Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

MIPSFM | 21h00 | Le soir où le gouvernement ukrainien autorise l'armée à les débarrasser des contestataires

"Je travaille pour une entreprise française leader du marché de la téléphonie mobile depuis cinq ans. Cette stabilité n'est qu'illusoire: je viens de signer mon dixième CDD." Frédéric, trente ans, pensait son avenir tout tracé. Après un BTS en Commerce International puis un Master en management pharmaceutique, en 2006, d'une Ecole de Commerce renommée, il envisageait, en toute légitimité trouver un poste rapidement. Porté aux nues par ses professeurs et tuteurs de stages, la redescente sur terre ne fût que plus brutal pour le natif du 94. Après six mois de chômage et plus d'une centaine de candidatures transmises - pour trois réponses, toutes négatives - aux meilleures entreprises du secteur pharmaceutique, Frédéric se rend à l'évidence: son ambition est placée au-dessus des opportunités offertes par le marché. À défaut de s'exprimer dans son domaine de prédilection, le jeune diplômé choisit - par défaut - de passer par la case CDD.

Le CDD, un passage obligé

Après dix-huit mois de recherches plus ou moins intensives, Frédéric voit le bout du tunnel. Grâce au soutien inconditionnel de ses proches (ses parents l'ont nourri, logé et blanchi au cours de cette période) et d'un carnet d'adresses astucieusement fourni, la désillusion a laissé place à l'euphorie: le jeune homme est recruté en 2009 au sein du département juridique d'un leader français du secteur de la téléphonie mobile. Bien que le poste proposé se présente sous la forme d'un contrat à durée déterminée, Frédéric considère alors cette offre comme un signe de "reconnaissance et de confiance", d'une "occasion inestimable à saisir". Cinq ans et dix CDD renouvelés plus tard, l'expérimenté 'déterminé' baigne à corps perdu dans la précarité. "Je ne sais pas de quoi demain sera fait", lâche-t-il. Paraissant désarmé face à une situation - tristement - commune, le natif de Seine-Saint-Denis avoue être "dépendant d'un système sans foi ni loi". "La direction me fait miroiter un poste depuis deux ans. Après mon retour d'Asie (le jeune homme a travaillé pendant un an dans une start-up espagnole basée au Vietnam), la direction a fait des pieds et des mains pour que je revienne. Deux ans plus tard, je me retrouve encore avec une épée de Damoclès au-dessus de ma tête: que se passera-t-il à la fin du contrat?"

Frédéric n'est qu'un exemple criant de la confiance en pointillés délivrée par les entreprises françaises aux jeunes pousses.

Selon une étude publiée le jeudi 16 janvier par la DARES, les contrats à durée déterminée ont dépassé la barre des 80% dans le cas des nouvelles embauches.

Des mesures incitatives aux effets neutres

Selon l'organe statistique du Ministère du travail, en 2012, 81,2% des nouvelles embauches ont été effectuées par l'intermédiaire d'un CDD. Ce chiffre représente une augmentation de trois points par rapport à l'année précédente. Si l'on excepte le secteur de la construction et les entreprises comptant plus de cinquante salariés, la part des contrats à durée déterminée représente la moitié des embauches effectuées en 2012 en France.

Pis encore: les jeunes de moins de 30 ans sont les plus "touchés" par cette instabilité. Plus de 82% des embauches de cette catégorie se présentent sous la forme d'un CDD. Malgré ce tableau noir dressé par la DARES, le CDI a le vent en poupe du côté des employeurs: 84,1% des effectifs du secteur privé sont en CDI contre 10, 1% en CDD.

Les travaux du gouvernement, axés sur la diminution de la part des CDD dans les futures embauches se traduisant par la loi sur la "sécurisation de l'emploi" et l'exonération de toutes contributions pour tout employeur embauchant un jeune de moins de 26 ans, mettent du temps à montrer leurs effets bénéfiques en matière d'emploi. Frédéric espère un jour se retrouver parmi les 84% de salariés en CDI pour enfin baigner dans la certitude du futur.

MIPS F.M

Publicité
La précarité n'a pas de visage : elle est universelle - Image : egg666.artblog.fr

La précarité n'a pas de visage : elle est universelle - Image : egg666.artblog.fr

Tag(s) : #CDD, #Précarité, #Mips FM
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :