern Munich le 19 et Sunderland le 22 - attendent les hommes de l’entraîneur alsacien. Une justification valable pour les sorties d’Olivier Giroud et Nacho Monreal. Beaucoup moins pour le fantôme d'un international allemand.
Mezut Ozil ou la politique de la transparence. Incapable de mettre le ballon au sol pour faire ressortir le bloc équipe, l'ancien meneur de jeu du Werder de Brême s'est rendu coupable d'une perte de balle au niveau du rond central amenant le troisième but de Dani "le clown" Sturridge. Avec une nonchalance assumée, l'international allemand s'est dégonflé. Excédé par ce manque de volontarisme et cette absence d’amour propre, Arsène Wenger le placera sur la liste des trois changements à une demi-heure du terme. Sans doute était-ce une des justifications avancées par l'entraîneur du Real Madrid Carlo Ancelotti auprès de son président Florentino Pérez pour le dégager à coups de pieds aux fesses à quelques heures de la fin du mercato en août 2013. Le meneur de jeu allemand ne fût guère aidé au milieu du terrain par les prestations de Mika Arteta et Santi Cazorla.
En l'absence d'Aaron Ramsey mais surtout d’un Mathieu Flamini précieux dans l’entrejeu londonien, les deux joueurs fins manieurs de ballon et artificiers de feu à leurs heures perdues, ont dû se coltiner les tâches défensives face à Liverpool. Endormis en début de rencontre, ratant un nombre incalculable de passes et de contrôles, les deux lascars d’un jour se réveilleront quatre-vingt-dix minutes plus tard avec des bosses sur la tête. Tout comme ses deux partenaires, le Mezut a sombré cette après-midi. L'ex-numéro 10 du Real Madrid est incontestablement un joueur talentueux mais le courage lui a cruellement fait défaut pour sauver la maison d'Arsenal ce 8 février 2014.
Kolo Touré faisait partie des Indestructibles d'Arsenal lors du titre conquis par les joueurs d'Arsène Wenger au terme du championnat 2003-2004. Dix ans plus tard, l'international ivoirien, aidé de ses nouveaux coéquipiers de la Mersey a fait chuter les leaders à domicile. Un Never Walk Alone à capella viendra mettre fin au cauchemar d’Arsenal. Plus qu’un revers, les gunners doivent essuyer une nouvelle humiliation après la défaite subie sur la pelouse de Manchester City (6-3) en décembre 2013. Arsène Wenger a quinze jours pour remobiliser les troupes avant d'affronter le Bayern Munich en 1/8ème de finale de la Ligue des Champions… et quatre jours avant d’accueillir Manchester City en championnat. Avec cette victoire, Liverpool met fin à une série de dix matchs sans défaite pour Arsenal et revient à cinq points de son adversaire du jour.
Partageant une limonade avec son kiné en chef, José Mourinho a dû surement apprécier la démonstration d’une équipe de Liverpool managée par son entraîneur adjoint lors de son premier bail à Chelsea… un certain Brendan Rodgers. Le manager de Liverpool peut à son tour marquer l’histoire de la Premier League...
MIPS F.M
"It's a good moment for us to win a big game [...] and stay in a strong position in the Premier League."
