MIPS FM | 10h22 | Le jour d'un nouveau record du monde au marathon de Berlin
Des bords de la Mersey léchés par le Liverpool FC au pays gallois accueillant Swansea en passant par Times Square donnant l'heure à six clubs londoniens, retrouvez chaque semaine le résumé d'une affiche de la semaine 100 % British de la Premier League.
Mips FM vous en fait la promesse : You'll never walk alone !
Deuxième coup de projecteur de #SoBritish : les débuts en mode Diesel du Liverpool version 2014-2015
Liverpool 1-1 Everton
65' Steven Gerrard / 90'+2' Phil Jagielka
Le 223e Derby de la Merseyside a tenu toutes ses promesses en ce samedi 27 septembre 2014. Du moins au niveau du suspense.
Menés au score peu après l'heure de jeu suite à un amour de coup franc de Steven Gerrard, les coéquipiers de Phil Jagielka sont revenus à la marque dans les toutes les dernières secondes de la rencontre. La touche technique s'est révélée d'une qualité moindre.
A l'instar d'un Mario Balotelli autant présent physiquement que brouillon devant les cages, les deux équipes se montreront incapables d'emballer le match et de faire la différence. Définitivement.
Everton et Liverpool se sont tout de même entendus sur un point : ils se font encore attendre dans la première partie du classement.
Retour sur une rencontre qui sentait bon la frousse.
Balotelli, super brouillon
Treize tirs. Huit hors de la surface. Deux frappes cadrées. Mario Balotelli fut loin d'être super pour son sixième match sous les couleurs des Reds.
Amateur à ses heures perdues de ballons de baudruches gonflés à l'hélium, l'international italien livrera de l'oxygène à ses coéquipiers en campant le rôle du point de fixation. Les longs ballons de Steven Gerrard ou Henderson trouveront souvent preneur grâce aux atouts physiques du bad boy d'Anfield.
Son apport se limite pour le moment à jouer des coudes et prendre en grippe ses adversaires. James McCarthy (79') et Tyias Browning (84') peuvent se targuer d'être les nouveaux amis du numéro 45 de Liverpool. Gareth Barry puis Muhamed Bešić, associés au milieu de terrain se feront un malin plaisir de faire monter dans les tours le petit protégé de Cesare Prandelli. Leur opération "pressing en alternance", opéré dès les premières minutes de la rencontre mettront à rude épreuve les nerfs de l'homme à l'emblème de son nouveau club sur le crâne.
Brendan Rodgers mise énormément sur la dernière recrue de son effectif. Mario Balotelli a eu droit à une explication de textes avec son nouveau manager à quelques jours du derby de la Mersey. La demande ? Joue-la comme Suárez.
A force de s'époumoner dans les tranchées vicieuses des Toffees, Mario Balotelli a manqué de lucidité dans le dernier geste. De frappes déclenchées inutilement depuis les trente-cinq mètres (40', 43', 59') à une tête manquée aux six mètres juste avant la mi-temps (35') en passant par le refus de priorité de une-deux avec Adam Lallana (33'), le mordant devant les cages fait défaut au successeur désigné de Luis Suárez. "Balo" est pour l'instant super brouillon.
La maladresse de Balotelli ne serait que passagère au regard des statistiques. Super Mario avait rendu une carte de 30 réalisations en 80 rencontres lors de son premier passage en Premier League entre 2009 et 2012 sous les couleurs de Manchester City. Il restait sur une moyenne d'une réalisation tous les deux matchs avec le Milan AC - 18 buts inscrits en 41 matchs disputés du côté de la Lombardie - avant de débarquer sur les rives de la Mersey en août dernier.
Aussi stérile dans le jeu que sur coups de pied arrêtés, Mario Balotelli n'a toujours pas marqué en championnat cette saison. Avec un seul but marqué - en Ligue des Champions face à Ludogorets - en six rencontres disputés avec Liverpool, Balotelli laissera le soin à un enfant du pays de montrer la voie.
Gerrard montre la voie
Sa vitesse l'a quitté. Son coup de rein n'est plus. Sa vision du jeu et sa patte de velours sont éternelles. Steven Gerrard fait partie de la trempe des grands joueurs qui transpirent le football. Réconcilié avec un corps fragilisé par des saisons à cinquante rencontres, le capitaine des Reds s'est fait une raison en mettant une croix sur son rôle préféré : le box-to-box Made in England.
L'ex-international anglais endosse depuis deux saisons le costume de meneur de jeu en retrait. A l'instar d'un Andrea Pirlo du côté de la Juventus de Turin ou d'un Xabi Alonso, Steeven Gerrard s'est fait une raison pour préserver une capacité physique précaire. Un costume de premier relanceur qui le scie à merveille. Encadré par deux jeunes premiers de la classe -Jordan Henderson et Adam Lallana -, le numéro 8 des Reds alterne jeu court et jeu long avec une facilité légendaire. Et quand Gerrard s'aventure dans le camp adverse, c'est pour marquer le coup.
Car l'enfant du pays ne déserte plus son camp pour amuser la galerie. Prônant un jeu propre et élégant, à la limite du pragmatisme d'un comptable germanique, Steven Gerrard gère ses efforts et choisit le bon moment pour se mettre en lumière.
Mario Balotelli s'était essayé à deux reprises à la réalisation des coups francs directs au cours de la première période. Sans succès. Une vendange d'occasions à laquelle Steven Gerrard n'a que peu goûté. Si peu qu'il reprendra le rôle de maître-artificier pour la troisième tentative.
Liverpool bénéficie d'un des rares coups de sifflets de M. Atkinson suite à une faute de Leighton Baines, le latéral gauche d'Everton sur un Mario Balotelli remuant près de la surface de réparation des Toffees. Le meilleur passeur du dernier exercice de Premier League avec treize réalisations en profite pour se muer en buteur providentiel.
Le coup franc est placé légèrement à gauche des cages de Tim Howard. L'angle est imparfait. La distance - près de 25 mètres - aussi. Mais Stevie-G en a vu d'autres. Sa frappe est à la fois sèche et remplie de passion. Sa précision reste aussi chirurgicale qu'un soir de Boxing Day de l'An 2000 face à Arsenal. Son coup franc se loge dans le petit filet gauche des cages de l'ennemi de la Mersey (65').
Steven Gerrard inscrit par la même occasion son dixième but sur l'année civile 2014, toutes compétitions confondues. Son nouveau positionnement sur le terrain, à vocation défensive, se révèle comme une véritable cure de jouvence pour le natif de Whiston. Cette "mise en retrait" ne l'empêche pas de contribuer aux phases de conclusions autant dans la dernière passe que dans la réalisation finale.
Le match semblait plié. Les supporters des Toffees y croyaient encore. Mais sans clamer trop fort leur reste d'optimisme. Un autre régional de l'étape va prendre tout le monde de court et faire taire Anfield. Dans le temps additionnel, excusez du peu.
Jagielka fait taire Anfield
Quinze ans jour pour jour après la dernière victoire d'Everton sur la pelouse d'Anfield, un ex-pensionnaire de Manchester City a bien failli jouer un mauvais tour aux fans des Reds. Gareth Barry se présente à l'angle de la surface de but de Liverpool à une vingtaine de secondes du terme de la rencontre. Sa tentative de talonnade à six mètres des cages terminera dans le petit filet d'un Simon Mignolet encore sous le choc. Et quel choc !
Le drame se jouait deux minutes plus tôt. Sûr de son fait et de sa solidité défensive, les hommes de Brendan Rodgers décident de se replier après le but de Gerrard. Au cours du dernier quart d'heure, Dejan Lovren et les siens passent davantage de temps dans leurs vingt derniers mètres que dans le camp adverse. Et la rentrée de Samuel Eto'o, à une dizaine du minutes de la fin du temps réglementaire, du côté d'Everton, n'y est pas pour grand-chose.
Sur une dernière offensive kamikaze, John Stones, du haut de ses vingt printemps, se décide à balancer le ballon dans le paquet. Browning, rentré en jeu quelques plus minutes plus tôt, apporte toute la générosité attendue d'un homme frais pour récupérer le ballon au niveau du poteau de corner droit. L'ailier des Toffees lève la tête et adresse un centre vers le second poteau. McGrady est trop court. Mais se fait lui aussi violence.
Le premier remplaçant, choisi pour entrer en jeu par Roberto Martinez, se lance également dans l'élaboration d'un centre dans la surface de réparation des Reds. Sa tentative de centre est avortée par Dejan Lovren. Ses coéquipers se pensent sortis d'affaire. Trop vite.
Enfant de Manchester, Phil Jagielka, capitaine des Toffees depuis un an rode près de la surface de réparation adverse. Phil "Nikodem" Jagielka - ses grands-parents avaient fuit la Pologne au moment de la Seconde Guerre Mondiale - profite d'une balle errante aux 30 mètres pour envoyer une délicieuse praline du droit dans la lucarne gauche d'un Mignolet livré à lui-même (1-1, 92').
Les tentatives de frappes aux 30 mètres des coéquipiers de Kévin Mirallas - sorti sur blessure peu après la demi-heure du jeu - furent effectués sans pression tout au long du match. Les défenseurs de Liverpool ne sont jamais sortis sur les attaquants adverses pour leur faire passer l'envie de tirer. Ni sur les défenseurs se muant en buteur.
Liverpool restait sur trois défaites sur les cinq premiers matchs de Premier League. Ce match nul, concédé face à un ennemi juré, ne rassure pas. Lazar Markovic, l'une des recrues phares du dernier mercato estival symbolise le besoin de temps pour Liverpool de se mettre en jambes cette saison. Et de se familiariser avec ses nouveaux coéquipiers.
Les Reds restent bloqués dans le ventre mou du classement avec une douzième place décevante. Et désormais neuf points de retard sur Chelsea, leader du classement avec seize points. Ian Doyle, spécialiste des Reds l'affirme : "avoir sept points en six matchs de championnat n'est pas digne d'une équipe qui veut finir dans le "top-four". Que les supporters des Reds se rassurent : il reste 96 points à distribuer jusqu'en mai 2015. Le Liverpool version 2014-2015 se fait attendre.
MIPS F.M.
