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MIPS FM | 13h07 | Le lendemain d'un exploit à vélo réalisé par Jens Voigt, un futur retraité 

"Passer son temps dans le métro sous-terrain, c'est déprimant ! J'adorerai faire mes déplacements avec les lignes aériennes, comme à New York." La réalité est toute autre : chaque jour, Vincent doit emprunter les lignes sous-terraines du métro parisien. Ce jeune stagiaire fait pourtant parti des privilégiés : avec moins de 50 minutes de temps de trajet en transports en commun chaque jour, Vincent se place largement en-dessous de la moyenne régionale estimée à 85 minutes pour un aller-retour. 

Jugé "rapide et pratique" par certains, mais "souvent désagréable" par d'autres, ce mode de transport, couplé au réseau RER permet à des millions de Franciliens de rallier chaque jour leur lieu de travail, leur salle de sport ou leur domicile. 

Mais l'égalité devant les transports en commun, service public au demeurant, est remise en question par une étude. Selon les statistiques publiées par l'agence iXXIune filiale de la RATPle temps de transports et d'attente sur un parcours de banlieue à banlieue peut doubler par rapport à un parcours dans Paris intra-muros. 

MIPS FM s'est plongé dans le quotidien de trois témoins d'un périple urbain où tous les impatients peuvent s'abstenir de participer. 

 

"Réduire au maximum mon temps de trajet" 

Vincent représente le pragmatisme à toutes épreuves. Réglé comme un papier à musique, ce virtuose du piano a tout prévu pour minimiser son temps de présence dans le "subway" de la capitale française. 

"J'essaie toujours de choisir un logement à proximité de mon lieu de travail. Réduire au maximum mon temps de trajet est l'un de mes critères dans le choix d'un appartement" confirme l'intéressé. Un parisien empruntant les transports en commun dans la capitale - métro, bus ou tramway - met en moyenne 14 minutes pour effectuer un aller simple. 

Habitant depuis trois mois dans le XVIe arrondissement, le jeune homme de 22 ans effectue son trajet quotidien vers le siège social d'une célèbre société de luxe en 20 minutes chrono. Une proximité géographique qui permet à ce jeune homme féru de sport de se tourner vers d'autres modes de transport. 

"Il m'arrive de rentrer à la maison en Vélib'. C'est plus agréable que d'être enfermé dans les entrailles du métro" ironise le diplômé d'une grande école de commerce du sud de la France. Avec moins de cinq minutes de temps d'attente sur le quai du métro, Vincent confirme les chiffres livrés par la RATP. 

Le jeune franco-vietnamien est tout même sensible à la qualité du service proposé par le Métro de Paris. "Le métro, c'est rapide et pratique", tel est le slogan prôné par ce jeune spécialiste en finance d'entreprise. 

"Je préférerai connaître des conditions de transport agréables mais ce n'est pas toujours le cas" tempère ce fan du Paris Saint-Germain. En cas de retard, Vincent prévient son entreprise. "La vie n'est pas compliquée !" s'enchante ce mordu de R'n'B. Une situation plutôt privilégiée qui contraste sensiblement avec d'autres régions d'Ile-de-France où les utilisateurs du RER déchantent.

 

"Les retards : une question de régulation du trafic"

Romaric ne serait pas contre un petit tour en vélo pour rentrer à Boissy-Saint-Léger. Mais avec un temps de trajet aller atteignant 1h20, ce jeune employé doit prendre son mal en patience pour rejoindre le siège social d'une grande banque française situé à La Défense. Entre les 50 minutes de RER A et les 30 minutes de trajet en tramway, cet habitant du Val-de-Marne dépasse légèrement la moyenne de temps de trajet des Franciliens. Avec près de 85 minutes de transport, les Franciliens sont condamnés à être patient

Romaric est obligé d'attendre. "Il y a souvent des retards sur le réseau. Les incertitudes liées aux horaires de passage sont fréquentes" souligne le franco-togolais. "Ce problème de retards est souvent visible aux heures de pointes. C'est une question de régulation du trafic. C'est tout à fait compréhensible" affirme le passionné de football américain. 

Avec près d'un train toutes les deux minutes aux heures de pointe, le RER A fait partie des lignes les mieux desservies du réseau RATP. Selon un dirigeant de la RATP, le taux de remplissage des trains de la ligne A "dépasse les 200% en heures de pointe" contre 40% en heures creuses. Un trafic incessant qui peut expliquer des problèmes de circulation. Les Franciliens doivent patienter une dizaine de minutes pour voir un RER pointer le bout de son wagon. Suicides sur les rails et problèmes de caténaires, quasi-quotidiens, viennent amplifier ces temps d'attentes. 

"Un suicide avait bloqué le trafic pendant deux heures cet été. Du coup, j'avais dû me résoudre à prendre ma voiture. J'ai gagné 45 minutes sur mon temps de trajet mais personne ne m'a remboursé le carburant" déplore le chargé de sécurité bancaire. Du coup, Romaric perd des jours d'abonnement de transport. Et de l'argent.

Le groupe RATP promet une amélioration de 30% de la régularité de la ligne A du RER. Romaric note d'ores et déjà des avancées encourageantes. "Depuis trois ans, on note une forte amélioration. La ligne A est plus efficace que d'autres lignes de RER" constate cet usager des transports en commun depuis une dizaine d'années. Des incidents que certains néo-utilisateurs du transport en commun sur Paris tentent de contourner.

 

"Toujours partir en avance"

Thomas est un nouveau venu du côté de la "ville lumière". Inscrit en dernière année de Master dans une école de mode sur Paris, ce supporter de l'OGCNice s'est résolu à quitter sa Côte d'Azur natale pour affronter les grands tunnels du métro. Même pas peur : Thomas cultive la science de l'anticipation. 

Ce passionné de mode et de sport allie classe et réactivité pour dribbler astucieusement les aléas liés à l'utilisation des transports en commun. "Je pars toujours en avance. Quand on a le nez dans la merde, on ne sait plus quelle odeur elle a. Du coup, je mets tout en œuvre pour ne pas la croiser" lance, hilare, ce jeune niçois de 23 ans

Le temps de trajet entre la banlieue et Paris est évalué à une trentaine de minutes. Thomas est juste en dessous de cette moyenne. Un avantage qui lui permet de s'accorder quelques moments de détente. "Je commence mes journées de travail vers 9h30. Avec un temps de trajet de 25 minutes, je pars dès 8h30. Ça me laisse le temps de découvrir les belles rues parisiennes et ne pas être pris par le stress !

D'abord réticent à l'idée de quitter sa région natale, Thomas attend de voir avant de se prononcer sur la qualité du service. "Pour l'instant, ça va. Le prix élevé d'un ticket de métro (1€70) peut donner des idées de fraudes à certaines personnes. Je le comprends. D'ailleurs, j'attends toujours ma carte Imagine R !" s'étonne le natif de Drap (Alpes-Maritimes). 

 

Le projet du Grand Paris Express, mis en œuvre conjointement par l'Etat et la région Île-de-France, ambitionne de soulager d'ici 2030 les grandes lignes du RER et du métro parisien dans la proche couronne. Une initiative applaudie des deux mains par Romaric. "Ça peut désengorger certaines lignes et fluidifier le trafic. C'est une bonne solution». Avant de tempérer son propos. "Il faudra voir avec le temps". 

Car à Paris plus qu'ailleurs, les usagers des transports en commun se doivent de rester les pieds sur terre et ne pas succomber aux sirènes des promesses d'amélioration des services. Gare aux impatients. 

 

MIPS F.M.

 

 

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Prendre son mal en patience : un art de vivre dans le métro parisien - Image : allcityblog.fr

Prendre son mal en patience : un art de vivre dans le métro parisien - Image : allcityblog.fr

Tag(s) : #Île-de-France, #Paris, #Métro, #RER, #RATP, #Retards, #Grand Paris, #Temps de trajet, #MIPS du Jour, #Mips FM
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