MipsFM I 12H30 I On l'a publié en pleine réconciliation entre François Hollande et Gérard Depardieu en terre russe
La ville d'Harlem assiste à un combat de coqs depuis quelques semaines entre deux phénomènes artistiques désireux de se présenter comme le porte-étendard de la ville au niveau mondial. Quand les Harlem Globetrotters, portés par Dennis Rodman, l’ancienne gloire des Chicago Bulls, s’exilent dans l’unique territoire autarcique au monde pour promouvoir un basket spectaculaire et artistique, des individus plus jeunes se retrouvent dans des lieux publics pour se trémousser dans le même rythme devant des caméras et partager la vidéo sur les réseaux sociaux. Jusqu’à créer des remous religieux et politiques en Tunisie.
Papy Rodman fait de la résistance... en Corée du Nord
L'un des coéquipiers les plus fidèles de Michael Jordan aux Chicago Bulls, sociétaire des Harlem GlobeTrotters, a fait une apparition remarquée cette semaine auprès du dictateur sud-coréen Kim Jong-un.
Les joueurs fantasques de l'équipe fondée à Chicago (et non à Harlem) ont tenu fin février une représentation dans le pays le plus fermé au monde. Le chef de l'État en a profité pour s'afficher aux côtés de ces athlètes américains. Un comble. Le Shake, surnom donné à Dennis Rodman pendant ses plus belles années au sein de la franchise des Chicago Bulls, a déclaré son attachement à Kim Jong-Un en affirmant « je serai toujours là pour vous ».
Parti conquérir un état aux pratiques opaques, les Harlem Globe Trotters se voient voler la vedette depuis quelques semaines par d'autres artistes aux aspirations tout aussi fantasques.
Le Harlem Shake: le Printemps Arabe reprend des couleurs
Le Harlem Shake, aux déclinaisons incalculables, comptabilise des millions de vues sur le portail de vidéos YouTube. Des milliers de personnes improvisent des chorégraphies toutes aussi loufoques les unes que les autres sur un titre éponyme composé par le producteur de musique électronique Baauer. Du premier Harlem Shake réalisé à New York aux salles de l’université d’Avignon en passant par les places des grandes villes européennes, le phénomène de la danse improvisée en réunion a séduit le monde entier.
Des Harlem Shake ont été improvisés dans des facs tunisiennes où certaines scènes, à connotation sexuelle, ont choqué. Au cœur du conflit, deux générations s'affrontent. Une prise de bec teintée d'un aspect religieux. Mercredi 27 février, une dizaine de salafistes se sont opposés à la tenue d'une danse jugée de « haram » à leurs yeux, c'est-à-dire contraire aux préceptes stipulés dans le Coran. Les étudiants de l'Institut des langues de Bourguiba se sont lancés dans une fronde contre les réticences de certains radicaux déterminés à mettre fin à leur représentation. En signe de protestation, des dizaines d'entre eux se sont présentés ce vendredi 1er mars 2013 devant le ministère de l'Education basé à Tunis. À leur tête, Farid Sayyed, organisateur du rassemblement, insiste sur le caractère politique de leur action. « Le message est clair. Nous sommes opposés à la politique des Frères musulmans, car c'est leur guide qui dicte au gouvernement sa politique et non la présidence », selon l'un des porte-étendards du mouvement.
Les Globetrotters, inscrits dans les années 1930 au sein du championnat noir-américain se targuaient de lutter contre la ségrégation qui sévissait dans le pays de la promotion individuelle. Aujourd'hui, la troupe, tel le cirque Pinder effectue des tournées mondiales dénuées de morale. Le phénomène Harlem Shake, politisé en Tunisie par des étudiants en quête de liberté de conscience et de mouvement donne involontairement un second souffle au mouvement "Harlem".
Les réalisations de Harlem Shake, réalisé notamment dans le lycée Pilote de Monastir, sème le trouble en Tunisie - Crédits : Tunisie Numérique