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MIPS FM | 16/07/2014 | Le lendemain de la peine de neuf mois ferme infligé à une femme qui détestait les "singes"

Les supporters Sang et Or se réveillent groggys au lendemain d'une décision exceptionnelle : tout juste promu en Ligue 1, leur club de cœur, le RC Lens, s'est fait gentiment reconduire vers la case Ligue 2 par les physio de la DNCG ce mardi 15 juillet 2014.

Intransigeante sur la santé économique des clubs susceptibles d'évoluer au sein de l'élite, le gendarme du football professionnel hexagonal a refoulé - pour la deuxième fois en trois semaines - les nordistes du carré VIP... pour un temps. Le président du RC Lens, Hafiz Mammadov, assure par la voix de son "porte-parole" Gervais Martel, que tout reste possible. Loin de se présenter comme un vœu pieu, les maigres espoirs des dirigeants du club lensois se fondent sur quatre possibilités de recours.

Retour sur une affaire de gros sous, au scénario digne d'un vaudeville.

Martel, la peine du Nord

Le budget initial du RC Lens pour la saison 2014-2015 se basait initialement sur un montant de 48 millions d'euros dont 38 millions garantis. En première instance, le vendredi 27 juin 2014, le gendarme des finances de la Ligue professionnelle du football français avait décidé de rejeter ce business plan. La raison ? Une absence de garanties sur les 10 millions manquants. Dix jours plus tard, le président exécutif Gervais Martel, dépendant de son robinet financier Mammadov, s'est présenté devant la commission d'appel... sans la somme manquante dans sa poche. La DNCG lui a logiquement adressé une fin de non-recevoir en appliquant de manière bête et méchante les règles. Les lensois se sont vus repousser d'un revers de main vers leurs corons. Après avoir hypothéqué sa maison pour sauver le club d'un premier dépôt de bilan en 2011, Gervais Martel a véritablement la peine du Nord.

En conférence de presse, le porte-voix de Mammadov tentera de justifier ce contretemps par une histoire de... virement bancaire. Le code IBAN aurait été "mal tapé" au cours de sa saisie et justifierait l'absence des 10 millions d'euros sur le compte du club français. Mais comment une entreprise gérée par un homme d'affaires milliardaire peut-elle se faire avoir par le système bancaire ?

Virement bancaire : 48 Heures Chrono

Garanti par la Banque Nationale d'Azerbaïdjan, le virement bancaire tant attendu par Gervais Martel s'est bel et bien heurté à une règle administrative commune à tous les mortels : les week-end et jours fériés. En effet, toute transaction bancaire est soumise à un délai de transfert de quarante-huit heures "ouvrables" - du lundi matin au vendredi soir - où ces deux types de journées sont exclus. De la traditionnelle vérification des avoirs financiers du débiteur au compte bancaire du créditeur en passant par le feu vert des établissements bancaires, le processus validant le virement bancaire s'applique à tous. Même aux plus aisés.

Hafiz Mammadov a semble-t-il viré les 10 millions d'euros le vendredi 11 juillet, soit quatre jours avant la date limite fixée par la DNCG pour présenter un budget entièrement solvable. Les deux parties ont vraisemblablement omis l'impératif calendaire imposé par le week-end prolongé du 14 juillet. Fête nationale oblige, la transaction a été repoussée non pas de deux mais trois jours. De ce fait, le virement atterrirait ce matin sur le compte du RC Lens, quelques heures après la décision fatidique du gendarme de la Ligue. Entre impératif administratif et amateurisme primaire, le destin du club nordiste semble scellé : Antoine Kombouaré et ses hommes ne reverront pas les bancs de la première classe cette année.

Néanmoins, le club artois dispose de différents recours pour accéder de nouveau à l’élite. Le premier d’entre eux consisterait à porter l’affaire devant le CNOSF – le Comité National Olympique et Sportif Français. Le président Martel affirme qu’il prendra « rendez-vous » pour lundi prochain avec l’instance sportive. En cas d’échec, les dirigeants lensois seront contraints et forcés de se retourner vers les juridictions civiles. Un pari perdu d’avance pour Gervais Martel. « Le Conseil d’Etat ? Vous savez que c’est perdu avant l’heure. » Tout ça pour une histoire de virement…

Western Union vs Banque d'Azerbaïdjan

Dans le cas présent, le transfert d'argent entre la Banque d'Azerbaïdjan et le Crédit Agricole était soumis à la validation d'un code IBAN. À l'instar du SEPA - nouveau relevé d'identité bancaire au niveau européen -, cette suite de quatorze chiffres et deux lettres se présente comme la clé d'activation d'un virement bancaire à l'échelle mondiale.

Pour justifier le retard pris dans le processus, Gervais Martel a émis l'hypothèse d'une erreur de saisie des chiffres au moment du virement bancaire. Une question se pose de facto : par quel miracle un virement bancaire peut-il être validé avec un code IBAN erroné ? La question doit être légitimement posée à Monsieur Mammadov.

Malheureusement, l'homme reste injoignable. À défaut de claquer une vingtaine de dollars par mois pour tenue de compte, Mammadov peut se tourner vers Western Union pour ses transferts d'argent. La valeur sûre, en quarante-huit heures chrono.

"Où t'es, Hafiz où t'es ?!"

Actionnaire principal depuis 2013 du club préféré de Lee Dixon et Tony Vairelles, Hafiz Mammadov se présentait comme le troisième homme de la Ligue 1. Après un premier versement de 19 millions d'euros pour renflouer les caisses et financer les différents recrutements de joueurs, le père Mammadov a disparu des radars lensois. Et ça fait des mois que ça dure. En décembre 2013, le milliardaire azéri avait promis un chèque de 30 millions d'euros en cas d'accession du club artois à la Ligue 1. Les dix premiers millions se font toujours attendre...

Le magnat du pétrole s'est fait un spécialiste du sponsoring de clubs de football. Atlético Madrid, Sheffield United, RC Lens et bientôt Porto FC... Mammadov multiplie les contrats entre dix et vingt millions d'euros l'unité. Des montants vertigineux qui ne sont pas s'en rappeler la stratégie du tout achat des qataris. Dépourvu de limites, le petit Etat du Golfe sera également le principal sponsor de l'Euro 2016 organisé en France.

En espérant qu'entre-temps Hafiz Mammadov mettra à mal le sempiternel refrain : "Où t'es, Hafiz où t'es ?!" Les supporters sont prêts à le rayer de leur répertoire. Et Sochaux de revenir à la table VIP.

MIPS F.M.

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"Gervais et Hafiz, c'est la fête au Racing ! Gervais et Hafiz, à la mort, à la vie..." - Image : France 3 Nord Pas-de-Calais

"Gervais et Hafiz, c'est la fête au Racing ! Gervais et Hafiz, à la mort, à la vie..." - Image : France 3 Nord Pas-de-Calais

Tag(s) : #LIgue 1, #RC Lens, #Gervais Martel, #DNCG, #CNOSF, #Santé financière, #Mammadov, #Mips FM, #Mips Décrypte
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