MIPS FM | 23h45 | Le soir où le Festival d'Angoulême ferma ses portes jusqu'à l'année prochaine... et Depardieu valsa avec Miou-Miou sur Paris Première
Olympique de Marseille 2-2 Toulouse Football Club
7' Payet / 11' Ben Yedder / 40' Valbuena / 60' Aurier
Rattrapée à deux reprises par la brigade rose, l'Olympique de Marseille a perdu deux points à domicile ce dimanche soir. La belle prestation de l'équipe du Toulouse Football Club à la tactique bien rodée a révélé le manque d'automatisme criant des hommes de José Anigo et de son entraîneur adjoint Albert Emon. L'éternel revenant et son supérieur, souhaitant voir ses joueurs resserrer les rangs après une première période tâchée d'absences défensives ahurissantes n'ont pas vu leur voeu commun se réaliser. Alain Casanova, leur homologue toulousain peut se réjouir de détenir dans ses rangs un régiment de soldats à l'humeur chantant, même après la désertion du soldat rose en chef Aymen Abdennour vers le club de l'AS Monaco. Retour sur l'état d'esprit positif d'une équipe qui ravirait le défunt Claude Nougaro.
Ô ma tragédie, ô Marseille
"Toulouse a de bons joueurs au milieu de terrain, comme Aguilera par exemple." La référence, bien qu'involontaire de Laurent Paganelli à une chanteuse de pop musique américaine, a le mérite de mettre en lumière le tube d'un soir: la valse toulousaine à trois temps imposée un soir d'hiver à la bande à Mandanda.
L'Olympique de Marseille fut pourtant la première à ouvrir le bal. Espérant maîtriser les débats dès les premières minutes du match, l'OM concrétise sa première occasion à la 8ème minute. De retour de blessure, Mathieu Valbuena se lance seul sur la piste. Sûr de ses mouvements, l'international français se lance dans un sprint de vingt mètres puis décale le numéro 17 de l'équipe phocéenne aux abords de la surface de réparation. Dimitri Payet, dont le fantôme foulait les pelouses hexagonales depuis le mois de septembre s'empare du ballon avec conviction. Débarrassé de son drap blanc, l'ancien stéphanois croise sa frappe - la première du match - des dix-huit mètres pour tromper un Zacharie Boucher novice dans l'exercice du gardien de but de Ligue 1. A cet instant du match, l'Olympique de Marseille revient à trois points de la troisième place qualificative pour le deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions détenu par Lille. Cette ouverture du score place les marseillais dans les meilleurs dispositions pour imposer leur tempo.
Les toulousains vont très rapidement les inviter à une première valse à trois partenaires. Le premier à diriger la danse est Etienne Didot. Auteur d'un match tout en maîtrise, l'expert de la gavotte (danse traditionnelle bretonne), se charge de botter le premier corner du match. Placé au premier poteau, son compère Martin "Valderama" Braithwaite prolonge ce délice de passe jusqu'aux jambes de Wissam Ben Yedder. L'ancien joueur de futsal, seul au deuxième poteau conclura cet enchaînement de pas d'une frappe du premier droit. Indigeste pour les phocéens, délicieuse pour les supporters toulousains, cette égalisation débouche sur la mise en lumière du déficit technique et mental de l'équipe phocéenne, symbolisé par l'insuffisance de l'arrière gauche du soir, Benjamin Mendy.
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant
Bien qu'à domicile, la formation mise en place par le duo Anigo-Emon fait peine à voir. En jouant petit bras, les joueurs marseillais laissent volontairement - ou malgré eux - la possession du ballon à leurs visiteurs. Totalisant à un moment du match une détention du cuir sous la barre des 40%, l'Olympique de Marseille n'a jamais réussi à contrôler les débats au milieu de terrain. Le trio toulousain composé d'Abel Aguilar, Oscar Trejo et Etienne Didot fera battre le coeur du jeu tout au long du match. Chacun d'entre eux a un rôle qui lui est dévolu. Le premier, colombien de naissance campe le rôle de chien de garde. Fougueux et écervelé, il maîtrisera ce soir-là à merveille sa partition. Formé à Boca Juniors, la deuxième pointe du triangle est chargé de jouer le rôle de piston. Un rôle qui le sied à merveille. Etienne Didot complète le maillon de la chaîne en arborant le costume de chef d'orchestre talentueux dépourvu d'arrogance. Désireux de faire valser les trois milieux adverses, le trio Made in Garonne imposera une soirée cauchemardesque à leurs homologues provençaux. Membre de la ligne d'attaque, Wissam Ben Yedder se chargera d'écoeurer Benjamin Mendy.
Sans doute victime d'un coup dans les premiers instants de la rencontre, sûrement inquiet par la récente arrivée au club du défenseur Brice Djadjedje, l'arrière gauche est dans tous les mauvais coups du soir. Ne maîtrisant jamais le tempo imposé à un arrière d'aile, Benjamin Mendy se fait facilement déborder par Ben Yedder au quart de jeu puis par Jean-Daniel Akpa-Akpro à quatre minutes de la pause. Le jeune défenseur, lancé par le club du Havre Athletic Club dans le monde professionnel à tout juste seize ans traînera son âme en peine durant une cinquantaine de minutes sur la pelouse d'un stade Vélodrome ne pardonnant aucun excès de faiblesse. Un revenant mettra en sommeil cette indécente souffrance.
Cinq minutes avant la mi-temps, André-Pierre Gignac travaille sur le côté droit face à Yago. Se rappelant le temps d'un crochet ses douces années toulousaines, l'international français se débarrasse de son vis-à-vis et sert parfaitement Mathieu Valbuena. L'international français coupe la trajectoire du ballon devant deux défenseurs du Téfécé. Muet depuis le 28 septembre 2013 - coup franc direct sur la pelouse synthétique du Moustoir - l'égérie de la marque Kaporal permet à l'Olympique de Marseille de prendre l'avantage à quelques minutes de la mi-temps. Persuadé d'avoir calmé autant les velléités de son adversaire du soir que les inquiétudes à peine voilées de son entraîneur, André-Pierre Gignac est loin de se douter de la qualité des ressources toulousaines, qui font tant défaut à son acolyte Mendy, leur permettant de croire en leurs chances dans cette rencontre. "J'ai l'impression qu'on a la possession du ballon mais l'OM joue à la carotte avec trois joueurs devant. On peut égaliser, voire mieux", affirme avec aplomb Jonathan Zébina à la mi-temps. Le capitaine toulousain n'était pas loin de la vérité.
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose
Confortés par leur plan de départ, les toulousains passent rapidement au deuxième temps de la valse, celle de l'emballement. Vingt secondes après le retour des vestiaires, Mandanda s'interpose face à un Braithwaite bien servi par Trejo. Le gardien marseillais se montrera moins à son aise quinze minutes plus tard. Suite à un corner de nouveau réalisé par Etienne Didot, le capitaine phocéen tente une sortie des plus hasardeuses. L'interception manquée par l'international français profite à Serge Aurier. Le défenseur toulousain frappe avec conviction de la tête cet amour de ballon adressé par son coéquipier breton. Héritier du poste laissé vacant par le néo-monégasque Abdennour, Aurier permet à Toulouse de revenir au score. Pour l'anecdote, Benjamin Mendy sortira trois minutes plus tard, remplacé par Brice Djadjedje. Le nouveau venu du côté de la Canebière sera mis à contribution sans période d'essai pour couvrir les errances d'un N'Koulou aux abonnés absents.
Sûr de leur chorégraphie, les toulousains enchaînent sur le dernier temps, celui de la maîtrise. La dernière demi-heure ressemblera à un long fleuve tranquille pour les hommes d'Alain Casanova. Ils s'offriront même le luxe de mettre en danger la défense de leur adversaire à un quart d'heure du terme de la rencontre par l'intermédiaire - une fois de plus - d'Etienne Didot. Aux vues des occasions accumulées par la formation toulousaine au cours des quatre-vingt dix minutes, le milieu de terrain des Pitchouns pourrait nourrir quelques regrets. Mais non! Pour l'homme du match, laissé au placard par son entraîneur durant la période automnale, le plaisir prime sur tout le reste: "Je prends beaucoup de plaisir sur le terrain." Les musiciens se contentent donc de cette modeste paie de fin de bal aux allures de pourboires. Côté phocéen, la balle de match manquée à l'entame du temps additionnel par Thauvin à cinq mètres des cages justifie ce miséreux bénéfice accordé aux partisans du match nul.
Le cartable marseillais est bourré de coups de poings. Les dirigeants du club phocéen sont visiblement persuadés que la paire José Anigo-Albert Emon panseront les plaies causées par cette nouvelle contre-performance. Ou le temps peut-être.
MIPS F.M
