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MIPS FM | 6h53 | "Ce n'est parce qu'un idiot a dit que j'étais un vieil homme..." Le roi autoproclamé Eto'o Fils

A l'occasion de la Coupe du Monde de football, qui se déroulera du 12 juin au 13 juillet 2014 au Brésil, Mips FM met les petits plats dans les grands pour régaler les papilles des aficionados du visionnage de matchs sur le canapé. Et ceux qui n'ont pas l'habitude d'y l'être.

Deuxième et troisième sélectionnés du #BrésilàlaTélé : Riccardo Montolivo, international italien et leader technique de l'AC Milan, huitième du classement de Serie A. 
Giuseppe Rossi, l'italo-américain au corps fragile, international italien par intermittence.

La ville de Florence est marquée par le football depuis sa fondation. A la base de sa construction, les romains avaient imposé une forme particulière à la ville : rectangulaire. Quoi de mieux pour imposer une ligne médiane entre deux camps. Le premier affrontement arrivera en 1378 au sein d'une même formation de nobles : le "popolo grasso". Engendré par un soulèvement du petit peuple - les prolétaires -, la séparation sera actée quelques mois plus tard entre les Guelfes noires et les Guelfes blancs. Les deux camps se partagèrent la ville et le pays en deux formations distinctes. Les génies artistiques de la Renaissance viendront éteindre la soif de pouvoir des deux familles. Plus de sept cents ans plus tard, la cité des Médicis se trouve être le centre névralgique des turpitudes qui éclaboussent le pays à travers sa sélection nationale.

Florence a vu naître - et renaître - la carrière de trois personnalités du monde du football italien contemporain : Riccardo Montolivo, Giuseppe Rossi et Cesare Prandelli. Le sort au plan international des deux premiers fut remis entre les mains du dernier, en qualité de sélectionneur de la Squaddra Azzurra. Riccardo Montolivo est le fils spirituel du sélectionneur italien, la faute à un passage commun à la Fiorentina. Le second est un italien né ailleurs. Son tweet post-publication officielle de la liste des 23, rédigé dans la langue de Shakespeare n'en est qu'une cruelle illustration. 

Retour sur le berceau artistique mais aussi footbalistique de l'Italie, pour le meilleur et parfois pour le pire.

 

Montolivo, Veni Vidi Vinci

Florence étouffe plus qu'elle ne couve. Après avoir répondu aux attentes de la Cour de Médicis, Léonard de Vinci s'était tourné dès 1482 vers la ville de Milan pour échapper à une philosophie imposée par la famille régnante. Riccardo Montolivo suivra le même chemin un demi-millénaire plus tard.

L'histoire était pourtant belle. D'origine italo-allemande, le cousin croisé de Zlatan Ibrahimovic et de Gad Elmaleh avait une place de choix dans le carré VIP pour s’insérer dans la liste des 23 probables sélectionnés italiens pour participer à la Coupe du Monde. Une hérésie pour un homme qui fut le meneur de jeu de la pire équipe du Milan AC depuis la saison 2000-2001 et une sixième place au classement final.

Détenu par l'éternel Silvio Berlusconi, le club a connu une saison des plus agités. La direction du club a usé deux entraîneurs - Massimiliano Allegri jusqu'en janvier 2014 puis l'ancienne gloire des Rossoneri Clarence Seedorf, remercié en fin de saison au profit de l'entraîneur de l'équipe de jeunes, un certain Filippo Inzaghi. Les dits coachs ont donné les clefs du jeu à trois meneurs de jeu différents en l'espace de neuf mois - Ricardo Kaka, autre ancienne gloire des années 2000 toujours en activité, Riccardo Montolivo, venu remplacer le vrai-faux titulaire Massimo Ambrosini, et le jeune Andrea Poli, tout fraîchement recruté de la Sampdoria de Gênes. L'instabilité du club et les piètres prestations de l'effectif auraient pu condamner la présence de Riccardo Montolivo dans la liste des heureux gagnants du ticket pour s'envoler du côté du Brésil. Mais seulement voilà, Florence a vu naître ce génie du ballon rond, un brin lent mais au pied de velours succulent. Cette vieille ville était faite pour lui, un génie parmi les génies. Son exil du côté de la ville moderne du Milan a fini par lui faire du tort, jusqu'à lui porter la guigne, un soir de match de préparation face à l'Irlande. Tout comme un certain Léonard de Vinci. Cesare Prandelli choisira d'embarquer une jeune vedette évoluant dans une équipe française pour palier à ce manque. San Marco Verratti lui dit merci.

 

Rossi, un Ange en enfer

Florence a toujours su attirer les plus grands bâtisseurs et artistes du pays. Et les fuir aussi. Riccardo Montolivo fait partie de la première catégorie. Giuseppe Rossi se cantonne à la seconde. Après un road trip européen, l'homme au physique en mousse a trouvé un point de chute de l'autre côté en terre florentine. Son ascension fut parsemée de blessures et d'actes manqués. Et la trahison d'un ancien homme de la ville de Florence en ferait trembler le couple Vinci - Michel-Ange. Rossi est en quelque sorte le Michel-Ange incompris des temps modernes.

Qui a dit que les matchs de préparation ne servaient à rien ? Automatismes, conditions physiques et choix tactiques sont rodés au cours de ces tours de chauffes aussi incontournables pour les sélectionneurs que pour les observateurs. Les journalistes sportifs et autres amoureux du ballon rond italiens furent copieusement servis le week-end dernier. La faute à un homme : Cesare Prandelli. Le sélectionneur de la Squadra Azzurra a décidé de renvoyer à ses études un certain Giuseppe Rossi, à la veille de la date limite de remise de la liste des 23 joueurs auprès des instances compétentes de la FIFA, fixée le 1er juin 2014. Au cours d'une conférence de presse animée, l'ancien entraîneur de la Fiorentina a jugé l'actuel attaquant de... Florence trop "juste physiquement". Une justification quelque peu bancale à laquelle l'intéressé n'a que très peu goûté. "Tout le monde dit que je ne suis pas en forme : j'ai demandé à voir le résultat des tests (physiques, ndlr)."

Les jeux étaient en quelque sorte déjà faits pour l'ancien goleador du sous-marin jaune de Villareal, adepte de blessures suivies de convalescences au long cours. La carrière de Giuseppe Rossi est marquée de cicatrices et de faux semblants. Le joueur formé du côté de Parme débarque l'année de sa majorité du côté de... Manchester United. Frileux par nature, fragile malgré lui, Giuseppe Rossi se tournera vers l'Espagne trois ans plus tard. Le jeune homme à la fine patte gauche s'imposera à plusieurs reprises en tête du classement des buteurs. Après cinq années de fiches statistiques "noires" de chiffres - et deux graves blessures dont une qui le privera d'une participation à l'EURO 2012 - Giuseppe Rossi reviendra sur les terres italiennes, lui né de l'autre côté de l'Atlantique, aux Etats-Unis.

Cesare Prandelli a trouvé en la fragilité de Giuseppe Rossi une excuse fallacieuse pour justifier son absence de la liste 23 sélectionnés pour la Coupe du Monde 2014. Les deux artistes - qui n'avaient jamais travaillé ensemble en club - l'un bâtisseur, l'autre créateur accumulent les actes manqués depuis deux ans.

 

Riccardo et Giuseppe regarderont - sans doute avec attention - les travaux des 23 artistes italiens au Mondial. A défaut de pouvoir migrer au sein d'une autre sélection, les deux hommes devront prendre le mal en patience. Florence vous sublime puis vous condamne à rester dans un camp, noir ou blanc. Pour un temps. Gagner sa place au sein d'un collectif, comme au sein de la capitale de la Renaissance est une lutte de tous les instants.

 

MIPS F.M.

 

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Les deux internationaux italiens se partageront le canapé pour regarder le Mondial. A Florence peut-être... - Image Tuttosport

Les deux internationaux italiens se partageront le canapé pour regarder le Mondial. A Florence peut-être... - Image Tuttosport

Riccardo Montolivo avait oublié le trèfle face à l'Irlande : il aura tout de le temps de le récupérer à la maison - Image Tuttosport

Riccardo Montolivo avait oublié le trèfle face à l'Irlande : il aura tout de le temps de le récupérer à la maison - Image Tuttosport

Tag(s) : #Florence, #Renaissance, #Michel-Ange, #Vinci, #Montolivo, #Rossi, #Prandelli, #Squadra Azzurra, #Mondial 2014, #Mips FM
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