MipsFM I 23h13 I On l'a publié une semaine après l'exploit du Milan AC face au FC Barcelone en 1/8e de finale de la Ligue des Champions, club cher à Silvio Berlusconi
En novembre dernier, Beppe Grillo n'était pas pris au sérieux par les technocrates du Vieux Continent qui n’avaient d’yeux que pour Mario Monti. Le chouchou de Bruxelles se voit voler la vedette par un comique italien, jusqu’à présent connu uniquement par les aficionados de la télévision italienne.
Sous-évalué également par les instituts de sondages, la popularité de Beppe Grillo constitue une entrée fracassante sur la scène politique transalpine. Le créateur de MoVimento 5 Stelle – Mouvement 5 étoiles - récolte 25,5% des votes à la chambre (et 23,8% au Sénat) aux élections générales organisées le dimanche 24 et le lundi 25 février 2013. Le candidat sortant Mario Monti est relégué à près de 20 points du novice Grillo.
Aller jusqu'au bout, pour les italiens
Celui que certains surnomment le « Coluche italien » n'a pas prêté attention aux différentes flèches qui lui furent adressés, à commencer par celles provenant de son clan de saltimbanques. Dans sa dernière chanson, le chanteur Bennato le traitait de "grillon parlant", sans nommer une seule fois son nom. La campagne effectuée le leader du Mouvement 5 étoiles lui donne raison.
Beppe Grillo, à l'allure bourrue, remplit les salles de la Repubblica Italiana. Ni entrepreneur, ni avocat ou médecin, cet homme de 64 ans est un comique reconnu au succès incontesté. Remplir de grandes places à Milan ou à Turin constituait une tâche routinière. Une tâche dont il connaît tous les artifices et en maîtrise les ficelles.
La débâcle annoncée du premier ministre sortant
Opposé à Beppe Grillo et Silvio Berlusconi, un autre expert de la mise en scène et de la représentation scénique, Mario Monti ne réussit même pas à se positionner comme le troisième homme. Avec 10% des suffrages exprimés, le président démissionnaire se retrouve devancé par le candidat de la coalition de gauche, Pier Luigi Bersani, avec près de 30% des voix. De son côté, le patron du groupe de médias Mediaset et du club sportif du Milan AC, n'a récolté que 22% des voix. Il Cavaliere, adepte des soirées Bunga-bunga, se retrouve dans une position délicate semblable au scénario des élections générales de 2008.
Une Europe inquiète
Les bourses du monde entier se sont affolées à la vue d’une élection à l’issue incertaine. La bourse de Milan affichait une baisse de près de 5% à la fermeture. À Paris, le CAC 40 concédait 2 points, celle de Madrid 3,2%. Les taux d'intérêt ne sont pas en reste. Ils atteignent les 4,88%, du jamais vu depuis 10 ans. Les chefs d'État de l'Union Européenne souhaitaient éviter d'assister à un comique de répétition. C'est raté.
