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MIPS FM | 14h15 | Le jour où Henri Bedimo retrouva d'anciennes connaissances montpelliéraines

 

13h39, quartier de la Part Dieu à Lyon

Au kiosque de la gare, Arnold, étudiant à l'Université catholique de Lyon se perd dans les pages du Monde et passe à côté d'un événement qui se déroule à quelques mètres à peine. Les agents de la SNCF décident d'exercer leur droit de retrait, le danger comme meilleur des conseillers.

Poumon de l'activité économique et financière rhodanienne, le quartier d'affaires est orphelin de ses agitateurs en trois pièces. Et pour cause: on est dimanche, jour du Seigneur et de la chôme. Pour assurer la garde alternée, des familles et autres cortèges d'étudiants venus de toute la France arpentent la Gare SNCF Part Dieu, vacances scolaires obligent. Un week-end chargé pour le transporteur ferroviaire : plus d'un million de voyageurs sont attendus sur les quais parisiens, bordelais ou lyonnais.

Retour sur une décision qui fait débat au sein même de la maison qui a des idées d'avant.

 

Le droit de retrait tous azimuts

Orchestré par les mains expertes des agents SNCF, le ballet des vacances d'hiver ressemble plus à une belle prise de tête organisée qu'à un spectacle humoristique millimétré de Laurent Gerra, l'enfant du pays.

Mais un spectacle vivant sans une bonne dose d'improvisation n'est qu'un simulacre de vie rêvée. Deux contrevenants se chargeront de rajouter du graton - spécialité lyonnaise à base de gras de porc - dès le début des festivités. Bilan des courses: un agent de la sûreté ferroviaire se verra offrir un crachat et un contrôleur récoltera des coups le samedi 1er mars, selon des sources internes.

Deux agressions en règle qui justifient le retrait du personnel à tout instant. Peut-être pas un dimanche de vacances. Ce dernier point est partagé par un guichetier, amoureux de son métier et dégoûté par la jouissance du "droit de ne rien faire" dont abusent certains de ses collègues, un droit de retrait tous azimuts.

 

Damien, un air de François désabusé

Le glas tombe dimanche à 13h39 donc. La quinzaine de conseillers de vente - dont quatorze femmes - présentes ce jour-là seront priés de laisser vacant leur poste, laissant une centaine de voyageurs sur le carreau. "C'est ridicule, ce sont les clients qui trinquent" déplore Damien, agent de la SNCF.

Malgré le sourire et la bonne humeur des voyageurs venant à sa rencontre, il ne décolère pas. "C'est vraiment n'importe quoi. Il n'y a aucun danger imminent. Moi, je reste." Le guichetier de profession est tout de même solidaire de ces agents qui sont confrontés au quotidien à la montée de l'incivilité. "Il y a de plus en plus d'agressions. Cette incivilité est dramatique" déplore le trentenaire aux faux airs de François Damiens, désabusé.

Une employée gradée se chargera de lui faire entendre raison: le droit de se retirer, même en cas de danger non-imminent est imposé à tous. La conscience professionnelle est priée de rester aux vestiaires. Damien n'en a que faire de ces préceptes d'un autre temps. Malgré l'insistance des agents de sécurité, il restera arc bouté à son poste pour servir un dernier client. "Désolé pour ce contre-temps" déclarera-t-il à ce voyageur.

14h05, gare de Lyon Part Dieu. Une demi-heure après le retrait des agents de la SNCF, Arnold parcourt encore l'édition week-end du Monde daté de Dimanche et Lundi pour choper LE scoop de la journée. Cet article, tel un graton, suffira sans doute à combler son appétit débordant.

 

À Lyon

MIPS F.M

 

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Une gare vidée de ses agents et voyageurs - Image synthese-design.com

Une gare vidée de ses agents et voyageurs - Image synthese-design.com

Tag(s) : #Vacances scolaires, #SNCF, #Agression, #Lyon, #Gare Part-Dieu, #Voyageurs, #Chassés-croisés
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