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MIPS FM | 14h59 | Le lendemain d'un but d'anthologie inscrit par un Français en terre italienne 

Retrouvez chaque semaine une tentative d'éclairage de l'actualité proposée par un grand-frère attentionné à une petite sœur débordante de curiosité.

 

Thème de la semaine : pourquoi les Français flirtent avec la zone rouge bancaire

 

« Tiens Frérot, je viens de tomber sur un sondage disant que 18% des Français sont à découvert tous les mois.
Ils affirment également que près de 50% d’entre eux ont besoin de 464 € supplémentaires pour vivre « convenablement ». C’est une situation tendue ?

La situation est alarmante et ce n’est rien de le dire. Le baromètre CSA-Cofidis – dont tu peux retrouver le lien en cliquant ici – s’est fixé comme objectif de livrer une analyse annuelle de la situation de chaque Français face au découvert.

La troisième édition de cette étude révèle une santé économique et financière difficile pour nos concitoyens. Ils sont en effet 48% à affirmer qu’ils leur manquent 464€ pour vivre « convenablement ».

Et ce manque d’argent tombe au plus mauvais moment. Le Trésor Public – organisme chargé de collecter les impôts en tout genre – a fixé à la mi-septembre le versement par les foyers dit « non mensualisés » de la dernière partie de l’impôt sur le Revenu. Ajouté au prochain paiement des impôts locaux, les Français doivent s’attendre à vivre des fins de mois difficiles.

Si je reprends le premier chiffre que tu as cité, près d’un Français sur cinq est à découvert tous les mois. Cette situation extrême touche 3% de Français de plus qu’en 2013 précise le baromètre publié ce lundi 15 septembre 2014. Et cette plongée dans le rouge touche toutes les couches de la société française. Si l’on se réfère au découvert effectué au moins une fois dans l’année, le constat est incontestable.

47% des personnes interrogées avouent être à découvert au moins une fois dans l’année. Un chiffre en forte augmentation par rapport à l’année dernière. En 2013, ils étaient seulement 39% à le concéder et 48% en 2012.

Selon CSA, cette situation « s’observe dans toutes les catégories et montre qu’aucune d’elles n’est désormais à l’abri ». En clair, la plupart des Français se retrouve au moins une fois dans l’année avec le porte-monnaie sans billets.

 

« On risque quoi si on a découvert sur son compte ? Je n’en ai pas encore mais ça me fout déjà la trouille ! »

Rien. Enfin, en théorie. La pratique réserve parfois bien des surprises pour les clients des banques françaises. Chaque individu peut négocier avec son conseiller bancaire d’avoir droit à un découvert. Cette alternative est appelée « découvert autorisé ».

Une fois accordée, cette autorisation permet au client d’emprunter à sa banque sur une courte période. La banque payera à la place du client ses différents paiements qu’ils soient effectués par chèque ou par carte bancaire. Cette facilité de trésorerie s’accompagne néanmoins de frais que l’on nomme « agios ».

Imaginons que tu demandes à la banque X d’obtenir une autorisation de découvert jusqu’à 300 euros, tu devras rembourser cette somme en fonction du découvert que tu auras utilisé. Tu pourras te permettre de t’offrir les dernières baskets à la mode ou payer ton abonnement de transport. Par contre, tu devras t’acquitter d’une contrepartie à la banque X à chaque fois que tu utiliseras ta carte bleue ou que tu retireras de l’argent.

Si tu dépasses le plafond de ton découvert autorisé, tu briseras par la même l’accord avec ton banquier. Par exemple, si tu te retrouves avec un compte bancaire affichant un découvert de 320€, ton conseiller bancaire peut annuler l’autorisation de découvert et refuser de payer tes différents achats.

Les chèques que tu auras pu effectuer seront par conséquent tous rejetés. La loi oblige les banques à accepter tous les paiements effectués par carte bleue, même si ton compte devient plus rouge que le sang…

En cas de dépassement du découvert autorisé, tu devras – je ne l’espère pas pour toi – payer une commission d’intervention. La banque examine les différentes demandes de paiement qui interviennent alors que ton compte est à découvert. Tu devras t’en acquitter si tu es au-dessus de ton autorisation de découvert.

Suite à la loi bancaire du 26 juillet 2012 - mise en place depuis le 1er janvier 2014 -, le montant des commissions d’intervention doivent être plafonnés. Ils ne pourront plus dépasser 8 euros par paiement examiné et 80 euros par mois. Si tu comptes bien, les banques ne pourront pas dépasser plus de dix commissions d’intervention par mois.

La loi prévoit également de protéger les personnes les « plus fragiles ». Ils se voient octroyer un plafond plus bas de 4 euros par intervention et 20 euros maximum par mois, soit cinq interventions mensuels maximum.

Attention, en cas de rejet d’un virement bancaire – c’est-à-dire une autorisation donnée à une entreprise de prendre de l’argent sur ton compte suite à un échange commercial -, la banque peut faire payer au client l’intégralité de la somme rejetée. Par contre, la limite du plafond est fixée à 20 euros.

Bref, tu dois être toujours sur tes gardes et gérer ton budget pour ne pas devenir la vache à lait de ton conseiller bancaire. Même si le pouvoir d’achat des Français tant à baisser d’années en années. 

Pour contrecarrer ce désagrément, il te reste à ouvrir un compte Nickel. Disponible depuis le début de l'année chez les buralistes, il permet d'ouvrir un compte bancaire sans frais... et sans découvert autorisé ! 

 

« D’ailleurs, le baromètre affirme que 4% des Français pensent que leur pouvoir d’achat a augmenté au cours des douze derniers mois. C’est un chiffre ridicule ! »

Tant mieux pour la frange la plus optimiste ! Pour les autres, le constat est tout autre et révèle une crise économique loin d’être résorbé.

En 2014, 63% des Français considèrent que leur pouvoir d’achat a connu une baisse ces douze derniers mois. L’étude souligne que cette vision alarmante « confirme les perspectives négatives déjà mesurées en 2012 et en 2013 ».

Entre une crise financière qui ne montre toujours le bout de son tunnel, une politique de rigueur qui ne dit pas son nom et une « phobie administrative » qui touche certains ex-membres du gouvernement Valls II (l’affaire Thévenoud), les Français se sentent totalement démunis.

Les laissés-pour-compte ne se réclament plus d’une frange populaire mais touche une partie plus importante de la société. Et le moral d’une majorité de nos concitoyens.

58% des personnes participant à l’étude anticipent une nouvelle diminution au cours de l’année 2015. Les « optimistes » ne rallient à leur cause que 6% des Français. Un tiers des Français envisage une stabilisation de leur pouvoir d’achat au cours de la prochaine année.

« Cette perception est partagée par l’ensemble des catégories sociales » confirme CSA. Le baromètre ajoute que 43% des cadres pensent voir leur pouvoir d’achat chuter en 2015. Pis, 73% des retraités sont persuadés que 2015 sonnera une baisse irrémédiable de leur pouvoir d’achat.

 

« Les Français sont donc obligés de trouver d’autres moyens d’acheter ce qu’ils veulent. Ils tentent de vendre comme toi leurs chaussures sur Ebay ?! »

La suppression de la bourse au mérite versée depuis 1997 aux bacheliers obtenant une mention « Très bien », le renforcement de la pression fiscale en défaveur des couches moyennes et les scandales au sein du pouvoir exécutif tendent à creuser un fossé entre les politiques et les réflexes de plus en plus sécuritaires des Français.

Avant de songer à trouver des solutions alternatives pour subvenir à leur besoins, il paraît de plus en plus urgent de sacrifier des postes budgétaires plus ou moins importants.

53% des Français déclarent avoir réduit leurs frais pour les loisirs et l’habillement. D’autres dépenses plus « obligatoires » et « utiles » au quotidien sont également touchées par la restriction de budget. Plus d’un Français sur cinq (21%) affirment avoir baissé leurs dépenses pour… se nourrir. Seuls 17% des Français ont fait en sorte de diminuer leur budget pour l’énergie (électricité, gaz etc.).

Pour finir, plus d’un Français sur trois (34%) ont décidé de mettre un frein à leurs achats d’équipements de la maison. Faute de liquidités, davantage de ménages risquent de repousser le renouvellement de leurs biens dits d’équipements comme le lave-linge, la télévision ou même le congélateur.

Pour contourner cette stérilité financière, les citoyens se tournent vers de nouvelles pratiques de consommation afin de faire des économies. En témoigne l’essor de nouveaux systèmes de partages et d’échanges qui fleurissent sur le Net et dont chacun s’empare.

Le marché de l’occasion se présente comme une nouvelle place forte du système D à la portée de nombreux individus. 68% des Français confirment avoir déjà acheté un produit d’occasion sur internet ou dans un vide-grenier et 64% y ont déjà revendu un produit.

L’économie de partage séduit quant à elle de plus en plus de Français. Ils sont 30% à avoir déjà fait du covoiturage. 42% des Français se sont même laissés tenter par l’achat groupé pour bénéficier d’un tarif préférentiel. De plus en plus de parents d’élèves ont d’ailleurs effectués les différents achats liés à la rentrée scolaire par ce biais novateur en France.

Le service à la personne – non déclaré – n’est plus le marché gardé des étudiants et autres personnes à la recherche d’un emploi. Faire le ménage pour une personne âgée, tailler la haie pour son voisin ou effectuer un baby-sitting au bénéfice d’un proche, autant d’activités rémunératrices qui se présentent comme une bonne alternative pour toutes les personnes souhaitant arrondir ses fins de mois. 21% des Français l’ont bien compris en consacrant quelques heures à rendre des services contre une somme d’argent.

La baisse du pouvoir d’achat impose aussi le retour à une vie plus saine. Le « fait-maison » effectue donc son grand retour au sein des foyers hexagonaux. 47% des Français affirment avoir déjà cultivé leur potager. Le gouvernement a lancé un label "fait-maison" en 2014 pour distinguer les restaurants où les produits sont réellement préparés de ceux qui se contentent de réchauffer des plats pré-fabriqués. Ils sont également 21% à fabriquer eux-mêmes leurs produits cosmétiques ou d’entretien. 

D'autres activités de partages des frais comme le co-working - location d'un local par plusieurs travailleurs indépendants sans lien professionnel - ou le troc d'objets séduisent les personnes vivant dans des zones urbaines.

 

L’enquête révèle une situation de repli quasi-imposée par la conjoncture économique et financière du pays. Les Français sont davantage livrés à eux-mêmes. Ils doivent recourir à des choix plus originaux pour subvenir à leurs besoins et envisager avec une sérénité – toute relative – leur avenir. 40% des Français effectuent encore des projets pour l’année prochaine… mais comptent soit les reporter, soit les annuler.

Tu vois sœurette, je ne suis donc pas le seul à trouver des solutions alternatives – légales - pour m’enrichir… !

 

« Malheureusement, seuls les plus malins peuvent s’en sortir. »

Les plus informés surtout !

 

« Merci Frérot. En fait, e suis bien contente d'être encore une enfant !»

Avec plaisir !

 

MIPS F.M.

 

 

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Les Français ne sont pas prêts à brûler leurs billets à la Gainsbourg - Image : rtl.fr

Les Français ne sont pas prêts à brûler leurs billets à la Gainsbourg - Image : rtl.fr

Tag(s) : #Découvert bancaire, #CSA-Cofidis, #Pouvoir d'achat, #Fait-maison, #Impôt, #Baromètre, #Frérotpourquoi, #Mips FM
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