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MIPS FM | 14h15 | Le lendemain d'un défilé haute couture dans un supermarché, ou le Karl Lagarfeld style !

Quatre jours et une hospitalisation du capitaine Eric Abidal plus tard, le temps de tirer des enseignements de la défaite l'AS Monaco sur la pelouse de l'AS Saint-Etienne (2-0, le samedi 1er mars) arrive à point nommé.

MIPS F.M tente de dresser, sans prétention aucune, un bilan de ce match au résultat négatif, autant au niveau du tableau d'affichage que du jeu produit. L'absence de plusieurs cadres, mêlée à l'inaptitude de certains titulaires aux postes qui leur avaient été attitrés ont plongé Claudio Ranieri dans des errements tactiques sans précédent depuis la remontée du club monégasque en Ligue 1.

Retour en trois étapes sur les causes d'un accident de parcours aux conséquences importantes : à 11 journées du terme du championnat, l'AS Monaco se retrouve à huit points du leader parisien. "On joue le titre", déclarait avec vigueur James Rodriguez le 27 février dernier. Il doit aujourd'hui combler plus qu'un trou. Un gouffre abyssal.

Etape 1

La formation de départ chamboulée... deux minutes après le coup d'envoi

Privé d'une ribambelle de cadres, à commencer par Eric Abidal grippé ce jour-là, Claudio Ranieri décide de reconduire une formation en 4-4-2 avec trois milieux défensifs et un meneur de jeu en la personne de James Rodriguez.

Le numéro 6, préposé à la tâche dite "ingrate" de récupération de ballon n'est autre que Jérémy Toulalan. L'ancien joueur de l'Olympique Lyonnais s'attèlera à cette fonction tout au long du match. Avec succès.

Ses deux comparses, Geoffrey Kondogbia et surtout Joao Moutinho, positionnés tous deux en numéro 8, c'est-à-dire en position de "piston", permettant à la fois de couvrir les montées des latéraux tout en apportant une densité au milieu du terrain, connaîtront un sort différent. Surtout l'international portugais, qui se fera sortir à la mi-temps. Malgré une supériorité numérique - quatre milieux contre trois côté stéphanois -, le milieu monégasque prendra l'eau. Leur mauvaise prestation est dûe essentiellement à l'humeur versatile du coach italien ce soir-là.

Après seulement deux minutes de jeu, Claudio Ranieri décide sans raison valable de jeter aux oubliettes sa formation de départ pour mettre en place un 4-3-3 avec un seul attaquant de pointe et deux ailiers. Le meneur de jeu a disparu. James Rodriguez est déplacé sur le côté gauche de l'attaque monégasque. Un véritable supplice pour l'international colombien, qui en avait jeté sa bouteille après une prestation catastrophique à ce même poste face au FC Lorient. Claudio Ranieri l'avait sanctionné avec une sortie après seulement une heure de jeu (2-2, le 1er février 2014).

Etape 2

Comment foirer un concerto avec un chef d'orchestre intérimaire

Dépourvus de leur chef d'orchestre relégué dans un couloir, les défenseurs du club de la Principauté se contentent d'adresser de longs ballons vers les attaquants. Servi de manière aléatoire par Nicolas Isimat-Mirin, le remplaçant de Falcao, Valère Germain aura toutes les peines du monde à récupérer un ballon dans les airs. Difficile de faire le poids face aux 108 kilos de Bande FM alias Bayal Sall. Le jeu de l'AS Monaco s'en trouve alors déséquilibré, les actions inabouties et l'organisation défensive aléatoire.

Christophe Galtier, l'entraîneur de l'AS Saint-Etienne profite tout de suite de ces errements pour mettre à mal la défense monégasque. Le but de sa tactique est la suivante: étirer un maximum la formation monégasque en usant et abusant de renversements de jeu. Et profiter des incapacités à défendre des deux ailiers monégasques. Le couperet tombe à la 17ème minute avec un but exceptionnel de Fabien Lemoine. Assommé par cette ouverture du score, Claudio Ranieri ne se fait guère prier pour sortir une troisième tactique de son chapeau.

Le tout en dix-huit minutes.

La troisième tactique concoctée par Mister Ranieri est composée d'un milieu à trois avec deux défensifs - Toulalan et Kondogbia -, et un nouveau meneur de jeu en la personne de Joao Moutinho. Ou comment foirer un concerto avec un chef d'orchestre intérimaire. Inapte à ce poste, l'international portugais ne touchera que très peu de ballons et se montrera incapable de toucher les attaquants. Le numéro 8 portugais se fera bouffer personnellement par Joshua Guilavogui, dans un grand soir pour son retour au Chaudron.

Claudio Ranieri patientera pudiquement jusqu'à la mi-temps pour mettre une dernière couche tactique à un rendu digne d'un cahier de brouillon Oxford.

Etape 3

Claudio Ranieri a pris l'aile... et il s'est fait coupé l'aile

Laissant libre cours à son imagination malhabile ce soir-là, le coach monégasque décide de "faire tapis" en tirant de son jeu sa paire d'ailiers nouvelle génération.

Nabil Dirar pour le côté gauche et Lucas Ocampos pour le côté droit. Ou inversement. Ce changement de dispositif permettra aux joueurs de retrouver un équilibre au milieu de terrain avec Kondogbia et Toulalan comme base solide de lancement des phases offensives et James Rodriguez. Un véritable numéro 10.

Cette dernière modification portera ses fruits deux minutes plus tard. Seulement le temps d'une action. Après une bonne construction de jeu menée par Kondogbia et Toulalan, et une absence de Benoît Trémoulinas - le latéral gauche était omnibulé par Nabil Dirar positionné au niveau de la ligne médiane - Valère Germain profite d'un espace côté droit pour accélérer et éliminer Loïc Perrin, d'un coup du sombrero, excusez du peu. La pointe monégasque verra sa tentative repoussée des poings par le portier stéphanois. La plus belle occasion du match pour l'AS Monaco.

Les deux ailiers monégasques, virevoltants au demeurant, n'apporteront aucun plus à une équipe en panne d'inspiration. Et de rigueur défensive. Claudio Ranieri a pris l'aile... et il s'est fait coupé l'aile.

Le second but stéphanois mettra en lumière les manques de la formation de Claudio Ranieri ce soir-là. Guilavogui profitera d'une énième perte de balle de James Rodriguez à 80 mètres de ses buts. Après un une-deux avec son partenaire, Hamouma se chargera de combler l'espace avec une chevauchée fantastique de près de 50 mètres. Kondogbia sera une fois de plus aux abonnés absents. Toulalan, certainement usé par ses innombrables aller-retours se fera humilier avec un petit pont bien senti. La fin de l'action n'est qu'anecdotique avec un Subasic fébrile sur la frappe de l'attaquant stéphanois.

Le club de la Principauté était la dernière formation invaincue à l'échelle européenne depuis le début de l'année civile. La semaine de trêve permettra aux joueurs de recharger les batteries. Du moins pour les non-internationaux. Et à Claudio Ranieri de se vider la tête. "Nous devons jouer à 100 %" avouera le coach monégasque à l'issue de la rencontre.

Il est temps pour Claudio Ranieri de regarder de l'avant, sans se poser de questions. La conquête du titre n'en sera que plus facilitée.

MIPS F.M

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La déception marque le visage des plus teigneux - Image Football.fr

La déception marque le visage des plus teigneux - Image Football.fr

Tag(s) : #AS Monaco, #ASSE, #Football, #Décryptage, #Mips FM
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